Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le dôme turquoise
- Les carreaux émaillés multicolores
- Le sommet vert en forme de lotus
- Les lacunes dans la peinture dévoilée
L’histoire du lieu
En deux mille dix-sept, des échafaudages furent installés à l’intérieur du Sabz Burj. Sous le plâtre tardif, de faibles taches de peinture apparaissaient au plafond du dôme. Le restaurateur de peintures monumentales Anupam Sah prit la tête des spécialistes chargés d’enlever le ciment et les revêtements chimiques sans emporter avec eux le décor du seizième siècle. Les traces d’un ancien ciseau montraient déjà le prix d’une erreur : là où l’on avait tenté de détacher le plâtre, la peinture ancienne avait disparu.
En trois ans, l’équipe de Sah dévoila la partie conservée de la peinture, sur une surface d’environ trente-six mètres carrés. Sur un fond bleu foncé se trouvaient des fleurs tracées de lignes noires, des peintures rouge et jaune, et des particules d’or véritable. Le pigment bleu était fabriqué à partir de lapis-lazuli, une pierre coûteuse apportée de loin. Aujourd’hui, ce plafond est considéré comme la plus ancienne peinture conservée d’un bâtiment moghol.
La salle située dessous était funéraire. Le Sabz Burj est un mausolée construit, à en juger par son architecture, dans les années mille cinq cent trente, peu après l’arrivée des Moghols à Delhi. Il se dressait alors dans un jardin clos, au bord nord-est des terres entourant la dargah de Nizamuddin. La proximité de la tombe d’un saint vénéré explique pourquoi un commanditaire de haut rang choisit précisément ce lieu. Mais aucune inscription portant un nom ne s’y trouve, et aucun témoignage écrit n’a été découvert. L’or et le lapis-lazuli permettent de supposer une commande de niveau royal ; les chercheurs ne peuvent pas nommer la personne enterrée.
Vers mille neuf cent quatre, l’administration britannique transforma le mausolée en poste de police de Nizamuddin. Les policiers avaient besoin de locaux de service ; les murs et le plafond furent donc enduits de plâtre et blanchis. Le poste y resta en activité encore environ dix à quinze ans. La peinture des murs fut presque entièrement détruite, tandis que celle du plafond fut scellée sous des couches tardives.
Les dommages suivants furent causés lors de travaux de réparation. Dans les années mille neuf cent quatre-vingt, la plus grande partie de l’ancien revêtement en carreaux émaillés du dôme s’était effondrée. En mille neuf cent quatre-vingt-cinq et mille neuf cent quatre-vingt-six, l’Archaeological Survey of India retira les carreaux restants et recouvrit le dôme de carreaux bleus modernes, fabriqués sur une base de terre cuite et fixés au ciment. Le ciment retenait l’humidité. L’eau pénétra jusqu’au dôme intérieur et détruisit irrémédiablement les bords de la peinture.
L’équipe de Sah décida de ne pas repeindre les pertes. Les spécialistes ne dévoilèrent et ne consolidèrent que la peinture authentique ; les parties détruites restèrent vides. À l’extérieur, les artisans retirèrent les carreaux des années quatre-vingt avec le ciment et firent sécher la maçonnerie pendant plusieurs mois. Ils fabriquèrent ensuite des carreaux émaillés proches, par leur composition, des carreaux moghols, et les fixèrent avec un mortier de chaux. Les anciens carreaux du haut tambour furent conservés, même là où leur glaçure avait déjà disparu.
En persan, « Sabz » signifie « vert », et « burj », « tour ». Le nom renvoie avant tout aux carreaux verts du sommet en forme de lotus et au vert de l’ornement du tambour. La surface principale du dôme est encore turquoise ; plus bas alternent le bleu foncé, le turquoise, le vert et le jaune. Le mausolée porte donc aussi un autre nom local : Nili Chhatri, « le parapluie bleu ». Depuis la route, on voit le résultat du travail des carreleurs ; le plafond doré et les lacunes laissées par les restaurateurs restent cachés à l’intérieur.
Sur place
Observation extérieure depuis le côté sûr du rond-point ; l’accès à l’intérieur est habituellement fermé.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La tour est entourée d’une circulation intense : ne traversez pas la chaussée pour obtenir une vue rapprochée. Si l’accès à l’intérieur est fermé, limitez-vous à l’observation depuis le côté public sûr.
