Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La haute ouverture centrale
- Deux ouvertures latérales
- Les armoiries au-dessus de l’ouverture centrale
- L’écu sous les armoiries
L’histoire du lieu
L’arc traverse une rue toujours en service : la chaussée passe par la haute ouverture centrale, tandis que les deux ouvertures latérales sont réservées aux piétons. Son nom actuel vient de la rue Santa Clara et du couvent situé plus loin dans cette rue. Sa première dédicace était différente.
En mille huit cent trente-cinq, le président de la Bolivie, Andrés de Santa Cruz, ordonna d’ériger ici un arc de triomphe en l’honneur d’un État qui n’existait pas encore. Il cherchait à unir la Bolivie au Pérou, et l’occasion se présenta pendant la guerre civile péruvienne. Le président provisoire du Pérou, Luis José de Orbegoso, qui tentait de conserver son poste, appela l’armée bolivienne contre ses rivaux militaires, Agustín Gamarra et Felipe Santiago Salaverry. Santa Cruz entra au Pérou avec son propre projet : diviser le pays en États du Nord et du Sud, puis les unir à la Bolivie.
Pour les habitants de Cuzco, ce projet touchait à leurs revenus. Les familles locales tissaient le tocuyo et la bayeta, de simples étoffes de coton et de laine autrefois vendues jusqu’au Potosí argentifère. Après l’apparition de la frontière avec la Bolivie, les anciens liens commerciaux s’affaiblirent, et les tissus importés concurrençaient les artisans de Cuzco. L’union du sud du Pérou avec la Bolivie promettait de relier de nouveau ces marchés.
En août mille huit cent trente-cinq, Santa Cruz battit Gamarra à Yanacocha, près de Cuzco, puis vainquit Salaverry près d’Arequipa. Après ces victoires, vingt-trois représentants de Cuzco, Puno, Arequipa et Ayacucho se réunirent à Sicuani. Ils proclamèrent leurs terres État péruvien méridional et confièrent à Santa Cruz les pouvoirs de protecteur suprême. En octobre mille huit cent trente-six, il proclama la Confédération péruvio-bolivienne, formée de la Bolivie, de l’État péruvien méridional et de l’État péruvien du Nord.
L’arc fut érigé sur la route qui allait de la place principale de Cuzco à l’ancien chemin du Contisuyu et qui, pendant des siècles, avait servi comme l’une des entrées de la ville. Ceux qui circulaient entre le centre et les quartiers du sud passaient sous les emblèmes de la nouvelle union. La construction de pierre consacrait la victoire de Santa Cruz là où son projet avait reçu un soutien particulièrement fort.
L’union dura trois ans. En janvier mille huit cent trente-neuf, les adversaires de la Confédération écrasèrent l’armée de Santa Cruz à Yungay. Le vingt février, il renonça à sa charge de protecteur et partit peu après en exil en Équateur. Gamarra, que Santa Cruz avait battu près de Cuzco, revint et devint président du Pérou unique rétabli. L’État péruvien méridional disparut avec ses frontières et ses institutions.
L’arc ne fut pas démonté. Sur sa façade subsistent les armoiries de la Confédération et, en dessous, l’écu de la République du Pérou. Les deux emblèmes se trouvent au-dessus de la même ouverture centrale, par laquelle la rue passe encore aujourd’hui.
Sur place
L’arc est accessible vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; il fait partie d’une rue de la ville.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les détails supérieurs depuis un endroit sûr, hors de la chaussée. Reculez de quelques pas pour voir la différence entre la base inférieure et le couronnement ajouté plus tard.
