Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le tablier bas et incurvé
- Le joint des travées centrales
- Le grand Langebro plus au sud
- Les tours rouge et blanc de l’établissement de bains au loin
L’histoire du lieu
La fine ligne incurvée de Lille Langebro reprend le tracé d’un pont de bois que le roi danois Christian V fit construire ici en mille six cent quatre-vingt-dix. Le roi avait besoin d’un passage pour la garnison : les soldats devaient se déplacer le long du côté intérieur des fortifications et aller du bastion Rysensteen au bastion Kalvebod sans que leur trajet soit interrompu par le port. Ce pont de trois mètres était appelé Kalvebodbro, le pont de Kalvebod.
En mille sept cent vingt-deux, le passage délabré fut élargi pour les voitures à cheval. Les militaires l’appelaient le long pont de communication, tandis que le roi Frédéric IV employa le nom plus court de Langebro, « le long pont ». Ce nom s’imposa aussi parce que ce passage était réellement plus long que le Knippelsbro, au nord.
Un siècle plus tard, le pont appartenait toujours aux fortifications, même si les civils pouvaient déjà l’emprunter moyennant paiement. En mille huit cent cinq, l’éditeur Mathias Sibbbern demanda publiquement pourquoi les réparations traînaient si longtemps : tant que le tablier était démonté, il fallait débourser plusieurs shillings pour chaque traversée du port en bateau.
Johan Kjær lui répondit. Gardien de la barrière, il souhaitait conserver l’ancien fonctionnement du passage. Il vivait de ce poste : il percevait le droit de passage, louait des cabines de bain et faisait traverser les gens sur l’eau. Kjær rappela à Sibbbern que Langebro avait été construit pour les soldats et que la circulation civile n’était autorisée qu’avec l’accord des militaires. La plainte n’accéléra pas les réparations. Des bateaux continuaient d’attendre près du pont et assuraient, contre une petite somme, la liaison entre les rives.
Ce passage disparut au début du vingtième siècle. Les urbanistes de Copenhague voulaient conduire la circulation directement vers les nouveaux larges boulevards et, en mille neuf cent trois, déplacèrent Langebro d’environ cent vingt mètres vers le sud. Un grand pont routier fut ensuite construit à son emplacement actuel. Langebrogade, la rue située sur la rive opposée, se terminait pendant cent seize ans au bord de l’eau, là où commençait autrefois l’ancien passage.
En deux mille dix-neuf, les piétons et les cyclistes retrouvèrent l’ancien tracé entre les bastions. Les ingénieurs de Buro Happold et les architectes de WilkinsonEyre conçurent un pont bas et doucement incurvé, tout en préservant le chenal de navigation. Les petites embarcations passent sous le tablier, tandis que, pour les grandes, les deux travées centrales pivotent sur les côtés. Lorsque le pont se referme, des vérins hydrauliques cachés à l’intérieur resserrent ses deux moitiés pour les transformer en une travée unique et rigide.
Le nom fut d’abord le surnom du projet. Après un concours ouvert, une commission municipale l’approuva officiellement : Lille Langebro signifie « petit Langebro ». Le grand Langebro reste plus au sud, sur le tracé des boulevards, tandis que le petit a repris l’ancien emplacement du passage militaire.
Sur place
Pont piétonnier et cyclable ouvert ; la circulation est temporairement interrompue lorsque les sections s’ouvrent pour les navires.
Vérifié : 26 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Lors du passage d’un navire, le pont peut temporairement s’ouvrir ; restez derrière la barrière et attendez le signal.
