Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Portes rouges
- Inscription gravée au-dessus de l’entrée
L’histoire du lieu
Un centre municipal distinct destiné aux hommes noirs ouvrit sur Wabash Avenue. Dans une ville où beaucoup d’antennes ordinaires de l’association leur fermaient la porte, les arrivants du Sud y obtenaient une chambre temporaire et de l’aide pour trouver leur premier emploi. Lorsque le centre cessa de fonctionner, quatre églises voisines empêchèrent la démolition de l’édifice et obtinrent sa restauration. Les portes d’entrée écarlates et les mots gravés au-dessus ont survécu, et les anciens étages d’habitation sont désormais occupés par cent un petits appartements pour des adultes récemment sans logement.
Au-dessus des portes rouges est gravée l’inscription : « Young Men’s Christian Association de Chicago ». C’est de là que vient l’abréviation américaine courante YMCA. Derrière cette inscription se trouvaient autrefois une piscine, un gymnase, des salles de classe, une salle à manger, des salles de réunion et un foyer bon marché.
Dans le Chicago du début du vingtième siècle, la plupart des antennes de l’association n’acceptaient pas les Noirs. Julius Rosenwald, dirigeant de la société commerciale Sears, Roebuck, accepta de payer une partie du coût d’un centre distinct si les habitants de la ville réunissaient le reste. Les habitants du quartier et des donateurs privés satisfirent à cette condition. En mille neuf cent treize, une antenne destinée aux hommes noirs ouvrit sur Wabash Avenue. Les arrivants du Sud pouvaient y louer une chambre, trouver un emploi par l’intermédiaire d’un bureau de placement et se préparer à vivre dans une nouvelle ville.
Carter Woodson profita lui aussi de cette possibilité. Directeur d’une école publique à Washington et historien, il militait pour que le passé des Américains noirs soit étudié à partir de documents et enseigné dans les écoles. À l’été mille neuf cent quinze, il vint à Chicago pour une exposition marquant le cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage. Dans les pavillons, on présentait les réalisations de médecins, d’entrepreneurs, d’artistes et d’organisations communautaires noirs : autant de matière que Woodson ne trouvait presque jamais dans les manuels. Il logeait ici, dans le foyer de Wabash.
Le neuf septembre, le secrétaire exécutif de cette antenne, Alexander Jackson, réunit Woodson et trois autres personnes partageant ses convictions dans son bureau de service. Les cinq hommes fondèrent l’Association for the Study of Negro Life and History ; dans son nom initial figurait le terme officiel alors en usage. Ils voulaient rechercher des documents, former des chercheurs et publier des travaux auxquels les revues savantes existantes ne laissaient presque pas de place.
Dès janvier de l’année suivante, Woodson publia le premier numéro de sa propre revue historique. Les fonds manquaient, et Woodson, directeur d’école, les emprunta en donnant son assurance-vie en garantie. Plus tard, il quitta même son poste d’enseignant et se consacra à l’association et à l’édition. En mille neuf cent vingt-six, il instaura la Semaine de l’histoire des Noirs annuelle ; cinquante ans plus tard, les organisateurs l’élargirent pour en faire le Mois de l’histoire des Afro-Américains. Woodson ne le vit pas : il mourut en mille neuf cent cinquante.
L’antenne YMCA ferma à la fin des années mille neuf cent soixante-dix. Quatre églises voisines sauvèrent le bâtiment de la démolition et obtinrent sa restauration. Au-dessus de l’entrée est toujours gravée l’ancienne destination du bâtiment, et les étages d’habitation abritent aujourd’hui cent un petits appartements pour des adultes qui étaient auparavant sans logement.
Sur place
Arrêt extérieur près du site remarquable ; l’accès à l’intérieur ne fait pas partie de l’itinéraire.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez le récit depuis le trottoir public et considérez cet arrêt comme une visite extérieure si l’accès à l’intérieur n’est pas annoncé.
