Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Un fantassin de bronze avec un fusil
- Trois reliefs de bronze
- La dalle des noms
L’histoire du lieu
Au-dessus de la colonne de granit s’élève une figure de bronze représentant un soldat avec un fusil. La colonne est dédiée aux militaires noirs de la Garde nationale de l’Illinois qui ont combattu en France. Sur ses côtés figurent une mère avec une branche de victoire, un soldat et Columbia avec les noms des batailles du régiment, tandis qu’une dalle distincte énumère les cent trente-sept morts pendant leur service. Le sommet de la colonne fut d’abord laissé vide ; la figure du combattant du front fut ajoutée plus tard comme image composite du soldat.
En mille neuf cent vingt-trois, George Kersey, député de l’Illinois récemment élu et propriétaire d’une entreprise de pompes funèbres à quelques pâtés de maisons d’ici, déposa un projet de loi : l’État devait ériger, à l’angle de la Trente-cinquième Rue et de l’actuelle King Drive, un monument aux soldats du huitième régiment local. L’arsenal du régiment se trouvait non loin, sur Giles Avenue. Une plaque commémorative était déjà accrochée à son mur, mais les habitants réclamaient un monument sur le grand boulevard du quartier.
Le 8th Infantry Regiment, Illinois National Guard était composé de soldats noirs commandés par des officiers noirs. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut intégré à l’armée fédérale sous le numéro trois cent soixante-dix. Le commandement américain ne voulait pas envoyer des unités noires combattre aux côtés de Blancs et remit le régiment aux Français. Les soldats reçurent des armes françaises, participèrent à l’offensive de l’Oise-Aisne et poursuivirent les unités allemandes en retraite jusqu’à l’armistice. Cent trente-sept hommes du régiment moururent pendant leur service en France.
Le projet de loi de Kersey fut adopté à la Chambre par cent vingt voix contre une. Quinze mille dollars furent alloués au monument, mais cet argent ne donnait pas encore le droit d’occuper le terrain. La bande centrale du boulevard était administrée par la South Park Commission. Ses membres déclarèrent qu’il n’y avait pas de place libre ici. Une fontaine se dressait alors à l’emplacement choisi.
Les rédacteurs du Chicago Defender, principal journal noir de la ville, répondirent par la campagne Vote Against. Ils appelèrent les lecteurs à rejeter tout projet soutenu par la commission des parcs tant qu’elle ne reconnaîtrait pas les mérites des soldats morts. La commission céda, ajouta elle-même de l’argent à la somme de l’État et autorisa le retrait de la fontaine. Ainsi, le projet de loi de l’entrepreneur de pompes funèbres et la campagne du journal amenèrent le monument précisément à ce carrefour.
Le monument fut installé en mille neuf cent vingt-sept, puis consacré l’année suivante, à l’anniversaire de l’armistice. Le sculpteur Leonard Crunelle plaça sur une colonne de granit trois reliefs de bronze : une mère noire avec une branche de victoire, un soldat noir et Columbia — l’allégorie féminine des États-Unis — avec les noms des batailles du régiment. Une dalle distincte reçut les noms des cent trente-sept morts. Le mot « Victoire » renvoie ici à l’issue de la guerre et à la participation du 8th Infantry Regiment, Illinois National Guard, que le régiment dut de nouveau prouver publiquement chez lui.
À l’origine, le sommet de la colonne resta vide. Un lecteur du Chicago Defender objecta que les figures allégoriques et le guerrier nu du relief représentaient les véritables combattants du front comme trop passifs. En mille neuf cent trente-six, Crunelle ajouta au sommet un fantassin de bronze en uniforme, avec un fusil. C’est un soldat composite, et non le portrait de l’un des morts.
La cérémonie annuelle du Memorial Day se tient près de la dalle des noms. Au-dessus d’elle se dresse le fantassin, qui n’existait pas sur la première version du monument.
Sur place
Monument municipal en plein air ; observez-le depuis des passages piétons sûrs.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Faites le tour du monument et examinez les panneaux de près, en restant sur l’espace piéton et sans toucher le bronze.
