Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La maison en bois de l’ancien abbé
- Les simples étagères du musée
- Les vieilles photographies
- Les bols, les tissus et les instruments de musique
L’histoire du lieu
À la fin des années mille neuf cent quatre-vingt-dix, derrière les salles du temple de Wat Ket Karam se dressait une résidence en bois à moitié délabrée, autrefois occupée par l’abbé. On l’appelait Hong Tu Chao Luang, la maison du moine aîné. Certains membres de la communauté du temple proposaient de démolir le bâtiment, d’autres voulaient le laisser tel quel. Jarin « Jack » Bain, un paroissien âgé surnommé oncle Jack, proposa une troisième solution : restaurer la maison et la consacrer aux objets que le temple et les habitants du quartier n’utilisaient déjà plus, mais qu’ils n’osaient pas jeter. Le dix-neuf décembre mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, la communauté lui confia la création du musée.
Bain était arrivé là par son propre parcours familial. Il avait grandi à quelques centaines de mètres de Wat Ket Karam, dans le domaine de la Borneo Company, qui faisait le commerce du teck. Son père en fut le dernier directeur de l’agence de Chiang Mai. Jarin lui-même travailla vingt-deux ans dans l’entreprise et dirigea le flottage des grumes sur le Ping jusqu’à Pak Nam Pho ; puis il servit encore neuf ans dans une banque. Au moment de la fondation du musée, les entrepôts fluviaux et les radeaux avaient déjà disparu de la vie quotidienne. Bain connaissait ce quartier d’avant le chemin de fer et les automobiles par les récits de sa famille, et le commerce du teck par son propre travail.
La nouvelle équipe du musée n’avait presque pas d’argent. Le toit fuyait et les vitrines étaient insuffisantes. Bain organisait des collectes au temple, demandait aux habitants d’apporter des armoires et des étagères, et obtint du temple lui-même les couvercles de vieux cercueils : ils furent adaptés en panneaux pour les objets exposés. Lors du déblaiement de l’ancienne résidence, il trouva des drapeaux thaïlandais, des images de Bouddha, des amulettes, de la vaisselle, des photographies et des livres. Ces objets constituèrent la première exposition.
Voyant que la vieille maison ne serait plus démolie, les paroissiens commencèrent à apporter des biens provenant de leurs propres familles : des tissus, des monnaies, des céramiques, des instruments de musique et des paniers tressés. Le photographe Boonserm Sattrabhaya remit des clichés du Chiang Mai d’autrefois, l’antiquaire Anan Rittidet des objets de sa collection personnelle. En avril deux mille, le musée ouvrit. Bain y était à la fois gardien, responsable et guide ; ni lui ni ses aides ne recevaient de rémunération régulière. Lorsque la porte était verrouillée, les visiteurs sonnaient une clochette, et oncle Jack arrivait de sa maison voisine.
Après la mort de Bain en deux mille treize, son ami et cofondateur Somwang Rittidet prit les clés ; plus tard, les moines s’occupèrent de la collection. En deux mille vingt-cinq, des étudiants de l’Université de Chiang Mai triaient de nouveau ces collections, dressaient un inventaire et renouvelaient l’exposition. Sur de simples étagères restaient des bols, des tissus et des instruments portant les noms des donateurs, et le musée occupe toujours l’ancienne maison de l’abbé que la communauté avait envisagé de démonter.
Sur place
La cour du temple est accessible selon le rythme monastique local ; le musée peut avoir des horaires irréguliers ou être en restauration, vérifiez sur place.
Vérifié : 26 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Habillez-vous avec respect et considérez d’avance la visite du musée comme facultative : son accessibilité peut changer. La cour du temple mérite d’être visitée même sans entrer à l’intérieur.
