Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le bâtiment du marché à trois étages
- Les rangées commerciales du sous-sol
- L’enseigne portant le nom Warorot
- Les étals de produits du Nord
L’histoire du lieu
L’actuel bâtiment en béton, avec des échoppes sur trois niveaux et un étage souterrain, se trouve près du Ping, sur un terrain où l’on incinérait autrefois les souverains de Chiang Mai. Les cendres des membres de la dynastie étaient conservées à côté dans des stupas funéraires ; le terrain resta donc longtemps un espace funéraire, et non un lieu de commerce fluvial. Il ne reste rien de l’ancien marché en bois : le bâtiment actuel fut construit après que le feu eut détruit les anciennes rangées commerciales.
Le bâtiment de trois étages du marché Warorot et son sous-sol abritent environ cinq cents emplacements de vente. On y vend des produits frais, des vêtements, des uniformes scolaires, du linge de lit, de la vaisselle, des herbes, des articles de fête et des spécialités du Nord comme la saucisse sai oua et la pâte nam phrik num. Dans le dialecte du Nord, le nom Kad Luang peut se comprendre à la fois comme « grand marché » et comme « marché du souverain ». Ces deux sens sont nés ici d’une même histoire familiale.
Avant le début du vingtième siècle, le commerce était impossible à cet endroit. Au bord du Ping se trouvait Khuang Meru, une place où l’on incinérait les souverains de Chiang Mai. À côté se dressaient des stupas funéraires contenant les cendres de membres de la dynastie. En mille neuf cent neuf, Dara Rasmi arriva ici. Elle était la fille de l’un des souverains enterrés là et l’épouse du roi de Siam Chulalongkorn. Sur son ordre, les cendres de ses ancêtres furent transférées au temple Wat Suan Dok.
Dara libéra le terrain au moment où la famille avait besoin d’une nouvelle source de revenus. Le Siam plaçait Chiang Mai sous administration directe, et les recettes fiscales des souverains locaux diminuaient. Le terrain se trouvait au bord du Ping, dans un quartier de commerce fluvial où des marchands s’étaient déjà installés. En mille neuf cent dix, le prince Kaew Nawarat investit dans la construction d’un marché permanent. Le marché fut ensuite acheté par Inthawarorot Suriyawongse, alors souverain de Chiang Mai. Le nom officiel « Warorot » vient de la forme abrégée de son nom.
Après la mort d’Inthawarorot, son fils Lao Kaew hérita du marché. En mille neuf cent dix-neuf, il eut besoin d’argent pour les funérailles de sa mère et engagea Warorot auprès d’un marchand de la ville. L’héritier ne put pas racheter le gage. Il était menacé d’un procès, et la famille perdait un terrain qui procurait déjà des revenus à ses nombreux parents.
Lao Kaew demanda de l’aide à Dara Rasmi. À cette époque, elle était la princesse aînée de la maison de Chiang Mai et veillait sur les membres de sa famille dont les anciens revenus disparaissaient avec l’ancien ordre. En mille neuf cent vingt-trois, Dara demanda au roi de Siam Vajiravudh de lui accorder sur le trésor deux cent cinquante mille bahts afin qu’elle puisse racheter elle-même le marché.
Elle proposait de rembourser la dette grâce à ses versements annuels personnels, d’environ trente mille bahts. Dara répartit à l’avance les revenus futurs en huit parts : six étaient destinées à la famille, une au sanctuaire de Doi Suthep et une autre à une école. Les fonctionnaires du roi soutinrent la demande. Leur avis disait explicitement qu’il était plus avantageux pour la cour du Siam d’entretenir elle-même les princes de Chiang Mai que de les contraindre à chercher d’autres protecteurs.
Le marché put être racheté. Dara Rasmi le géra pendant environ dix ans, jusqu’à sa mort. Le bâtiment en bois de son époque n’existe plus : le treize février mille neuf cent soixante-huit, un incendie détruisit Warorot avec les rangées commerciales voisines. L’actuel bâtiment en béton ouvrit en mille neuf cent soixante-douze.
Il occupe le même terrain que l’ancienne place des crémations. L’enseigne a conservé le nom d’Inthawarorot, et les vendeurs disent toujours Kad Luang : « grand marché » ou « marché du souverain ».
Sur place
Marché municipal aux horaires changeants selon les échoppes ; mieux vaut venir le matin ou dans la journée et vérifier sur place les magasins précis.
Vérifié : 26 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Marchez lentement et ne bloquez pas les passages étroits : c’est un marché en activité, pas un décor de musée. Mieux vaut faire vos achats et prendre une collation ici, tant qu’il y a du choix.
