Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les allées qui prolongent les tracés des rues
- Les quais piétonniers
- Les balançoires au-dessus du fleuve
- Les murets bas à côté des bancs
L’histoire du lieu
La rive du fleuve Cooper est aménagée de sorte que les rues de la ville ne viennent pas buter contre l’eau : leur direction est reprise par des allées menant aux quais piétonniers. La rue qui longe la rive sur quatre pâtés de maisons a été réservée aux piétons, et les plateformes au-dessus de l’eau sont destinées aux promenades et à la pêche, non aux navires. Des balançoires sont suspendues au bord même du fleuve ; à côté de profonds bancs s’étendent des murets bas sur lesquels il est commode de poser les pieds. Ici, on peut rester au-dessus du port sans même y sortir en bateau.
Jusqu’au milieu du vingtième siècle, des navires de fret et de passagers accostaient ici. En juin mille neuf cent cinquante-cinq, un incendie détruisit l’un des terminaux de paquebots à vapeur. Les compagnies fermèrent les quais et, pendant près d’un quart de siècle, il resta au bord du port des pilotis calcinés, des terrains envahis par la végétation et des parkings de gravier.
À la fin des années soixante-dix, un promoteur privé acheta le terrain. Il comptait y construire de hauts immeubles résidentiels et commerciaux et clôturer la rive. Les appartements et les boutiques devaient rapporter des revenus ; la ville aurait reçu de nouveaux impôts et se serait débarrassée d’un terrain abandonné. Le projet était soutenu précisément comme une opération rentable.
Joseph P. Riley Jr., élu maire de Charleston en mille neuf cent soixante-quinze, s’y opposa. Il voulait que le dernier tronçon libre de la rive du fleuve Cooper, au centre-ville, reste accessible à tous. Pour cela, il fallait convaincre le conseil municipal de renoncer aux futurs impôts, de racheter le terrain coûteux et d’assumer les frais d’entretien du parc. Les opposants rappelaient que des oisifs s’attardent dans les parcs et que leur entretien ne s’amortit jamais.
Riley organisa un échange de terrains, chercha des subventions et réunit les financements. En mille neuf cent soixante-dix-neuf, la ville acquit le terrain. La conception fut confiée à l’équipe de l’architecte paysagiste Stuart Dawson. Il prolongea vers l’eau les tracés des rues de la ville par des allées piétonnes et ferma à la circulation automobile quatre pâtés de maisons de Concord Street le long du futur parc. Les quais reçurent une autre fonction : les navires ne devaient pas y accoster. Riley voulait donner à une personne qui ne possédait pas son propre bateau la possibilité de s’avancer au-dessus de l’eau et de s’asseoir là où se trouvaient autrefois les installations portuaires.
Les travaux ne commencèrent qu’en mille neuf cent quatre-vingt-huit. L’automne suivant, l’ouragan Hugo endommagea le parc, qui n’était pas encore ouvert, à hauteur d’environ un million de dollars. Les ouvriers réparèrent les dégâts et, en mai mille neuf cent quatre-vingt-dix, le parc accueillit tout de même ses premiers visiteurs. On y promenait, pêchait, s’asseyait sur les balançoires au-dessus du fleuve et emmenait les enfants sous les jets des fontaines.
Riley intervenait même sur les dimensions du mobilier. À sa demande, les bancs furent faits un quart plus profonds que les précédents et placés à côté de murets bas, afin que la personne assise puisse étendre les jambes. Bien des années plus tard, il marchait ici avec un journaliste lorsqu’il vit un jeune homme poser ses baskets sur un tel muret ; il s’arrêta, ravi : le jeune homme utilisait le parc exactement comme cela avait été prévu.
Vers la fin des quarante années de service de Riley, le conseil municipal donna au parc le nom de l’homme qui n’avait pas permis que cette rive soit fermée par des grilles. Son nom officiel est désormais Joe Riley Waterfront Park. Près de la fontaine nord, son nom et les paroles prononcées lors de l’inauguration sont gravés sur ce même muret bas, celui sur lequel il est ici commode de poser les pieds.
Sur place
Parc municipal ouvert ; le quai, les fontaines et certaines zones peuvent être temporairement fermés en raison de travaux, de la météo ou d’événements.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une étape extérieure étendue : profitez de l’ombre, mais tenez compte du soleil, du vent et de la réverbération de l’eau.
