Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Crânes moulés de taureaux et de béliers
- Portique à colonnes
- Passages commerciaux voûtés
- Escaliers menant à la salle supérieure
L’histoire du lieu
Les crânes moulés de taureaux et de béliers sous la corniche du Market Hall indiquaient les marchandises. Le mot « marché » dans son nom désignait des rangées de produits alimentaires : on y vendait de la viande, du poisson et des légumes. Les ventes aux enchères d’esclaves se tenaient ailleurs à Charleston, bien que les marchands et les acheteurs de ce marché aient compté parmi eux des habitants libres comme asservis.
Cette forme allongée existait déjà avant le bâtiment actuel. En mille sept cent quatre-vingt-huit, six propriétaires de terrains voisins cédèrent au conseil municipal une étroite bande de bas-fond soumis aux marées allant de Meeting Street à la rivière Cooper, expressément pour y installer un marché public. Plus tard, le conseil ferma plusieurs marchés dispersés et regroupa le commerce ici. Les auvents occupèrent le milieu de la bande, tandis qu’à Meeting Street restait une aire destinée aux chariots chargés de produits agricoles.
En mille huit cent trente-cinq, la Grande Loge des francs-maçons de Caroline du Sud, une confrérie privée qui avait besoin de sa propre salle génératrice de revenus, convoita cette aire. Les francs-maçons proposèrent de la construire au-dessus de l’entrée ouest du marché et de tirer des revenus de la location de la salle pour des bals, des repas et des expositions.
Le conseil municipal accepta, mais inscrivit deux réserves strictes dans le contrat. Le terrain restait la propriété de la ville. Le rez-de-chaussée sous les arches devait être conservé à jamais pour le marché, et les francs-maçons s’engageaient à mettre gratuitement la salle supérieure à disposition pour les réunions générales des habitants convoquées par la municipalité. Ainsi, dans un même bâtiment se trouvaient les rangées de stands en bas et une grande salle publique en haut.
Au printemps de mille huit cent trente-huit, les francs-maçons avaient presque achevé la construction. À la fin d’avril, le grand incendie de la ville la détruisit avec les auvents voisins du marché. Selon le contrat, la loge pouvait encore rebâtir la salle pendant cinq ans et récupérer ses futurs revenus locatifs. Le conseil municipal, qui devait de toute façon reconstruire le marché, fit un autre calcul : posséder la salle lui permettrait de décider lui-même de son usage et de percevoir les paiements pour des événements privés.
En août mille huit cent trente-neuf, le conseil versa aux francs-maçons quatre mille cinq cents dollars pour qu’ils renoncent à leur droit sur le terrain. La loge reçut une indemnisation, mais perdit à la fois la salle et le revenu pour lesquels elle avait commencé les travaux. Le concours fut remporté par l’architecte local Edward Brickell White. Au printemps de mille huit cent quarante et un, les constructeurs achevèrent le bâtiment actuel, avec son portique à colonnes, ses escaliers menant à la salle supérieure et ses passages destinés aux vendeurs en bas.
À l’étage siégeaient les commissaires du marché, des fonctionnaires qui attribuaient les emplacements et surveillaient les poids, la qualité des produits et l’ordre du commerce. Sous eux travaillaient les bouchers, tandis que derrière le bâtiment s’étendaient les rangées de poisson et de légumes. Aujourd’hui, sous les arches et les auvents, on vend des objets artisanaux, des bijoux, des souvenirs et des paniers tressés en herbe odorante par le peuple Gullah Geechee. Les étals alimentaires ont disparu, mais le contrat des francs-maçons se lit encore dans la disposition même du bâtiment : la salle est surélevée et le passage pour le commerce est resté sous elle. Les crânes de taureaux et de béliers sur la frise indiquent pour quelles marchandises ce passage était conservé.
Sur place
Marché de jour tous les jours de 9:30 à 17:30 ; marché nocturne les vendredis et samedis de 18:30 à 22:30.
Vérifié : 29 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez d’abord le décor à l’extérieur, puis entrez sans vous arrêter au milieu des étroites rangées de stands.
