Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La maison principale
- Le bâtiment de la cuisine
- La buanderie
- Les anciennes peintures et les sols
L’histoire du lieu
La maison de réception est ici reliée à toute une cour de service : à côté subsistent des pièces destinées à la cuisine, à la lessive, aux chevaux et aux voitures. Ce domaine urbain ne servait pas seulement aux réceptions ; sa vie quotidienne était assurée par les personnes qui vivaient et travaillaient dans les bâtiments à l’arrière. Le musée n’a pas rendu aux pièces leur aspect élégant : les anciens couches de peinture et les traces des changements ont été laissées sur les murs et les sols. Il faut donc voir la façade principale et les dépendances derrière elle comme un seul domaine.
Dans le premier document qui permet de nommer avec certitude Dorcas Richardson, elle était inscrite parmi les biens. C’est un contrat de mariage datant d’environ mille huit cent trente et un : Harriet Lowndes épousa le riche planteur de riz William Aiken Jr., et la jeune fille réduite en esclavage qui lui appartenait passa à son mari avec le reste de ses biens. Dorcas avait environ dix ans. Elle ne pouvait pas choisir dans quelle maison vivre.
Les jeunes mariés aménageaient ici leur principale résidence urbaine. William et Harriet Aiken agrandirent la maison principale, la cuisine, la buanderie, les écuries et les logements situés au-dessus des bâtiments de service. Le nom Aiken dans l’appellation renvoie à ce propriétaire, futur gouverneur de Caroline du Sud, planteur et esclavagiste. Le nom Rhett apparut plus tard : Henrietta Aiken Rhett, seule fille des Aiken à avoir atteint l’âge adulte, épousa Andrew Burnet Rhett et hérita du domaine. Leurs descendants continuèrent d’y vivre.
Les pièces de réception étaient servies par toute une maisonnée. Les habitants réduits en esclavage préparaient les repas, faisaient la lessive, cousaient, soignaient les chevaux, conduisaient les voitures, surveillaient les enfants et assumaient tout le travail nécessaire aux réceptions de la famille. Les documents ne disent pas quelle tâche était confiée à Dorcas. On sait autre chose : elle vécut ici environ trente-quatre ans, se maria et eut cinq enfants. Une liste établie après la guerre mentionne toute sa famille parmi les quatorze personnes réduites en esclavage liées à cette maison.
En mille huit cent soixante-cinq, l’esclavage prit fin, et Dorcas put pour la première fois décider elle-même où vivre et comment subvenir aux besoins de sa famille. Presque aussitôt, elle commença à aider au Shaw Asylum, le premier refuge de Caroline du Sud pour les enfants noirs. Avec le temps, Dorcas devint matrone principale : elle dirigeait la vie quotidienne de l’établissement et les soins aux enfants accueillis. Lorsque l’argent vint à manquer, elle organisa une foire de bienfaisance et acheta des légumes pour les enfants avec ses propres fonds, puis demanda le remboursement de ces dépenses.
On ignore quand Dorcas apprit à lire et à écrire. Avant l’émancipation, l’enseignement de la lecture et de l’écriture aux personnes réduites en esclavage était interdit en Caroline du Sud. En revanche, un registre bancaire de mille huit cent soixante-douze a conservé sa propre signature au bas du document ouvrant un compte pour son fils Charles. Après le déménagement du refuge, Dorcas ouvrit sur Meeting Street une boutique où elle vendait des fruits et du bois de chauffage. Cette femme, qui était entrée pour la première fois dans les documents de cette maison comme le bien d’autrui, signait désormais des documents financiers et vivait des revenus de son commerce.
La dernière représentante de la famille Rhett, Frances Dill Rhett, céda le domaine au Charleston Museum en mille neuf cent soixante-quinze pour un dollar. Vingt ans plus tard, le Historic Charleston Foundation l’acheta et refusa de rendre aux pièces un éclat d’origine conventionnel. Les employés conservent le bâtiment dans l’état où ils l’ont reçu : ils renforcent les structures, mais laissent les anciennes peintures, les sols et les traces des transformations.
Les noms Aiken et Rhett sont restés sur l’enseigne du musée. Derrière la maison principale se trouvent toujours la cuisine, la buanderie et les pièces où vivait la famille de Dorcas. Son nom est revenu ici grâce au contrat de mariage et au reçu bancaire ; ces pièces n’ont pas été recouvertes d’une finition neuve.
Sur place
Lun 13:00-16:00, Mar-Dim 10:00-16:00 ; les visiteurs peuvent rester jusqu’à 17:00.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.N’attendez pas l’éclat d’un hôtel particulier restauré : les traces d’usure font ici partie de l’exposition. L’entrée se fait en visite libre.
