Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les initiales de Nathaniel Russell sur le balcon
- L’escalier elliptique
- Les marches sans support central
- L’annexe en brique
L’histoire du lieu
En mille huit cent huit, Nathaniel Russell installa ici sa femme, ses deux filles et jusqu’à dix-huit hommes et femmes réduits en esclavage. La famille s’établit dans le manoir de trois étages ; les autres habitants de la propriété préparaient les repas, faisaient la lessive et s’occupaient des chevaux, du jardin et de la cour de service. Nathaniel Russell voulait que sa nouvelle maison montre d’emblée aux visiteurs la fortune de son propriétaire. Même le balcon en fer reçut ses initiales.
Nathaniel Russell gagnait sa vie par le commerce et le courtage. Dès le début des années mille sept cent soixante-dix, il organisait à Charleston la vente de personnes amenées d’Afrique de l’Ouest. En mille sept cent quatre-vingt-cinq, il dirigea la vente de captifs provenant de deux navires. À bord du brick Gambia, cent dix-huit personnes commencèrent le voyage ; quatre-vingt-seize survécurent jusqu’à Charleston. À bord du brick Industry, soixante-dix survécurent sur cent cinquante. Nathaniel Russell vendait les arrivants à des planteurs. Les revenus de ce commerce entrèrent dans la fortune avec laquelle il paya la maison de Meeting Street.
Le principal témoignage de ces dépenses somptueuses est l’escalier intérieur. Il monte en ellipse à travers les trois étages. Il n’a pas de poteau central en dessous, ni de supports visibles par en dessous : chaque marche en porte-à-faux soutient la suivante. La charge se répartit sur toute la chaîne continue, ce qui donne à l’escalier l’apparence d’être suspendu dans les airs.
Les documents ne permettent pas de savoir avec certitude qui a calculé et assemblé cette structure. Même le nom de l’architecte de la maison est inconnu. On sait autre chose : la plupart des personnes employées à la construction étaient réduites en esclavage, depuis les ouvriers auxiliaires jusqu’aux charpentiers et maçons expérimentés. Attribuer l’escalier à un seul artisan anonyme ne serait qu’une conjecture. Il fut créé par une équipe de construction, dans laquelle une part importante du travail complexe était effectuée par des personnes qui ne disposaient ni de leur travail ni de leur salaire.
Une fois la construction terminée, la contrainte ne prit pas fin. Des adultes et des enfants réduits en esclavage vivaient dans une annexe séparée en brique, derrière la maison principale ; la cuisine et la buanderie se trouvaient en bas, les pièces d’habitation à l’étage. Les personnes qui entretenaient la propriété restaient presque invisibles aux yeux des visiteurs montant le grand escalier. Dans cette propriété, des personnes réduites en esclavage travaillèrent pour la famille Russell et les propriétaires suivants jusqu’en mille huit cent soixante-cinq.
Nathaniel Russell mourut en mille huit cent vingt, et la maison resta la propriété de ses descendants pendant encore plusieurs décennies. C’est aujourd’hui un musée. Les initiales de Nathaniel Russell se lisent toujours sur le balcon, et l’escalier a été conservé à l’intérieur, où chaque marche soutient la suivante. Aucun nom d’artisan ne figure à côté.
Sur place
Lun 13:00-16:00, Mar-Dim 10:00-16:00 ; les visiteurs peuvent rester jusqu’à 17:00.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Depuis la rue, seul l’aspect extérieur de la maison est visible ; l’escalier, les espaces de cuisine et les découvertes ne peuvent être vus que dans le cadre d’une visite de musée distincte.
