Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Côté étroit de la maison
- Encadrements de fenêtres sculptés
- Consoles à motifs
- Piazza latérale
L’histoire du lieu
L’étroite façade cache une maison d’habitation privée, dont les pièces s’enfoncent dans la profondeur de la parcelle selon le schéma du single house de Charleston. Une pièce tient ici en largeur, et, dans la longueur de l’étage, elles se succèdent de part et d’autre du hall d’escalier. La piazza couverte latérale crée de l’ombre le long du mur sud et laisse l’air parvenir aux fenêtres, tout en maintenant la vie quotidienne plus loin du trottoir. Le côté orné, avec ses encadrements de fenêtres sculptés, ses auvents et ses consoles à motifs, fait face à la rue, tandis que la galerie se prolonge derrière la porte de rue.
Le dernier jour de l’année mille sept cent soixante-douze, le maître constructeur écossais John Fullerton acheta ici une étroite parcelle qui s’enfonçait loin depuis la rue. Dans les documents, il est désigné à la fois comme l’architecte, le constructeur et le propriétaire de la future maison. Il finançait lui-même le terrain et les matériaux, et vivait de son métier : l’investissement devait devenir un bien immobilier pour lequel une autre personne accepterait de payer davantage.
Fullerton construisit une maison en cyprès, son côté court tourné vers le trottoir, et étira les pièces d’habitation dans la profondeur de la parcelle. C’est ainsi qu’est construit le single house de Charleston. Sa largeur était « simple » : une pièce tenait en travers, et, à chaque étage, deux pièces se succédaient de part et d’autre du hall d’escalier.
La porte donnant sur la rue ouvrait sur une galerie couverte latérale, la piazza. La véritable entrée des pièces se trouvait plus loin, déjà à l’intérieur de la parcelle. La piazza méridionale ombrageait le long mur et laissait circuler l’air à travers les fenêtres. Le récit répandu d’une taxe sur la largeur de la façade n’est pas confirmé par les documents. Ce plan permettait d’utiliser le profond terrain urbain et éloignait la vie domestique du trottoir.
À l’extrémité côté rue, Fullerton laissa ce que l’acheteur devait apprécier : des encadrements de fenêtres sculptés, des auvents en saillie et des consoles à motifs. Il investissait son argent dans une maison tournée vers la rue par son côté le plus étroit ; c’était donc ce côté qui devait montrer la qualité de son travail.
En mille sept cent soixante-dix-sept, Fullerton vendit la propriété à un prix considérablement plus élevé que celui qu’il avait payé pour la parcelle non bâtie cinq ans plus tôt. Le nouveau propriétaire reçut une maison de ville achevée, et le maître récupéra les fonds investis avec la valeur de son travail. Fullerton n’y vécut plus, mais le bâtiment conserva son nom.
Le nom de la rue rappelle un autre propriétaire foncier. Vers mille neuf cents, ses parcelles éparses furent réunies sous le nom de Solomon Legare, huguenot et orfèvre, qui possédait des biens immobiliers près de l’intersection de Legare Street et Tradd Street. La maison du numéro quinze appartenait déjà à la génération suivante des promoteurs de ce terrain.
C’est aujourd’hui une habitation privée. De la transaction de Fullerton subsistent la maison en cyprès elle-même, le côté étroit aux fenêtres ornées et la piazza qui se prolonge derrière la porte de rue. Cinq années de risque et de travail sont toujours inscrites sur une plaque à son nom.
Sur place
Rue résidentielle avec des maisons privées ; observation extérieure depuis le trottoir.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Observez les galeries seulement depuis le trottoir et n’entrez pas dans les passages latéraux : ce sont des propriétés privées.
