Étape 1 sur 8

Four Corners : la liberté devant le tribunal

Four Corners of Law

Une affaire judiciaire montrera la différence entre le prix payé pour la liberté et la liberté reconnue par la loi.

10 min
Vue historique de Four Corners of Law à Broad Street et Meeting Street.
Curt Teich & Co. · Public domain; cropped/resized for app
12345678

0 sur 8 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le portique blanc du Charleston County Courthouse
  • Le bâtiment de Charleston City Hall
  • Le tribunal fédéral et la poste
  • La tour de l’église épiscopale Saint-Michel

L’histoire du lieu

Taille du texte

À l’intersection de Broad Street et de Meeting Street se rencontrent Charleston City Hall, le tribunal de l’État, les institutions fédérales et la tour de l’église épiscopale Saint-Michel ; parmi eux, le portique blanc du Charleston County Courthouse est le plus visible. Les autorités municipales avaient réservé ce nœud aux institutions publiques dès le premier plan de Charleston, et le tribunal actuel a occupé le terrain de l’ancien capitole colonial. Des institutions du comté y fonctionnent encore aujourd’hui ; les pouvoirs séculier et ecclésiastique continuent donc de s’y côtoyer.

En février mille huit cent vingt et un, dans le bâtiment blanc à l’angle de Broad Street, on examina l’affaire de Catherine, une femme réduite en esclavage qui demandait à être reconnue comme étant déjà libre. C’était la Court of Equity : un tribunal sans jury, où le chancelier, c’est-à-dire le juge, pouvait apprécier les circonstances de l’affaire et accorder une réparation équitable.

Cette intersection de Broad Street et de Meeting Street est appelée les « Four Corners of Law ». À un angle se trouve Charleston City Hall, à un autre le Charleston County Courthouse, où les lois de l’État sont appliquées ; en face se trouvent le tribunal fédéral et la poste ; un autre angle est occupé par l’église épiscopale Saint-Michel, incluse dans cet ensemble comme représentant le droit ecclésiastique. Un centre civique était prévu ici dès le premier plan de la ville. Le Charleston County Courthouse fut construit sur l’emplacement du capitole colonial et sa reconstruction fut achevée en mille sept cent quatre-vingt-douze. C’est là que l’affaire de Catherine fut entendue.

Vers mille huit cent douze, ses anciens propriétaires vendirent Catherine au marchand Antoine Plume pour trois cents dollars, bien qu’au tribunal sa valeur fût estimée à au moins huit cents dollars. Cette concession était une condition de la transaction : Plume promit d’affranchir Catherine lorsqu’elle lui aurait remboursé les trois cents dollars versés.

Catherine gagnait de l’argent hors de la maison de Plume et remettait ses revenus à Plume. Les documents ne précisent pas quelle était exactement son activité. Des témoins confirmèrent plus tard qu’elle avait payé la totalité de la somme. Plume le reconnut auprès de l’ancienne propriétaire de Catherine, mais exigea aussi des intérêts. Catherine continua de travailler ; selon les témoignages, l’argent qu’elle avait apporté aurait déjà suffi à effectuer deux paiements de ce montant. Plume ne formalisa pourtant pas son affranchissement.

Après sa mort, en mille huit cent seize, Catherine cessa de remettre ses gains au gestionnaire de la succession et vécut de façon indépendante pendant environ deux ans. Puis l’héritier Pierre Brisson arriva à Charleston. Ne trouvant aucun accord écrit d’affranchissement, il retrouva Catherine, la réduisit de nouveau en esclavage et la vendit à un boulanger pour six cent cinquante dollars.

Pour s’adresser au tribunal, Catherine dut d’abord trouver un représentant blanc : la loi ne lui permettait pas d’engager une telle affaire en son propre nom. Le jeune avocat Isaac Edward Holmes accepta de devenir son tuteur officiel ; dans ce cas, cela signifiait parler pour elle devant les juges. Il soutenait que Catherine ne demandait pas qu’on lui donne la liberté, mais que lui soit rendue celle qu’elle avait déjà payée.

Brisson ne répondit pas à l’action en justice pendant près d’un an. Pendant que l’affaire attendait son audience, les législateurs de Caroline du Sud interdirent l’affranchissement privé des personnes réduites en esclavage : désormais, une loi distincte était nécessaire pour chaque personne. Devant le chancelier Henry William DeSaussure, les témoins confirmèrent à la fois l’accord et le paiement de l’argent. Le juge admit que Plume avait peut-être trompé Catherine et qualifia sa situation d’extrêmement difficile. Mais Plume n’avait pas établi les documents d’affranchissement et, sans eux, DeSaussure refusa de reconnaître Catherine comme libre et mit fin à l’affaire.

Holmes s’adressa ensuite à l’Assemblée générale de Caroline du Sud. Un comité reconnut que Catherine et plusieurs autres personnes avaient rempli leurs contrats avant l’instauration de l’interdiction, mais le projet de loi préparé fut ajourné et ne fut jamais adopté. Catherine resta la propriété d’autres personnes. Les actes de vente conservés montrent que, de mille huit cent vingt-trois à mille huit cent vingt-cinq, elle fut encore vendue puis rachetée quatre fois ; il n’existe aucun témoignage fiable sur la suite de son destin.

Derrière l’actuel portique blanc se trouvent toujours le tribunal et les institutions du comté. C’est ici même que DeSaussure constata que Catherine avait gagné le prix convenu et pouvait subvenir elle-même à ses besoins, tout en la laissant inscrite comme la propriété d’autrui.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantSaint-Michel : les matériaux de la mémoire
Entréede l’extérieur

Carrefour urbain animé ; observation depuis le trottoir à toute heure raisonnable de la journée.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Écoutez depuis le trottoir sans bloquer les passages ; tous les principaux repères sont visibles depuis l’intersection.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Traversez l’intersection et approchez-vous de la façade de l’église épiscopale Saint-Michel.

Étape 1 sur 8Ensuite : Saint-Michel : les matériaux de la mémoire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Le sud du Charleston historique : maisons, travail et droit » — 8 étapes, environ 2,6 km, 2 heures.

Sans App Store ni Google Play

Installer Guide On Map comme application

Une icône apparaîtra sur l’écran d’accueil et le site s’ouvrira sans l’interface du navigateur.

Android · Chrome
  1. Si « Installer maintenant » apparaît, touchez-le puis confirmez.
  2. Sinon : menu ⋮ → « Installer l’application ».
iPhone · Safari
  1. Touchez le bouton « Partager » en bas de Safari.
  2. Choisissez « Sur l’écran d’accueil », puis « Ajouter ».
Icône sur l’écranMode plein écranItinéraires hors ligneProgression de la promenade