Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade de pierre rose
- Pavés
L’histoire du lieu
Le Pink House fut construit vers mille sept cent douze, bien que les historiens contestent la date exacte. Sa teinte rosée vient de la pierre importée des Bermudes ; une peinture plus tardive n'a fait qu'accentuer sa couleur naturelle. Au milieu du dix-huitième siècle, une auberge y était en activité. L'affirmation selon laquelle les chambres de l'étage abritaient un bordel subsiste comme tradition locale : aucune source fiable ne le relie précisément à cette maison.
La rue fut nommée d'après le médecin écossais Lionel Chalmers. Il acheta ici une parcelle en mille sept cent cinquante-sept, après quoi l'ancienne Union Alley commença à être appelée Chalmers Alley. Dans sa maison de cette allée, Chalmers consigna pendant dix ans le temps et les cas de maladie, cherchant à comprendre pourquoi les épidémies arrivaient à Charleston à certaines saisons. Plus tard, toute la rue reçut son nom, réunissant Chalmers Alley et la Beresford's Alley voisine.
Quelques décennies plus tard, un homme dont le nom apparut ici d'une tout autre manière travailla dans cette rue. Le vingt-sept mars mille huit cent vingt-neuf, le planteur et constructeur de navires Richard Fordham acheta quatre personnes réduites en esclavage pour mille quatre-vingts dollars. Parmi elles se trouvait un garçon inscrit sous le nom de Harry. Fordham lui donna le nom officiel de Henry Fordham et l'envoya apprendre le métier de forgeron.
L'une des entreprises de Fordham était une forge sur Chalmers Street. Henry passa dix-neuf ans en esclavage chez lui et devint un forgeron si compétent qu'il dirigeait de fait le travail quotidien de son maître. Le métier faisait vivre Henry, mais augmentait en même temps son prix de vente. Le dix juillet mille huit cent quarante-huit, Fordham le vendit à la maison de commerce de grains d'Otis Mills pour deux mille dollars, soit presque trois fois le prix moyen d'un travailleur des champs à l'époque.
À cette époque, Henry savait lire — selon une tradition familiale, malgré l'interdiction d'instruire les personnes réduites en esclavage — et il économisait de l'argent. On ignore comment il négocia son rachat : les lois de Caroline du Sud excluaient déjà presque toute affranchissement légal, et aucun document distinct n'a donc été conservé. Il ne figure pas encore dans le registre municipal des Noirs libres de l'année mille huit cent cinquante. Dans le registre de l'année suivante, Henry Fordham est déjà inscrit comme libre et redevable de la capitation. En mille huit cent soixante et un, il possédait deux maisons en bois à Charleston.
La parcelle exacte de la forge n'est pas indiquée dans la description conservée : seule Chalmers Street y est mentionnée. La forge elle-même n'existe plus. Le Pink House se dressait déjà ici lorsque Henry forgeait le fer pour l'entreprise d'autrui. Les pavés actuels furent posés en mille huit cent cinquante-deux, un an après le premier document où Henry Fordham est mentionné comme homme libre.
Sur place
Rue ouverte ; le Pink House et les bâtiments voisins ne se visitent que de l'extérieur.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Regardez où vous mettez les pieds et observez la maison depuis la rue, sans supposer qu'on puisse y entrer librement ; distinguez la légende d'Anne Bonny de l'histoire confirmée.
