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Camellón de los Mártires

Camellón de los Mártires

Ici, le parcours mémoriel officiel commencera par une discordance entre le nombre d’exécutés et celui des portraits.

15 min
Allée du Camellón de los Mártires avec des colonnes et des bustes, sur fond de tour à horloge
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Dix bustes de marbre blanc
  • Socles portant des inscriptions
  • Promenade

L’histoire du lieu

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Ici, au-delà des anciens remparts de la ville, fonctionnait autrefois l’abattoir municipal, et le Caño de la Matuna coulait à côté. Plus tard, le site fut transformé en promenade mémorielle : le conseil municipal reconnut les morts comme martyrs de la patrie et commanda des portraits en marbre de Carrare. Les bustes furent installés ici en mille huit cent quatre-vingt-six, et les socles portant des inscriptions font encore de cette promenade une liste urbaine de noms.

Le long du Camellón de los Mártires se dressent dix bustes de marbre blanc. Pourtant, les neuf personnes auxquelles cette promenade doit le nom qu’elle porte, celui des Martyrs, furent fusillées ici. Les créateurs du mémorial ajoutèrent le dixième portrait.

En mille huit cent onze, Carthagène déclara son indépendance complète vis-à-vis de l’Espagne. Quatre ans plus tard, le roi Ferdinand VII envoya le général Pablo Morillo pour ramener la ville sous administration espagnole. Morillo bloqua Carthagène par mer et par terre. Après cent six jours de siège, de famine et de maladies, les défenseurs quittèrent la ville, et les troupes espagnoles y entrèrent.

Le capitaine général Francisco Montalvo voulait retrouver les dirigeants de la république et infliger un châtiment exemplaire. Neuf personnes furent enfermées dans la prison de l’ancienne Inquisition : l’ancien commandant de la forteresse, Manuel del Castillo y Rada ; les officiers Martín José Amador, Pantaleón Germán Ribón, Santiago Stuart et Manuel Anguiano ; les juristes et fonctionnaires républicains Antonio José de Ayos, José María García de Toledo, Miguel Díaz Granados et José María Portocarrero.

Ils ne formaient pas un parti unique. Les uns réclamaient une rupture complète avec l’Espagne ; les autres les avaient auparavant combattus et n’acceptaient que l’autonomie. Les juges militaires réunirent des actes différents sous une seule accusation : la trahison envers le roi.

Pantaleón Germán Ribón et Martín José Amador furent les seuls à reconnaître ouvertement, lors de l’interrogatoire, leur combat pour l’indépendance. Après la défaite de leur détachement, un officier de l’armée royale leur avait promis la grâce s’ils se rendaient. Ils déposèrent les armes et furent emprisonnés. Au procès, Ribón confirma qu’il avait commandé la défense de Mompox, et Amador qu’il avait appelé les habitants de la province à s’armer. Lorsqu’on demanda à Amador s’il connaissait la peine prévue pour cela, il répondit qu’il la connaissait.

Les autres tentèrent de prouver qu’ils avaient agi sous la contrainte, ou même qu’ils avaient entravé les partisans radicaux de l’indépendance. Leur but était d’entrer dans l’une des catégories d’accusés auxquelles un décret royal promettait le pardon. Même si leur vie ne pouvait être sauvée, une décision plus clémente pouvait préserver les biens familiaux de la confiscation.

On ne leur laissa presque aucune chance. García de Toledo cita neuf témoins à décharge : les juges en convoquèrent un. Stuart en cita trois : aucun ne fut convoqué. En revanche, les accusateurs joignirent une trentaine de documents : la constitution de Carthagène, la déclaration d’indépendance, ainsi que des lettres et des proclamations des accusés eux-mêmes. Le vingt février mille huit cent seize, les neuf furent condamnés à mort et à la confiscation de leurs biens. La pendaison fut ensuite remplacée par la fusillade, considérée comme moins infamante.

Le vingt-quatre février, ils furent conduits ici. À l’époque, au-delà des remparts de la ville, se trouvait la Plaza del Matadero, la place de l’abattoir municipal, étirée le long du Caño de la Matuna. Les neuf furent fusillés sur son côté ouest, et leurs corps furent transportés dans une fosse commune au Cementerio de Manga.

En mille huit cent cinquante-cinq, le conseil municipal déclara les exécutés martyrs de la patrie. Plus tard, l’assemblée législative de l’État de Bolívar commanda au sculpteur Felipe Moratilla neuf portraits en marbre de Carrare. On y ajouta le buste de Manuel Rodríguez Torices, ancien président de l’État libre de Carthagène. Il fut exécuté la même année mille huit cent seize, mais à Bogota.

Les bustes furent installés ici en mille huit cent quatre-vingt-six et, pour le centenaire de la fusillade, la promenade reçut son nom actuel. Neuf socles nomment les personnes conduites sur cette place. Le dixième rappelle un homme mort pour la même république dans une autre ville.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantParque del Centenario
Entréede l’extérieur

Allée publique ; le passage est généralement libre, mais des fermetures sont possibles en raison d’événements municipaux.

Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Faites le tour complet de la rangée et comparez les visages : ce sont des reconstitutions tardives, et non des portraits exacts réalisés de leur vivant.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Laissez les bustes derrière vous et rejoignez les allées du parc ainsi que l’obélisque central.

Étape 1 sur 7Ensuite : Parque del Centenario

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Getsemaní : quartier des artisans et des voisins » — 7 étapes, environ 1,5 km, 2–2,5 heures.

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