Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Six arbres sur les marches de la cathédrale
- Façade en pierre
- Nef principale
- Dalle devant le maître-autel
L’histoire du lieu
Six arbres sur les marches de la cathédrale marquent les emplacements des colonnes de l’ancienne église Saint-Georges. Elle fut ouverte pour Noël mille huit cent trente-quatre, puis remplacée par l’actuel bâtiment de pierre. Aujourd’hui, on y célèbre des offices, on ordonne des évêques et on y prend les décisions de l’Église anglicane d’Afrique australe : c’est son principal lieu de culte et le siège de l’archevêque du Cap.
Georges, dans le nom officiel, est un martyr chrétien des premiers temps, du début du quatrième siècle. Les informations fiables à son sujet sont rares : la tradition en a fait un soldat romain, et le récit de sa victoire sur le dragon est apparu plus tard. Pour les anglicans, Georges était avant tout le saint patron de l’Angleterre. La première pierre de l’ancienne église du Cap fut posée le jour de sa fête, le vingt-trois avril mille huit cent trente, et son nom passa à l’actuelle cathédrale.
Pour Desmond Tutu, cette cathédrale était un lieu de travail. En mille neuf cent quatre-vingt-six, il y fut intronisé comme premier archevêque anglican noir du Cap. Il militait pour l’abolition de l’apartheid durant les années d’état d’urgence, lorsque de nombreuses organisations étaient interdites et que les marches publiques étaient dispersées. Les offices religieux restaient une rare possibilité de rassembler des personnes sous un même toit, mais sa charge ne donnait pas à Tutu l’immunité. Le trente et un août mille neuf cent quatre-vingt-neuf, il sortit de la cathédrale avec sa femme Leah et des militants de l’Église pour demander des comptes pour le passage à tabac de membres du clergé. Des policiers leur barrèrent la route et emmenèrent les trente-six personnes.
Deux jours plus tard, les participants à une autre manifestation interdite tentèrent de partir d’ici vers le Parlement sud-africain voisin. Les policiers frappèrent les gens à coups de matraque, utilisèrent des gaz lacrymogènes et aspergèrent la foule de peinture violette avec un canon à eau, afin de retrouver ensuite les participants marqués par la couleur. Environ mille cinq cents personnes se réfugièrent dans la cathédrale ; on y porta secours aux blessés. À l’extérieur, des camions de police et des véhicules blindés se positionnèrent. Tutu, le défenseur des droits humains Dullah Omar et le prêtre Colin Jones sortirent négocier. Ils obtinrent que les personnes rassemblées ne soient pas arrêtées en bloc : elles furent libérées par petits groupes.
Le six septembre, plus de vingt personnes moururent lors d’affrontements autour des élections au Cap. Lors d’une cérémonie commémorative, Tutu appela les habitants à participer, une semaine plus tard, à une marche pacifique. Gordon Oliver, qui venait tout juste de prendre ses fonctions de maire du Cap, s’y joignit. La participation du maire transformait la marche depuis la cathédrale en défi ouvert aux interdictions de l’état d’urgence : Oliver comptait mener le cortège, bien que ses collègues l’aient averti qu’il enfreindrait la loi.
Le gouvernement promit d’abord d’arrêter la marche. La veille, Frederik de Klerk, nommé président, fit marche arrière et ordonna de ne pas entraver les participants. Le treize septembre, environ trente mille habitants du Cap, de différentes races, partirent des marches de la cathédrale. Tutu, Oliver et des chefs religieux marchaient en tête, et les policiers ne dispersèrent pas la colonne, pour la première fois depuis des années de mobilisations semblables. Après celle du Cap, des marches pacifiques réunissant des milliers de personnes eurent lieu dans d’autres villes du pays.
Après ces événements, on commença à surnommer la cathédrale « cathédrale du Peuple ». En janvier deux mille vingt-deux, les cendres de Desmond Tutu furent placées sous une dalle devant le maître-autel. Entre elle et les marches d’où partit la marche, il y a une nef de la cathédrale.
Sur place
La visite extérieure est possible en passant dans la rue ; l’accès à l’intérieur dépend des offices, des événements et des arrangements. Le site officiel conseille de se renseigner à l’avance pour les visites guidées.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La cathédrale reste un lieu de culte : l’accès à l’intérieur peut être limité par un office, et il vaut mieux ne photographier que là où cela est autorisé. Si les portes sont fermées, restez près du seuil, d’où partaient les processions.
