Étape 4 sur 7

Grand Parade

Grand Parade

Cette place est nécessaire à l’itinéraire comme lieu où la libération d’un homme est devenue un événement public pour toute la ville.

20 min
L’hôtel de ville du Cap et Grand Parade comme scène urbaine ouverte près du Château de Bonne-Espérance.
Bernard303 · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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0 sur 7 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le champ ouvert de la place
  • Le balcon de l’hôtel de ville
  • La figure de bronze avec les feuilles du discours
  • Les lunettes dans la main de la figure

L’histoire du lieu

Taille du texte

Le onze février mille neuf cent quatre-vingt-dix, le rassemblement de Grand Parade fut préparé en moins d’une journée. Ce n’est que la veille que l’on apprit que Nelson Mandela serait libéré. Il dirigeait le Congrès national africain, mouvement interdit qui réclamait l’abolition de l’apartheid, un système de séparation des personnes selon leur race établi par la loi. Lors du procès de mille neuf cent soixante-quatre, Mandela fut condamné à la réclusion à perpétuité dans une affaire de sabotage. Il passa vingt-sept ans en prison.

On choisit pour l’accueillir l’ancien terrain de parade de la ville. Après le transfert de la garnison au Château de Bonne-Espérance, les soldats y effectuaient des exercices de marche et y passaient des revues : de là vient le nom littéral de Grand Parade. Ensuite, on commença à organiser des ventes aux enchères et des réunions municipales dans ce champ ouvert. Les jours ordinaires, des marchands y étalent encore leurs marchandises ; pour les grands événements, la place est dégagée. Le balcon de l’hôtel de ville donne sur tout cet espace.

À l’heure prévue, des dizaines de milliers de personnes étaient arrivées. Les téléphones portables n’existaient pas encore et les organisateurs n’avaient pas eu le temps de se procurer des radios. Des gens grimpèrent sur les kiosques et les arbres, et une tour destinée à la presse s’effondra sous leur poids. Les personnes qui avaient perdu connaissance furent passées au-dessus des têtes jusqu’au balcon. La foule écrasa les câbles de la sonorisation.

Les policiers qui escortaient Mandela devaient le conduire à l’entrée arrière de l’hôtel de ville, mais ils tournèrent directement vers la place. La voiture se retrouva bloquée parmi les gens. Après vingt-sept ans, Mandela n’était plus habitué à la foule ; le chauffeur réussit à se dégager et l’emmena hors du centre. Tandis que toute la place attendait la première intervention du prisonnier libéré, l’orateur lui-même était assis sans chaussures, à boire du thé dans une maison privée tranquille.

Desmond Tutu, archevêque du Cap et l’un des dirigeants de la lutte contre l’apartheid, s’efforçait de faire revenir Mandela : les organisateurs craignaient une bousculade et des troubles. Tutu réussit à le joindre par téléphone et l’avertit que les gens ne supporteraient plus l’attente. Mandela repartit vers l’hôtel de ville et entra par l’arrière.

À son arrivée, la nuit était tombée. Ses propres lunettes étaient restées en prison ; il dut donc lire le discours préparé à la lumière des lampadaires, avec des lunettes empruntées. C’était la première prise de parole publique de Mandela depuis vingt-sept ans. Il exigea la libération des autres prisonniers politiques, la levée de l’état d’urgence et l’autorisation d’une activité politique libre. Il ne jugeait les négociations possibles qu’après cela. Il conclut son discours par des mots qu’il avait déjà prononcés avant sa condamnation à perpétuité : une société démocratique demeure l’idéal pour lequel il est prêt à mourir.

En mai, les négociations officielles commencèrent. Quatre ans plus tard eurent lieu les premières élections où les citoyens de toutes les races votèrent à égalité. Le neuf mai mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, Mandela, élu président, s’adressa de nouveau aux gens sur Grand Parade.

En deux mille dix-huit, les sculpteurs Shanti Mpakama et Barry Jackson installèrent une statue de Mandela en bronze exactement à l’endroit du balcon où il avait parlé après sa libération. Dans une main, la figure tient les feuilles du discours et une paire de lunettes. Mandela avait laissé les siennes derrière les portes de la prison ; le premier soir de sa liberté, il avait dû lire avec celles de quelqu’un d’autre.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantIziko Slave Lodge
Entréede l’extérieur

Place urbaine ouverte. L’expérience est meilleure à la lumière du jour ; l’accès intérieur à l’hôtel de ville dépend des événements.

Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

C’est une place urbaine active, et non un espace muséal : le commerce, les événements et les mouvements de personnes en changent l’aspect. Regardez autour de vous, ne bloquez pas les passages et ne gênez pas le travail des vendeurs.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Allez du balcon de l’hôtel de ville jusqu’à la façade blanche de l’ancien Iziko Slave Lodge.

Étape 4 sur 7Ensuite : Iziko Slave Lodge

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« District Six et le vieux centre du Cap » — 7 étapes, environ 2,2 km par les rues, 3—4 h.

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