Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La carte des rues au sol
- La colonne de panneaux de rues
- La salle de l’ancienne église méthodiste
L’histoire du lieu
En mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, Sandra Prosalendis, première directrice du futur Musée du District Six, entra dans une église méthodiste inoccupée sur Buitenkant Street. Elle devait transformer les rencontres d’anciens habitants en véritable musée et trouver des fonds pour celui-ci. Le local existait déjà, mais la collection n’existait pas encore.
Le quartier fut appelé le Sixième en mille huit cent soixante-sept : Le Cap fut alors divisé en districts municipaux, et celui-ci reçut le numéro six. En mille neuf cent soixante-six, le gouvernement de l’apartheid le déclara zone réservée aux Blancs. Plus de soixante mille habitants furent déplacés de force vers la périphérie du Cap. Les maisons, les boutiques et des rues entières furent démolies. De nombreux lieux de culte furent laissés debout, et cette église survécut donc elle aussi. Lorsque les paroissiens furent dispersés dans différents quartiers, les méthodistes réunirent ailleurs deux communautés urbaines, et le bâtiment de Buitenkant Street se vida.
Prosalendis lut dans un journal l’histoire d’un homme qui conservait d’anciens panneaux de rues du District Six. Il s’avéra qu’il était le chef de l’équipe qui avait démoli le quartier. On lui avait ordonné d’évacuer les gravats et de les jeter à la mer. La démolition était son travail, mais il emporta secrètement chez lui des dizaines de panneaux indicateurs émaillés et les cacha dans sa cave.
Pendant plus de vingt ans, il ne les montra à personne. Il craignait que l’État n’apprenne que l’ordre avait été enfreint, et il craignait en même temps les anciens habitants : à leurs yeux, il restait l’homme qui avait dirigé la destruction de leurs maisons. Prosalendis le retrouva et vint avec l’un des administrateurs du fonds du musée. Le propriétaire leur montra la cave, mais refusa de céder les panneaux. Elles revinrent. Après plusieurs rencontres, lui et sa femme décidèrent finalement de donner la collection au musée.
Soixante-quinze panneaux furent accrochés dans l’ancienne église, et des artistes dessinèrent au sol une carte des rues telles qu’elles étaient avant la démolition. Le dix décembre mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, les organisateurs ouvrirent l’exposition « Streets: Retracing District Six ». Les anciens habitants commencèrent à inscrire sur la carte des noms de famille, des écoles, des arrêts de bus et les emplacements de leurs maisons. Les visiteurs se mirent ainsi à enrichir la collection d’informations qui ne figuraient ni sur le plan officiel ni sur les étiquettes du musée.
L’exposition devait fermer au bout de deux semaines. En raison de l’affluence, elle fut maintenue et devint la base de l’exposition permanente. Au milieu de l’ancienne salle de l’église repose toujours la carte couverte d’inscriptions. Au-dessus d’elle, une colonne à quatre faces faite d’anciens panneaux de rues s’élève jusqu’au plafond. L’ordre de les jeter à la mer ne fut jamais exécuté.
Sur place
Site officiel : de 09:00 à 16:00, lundi—samedi ; la réservation est indiquée comme obligatoire.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’essentiel se trouve à l’intérieur ; une visite du musée est donc nécessaire pour faire pleinement cette étape. Ne marchez pas machinalement sur la carte : observez-la comme une archive commune d’adresses.
