Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade claire
- Minaret
- Inscription avec la date 1794 au-dessus de l’entrée
L’histoire du lieu
La façade claire et le minaret signalent une petite mosquée née d’une dépendance sur deux parcelles voisines. Un mihrab fut aménagé dans le mur afin que les fidèles s’orientent vers La Mecque, alors même que les musulmans du Cap colonial n’avaient auparavant pas été autorisés à avoir leur propre lieu de culte ni à se réunir pour la prière collective du vendredi. Il ne reste presque rien des premiers murs après les remaniements ultérieurs, mais la date du début de la communauté, mille sept cent quatre-vingt-quatorze, est conservée au-dessus de l’entrée. À l’intérieur est conservé un Coran rédigé de mémoire, et la parcelle est toujours enregistrée au nom de la femme grâce à qui ce lieu est resté à la communauté.
En mille sept cent quatre-vingt-treize, le savant musulman Abdullah ibn Qadi Abdussalam commença à chercher au Cap un local où enseigner aux enfants et réunir la communauté pour la prière. Il avait environ quatre-vingts ans. La Compagnie néerlandaise des Indes orientales l’avait exilé de l’île de Tidore pour complot présumé avec les Britanniques, lui avait interdit de rentrer chez lui et le détenait à Robben Island comme prisonnier d’État.
En prison, Abdullah rédigea de mémoire le Coran et composa un ouvrage de six cents pages sur la foi et le droit religieux. Les manuscrits sur papier lui tenaient lieu de la bibliothèque qui n’existait pas sur l’île. Après sa libération, c’est précisément grâce à ces textes qu’il put commencer à enseigner.
Le local se trouva ici, sur Dorp Street. Coridon van Ceylon, un homme autrefois asservi, acheta deux parcelles voisines et mit à la disposition d’Abdullah un entrepôt attenant à sa maison. Une madrasa, une école musulmane, ouvrit dans l’entrepôt. Des habitants asservis et libres apprenaient ensemble à lire le Coran et à écrire en caractères arabes. En mille huit cent sept, les élèves étaient déjà au nombre de trois cent soixante-douze. C’est pour ce travail qu’Abdullah ibn Qadi Abdussalam fut surnommé Tuan Guru — en malais, « monsieur l’enseignant ».
Auparavant, l’administration coloniale n’autorisait pas les musulmans à construire leurs propres lieux de culte ni à se réunir pour la prière publique du vendredi. Tuan Guru demanda une parcelle pour une mosquée, essuya un refus et tint quelque temps la prière collective dans une carrière abandonnée. Des rassemblements religieux sont attestés sur la parcelle de Coridon depuis mille sept cent quatre-vingt-quatorze. L’entrepôt fut ensuite adapté pour la prière : un mihrab y fut aménagé dans le mur, une niche qui indique la direction de La Mecque. C’est ainsi qu’apparut la première mosquée du pays. Auwal signifie justement « première » en arabe.
La fille de Coridon, Saartjie van de Kaap, contribua à préserver cette fonction pour le bâtiment. Née dans l’esclavage, elle acheta en mille huit cent neuf le bien immobilier familial pour trois mille gulden — pour une femme musulmane mariée, une transaction extrêmement rare dans le Cap de l’époque. Entre mille huit cent neuf et mille huit cent quatorze, un bâtiment de mosquée distinct fut érigé ici. Dans son testament, Saartjie ordonna que la parcelle soit utilisée pour un lieu de culte musulman tant que l’islam serait autorisé dans la colonie. Après sa mort, le bien ne se transforma pas en héritage ordinaire : les prières s’y poursuivirent et le droit de la communauté sur le local fut préservé.
La façade et le minaret furent remaniés à plusieurs reprises ; une reconstruction particulièrement importante eut lieu en mille neuf cent trente-six, si bien qu’il reste peu des premiers murs. Au-dessus de l’entrée figure la date du début de la communauté, mille sept cent quatre-vingt-quatorze. La mosquée conserve l’un des Corans que Tuan Guru rédigea de mémoire, et la parcelle est toujours enregistrée au nom de Saartjie van de Kaap.
Sur place
Mosquée en activité ; observation extérieure possible de jour. L’accès touristique à l’intérieur n’est pas confirmé par une source officielle actuelle.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est un lieu de prière en activité, et non un arrêt de musée ordinaire. Observez-le de l’extérieur ; pour entrer, il faut une autorisation, une tenue appropriée et être prêt à se retirer aussitôt si un office est en cours.
