Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Arche inférieure
- Deux tours de pierre
- Montée étroite entre les murs
- Sortie supérieure
L’histoire du lieu
Le premier mars mille huit cent onze, les premiers détachements d’une procession de fête furent d’abord autorisés à passer par Bab al-Azab. Lorsqu’ils furent sortis de la Citadelle, les vantaux furent verrouillés. Plusieurs centaines de mamelouks suivaient à cheval sur la descente étroite. Devant eux se trouvaient les portes closes, derrière eux des soldats, et des tireurs se tenaient au-dessus du passage.
Méhémet Ali, gouverneur ottoman d’Égypte, avait pendant six ans combattu et négocié avec les beys mamelouks, des dignitaires militaires dont les maisons dirigeaient encore récemment la plus grande partie du pays. Leurs revenus provenaient des fermes fiscales : le droit de percevoir les impôts des villages entretenait leurs détachements de cavalerie. En mille huit cent dix, Méhémet Ali avait pris la Haute-Égypte aux beys, les avait invités à s’installer au Caire et avait rendu à certains leurs anciens palais. Ses rivaux avaient accepté la réconciliation, mais avaient conservé leurs hommes, leurs armes et leurs prétentions.
Le gouverneur préparait alors une expédition en Arabie. Son fils, Tousson Pacha, nommé pacha de Djeddah, devait commander l’armée. Méhémet Ali ne voulait pas faire sortir les troupes d’Égypte en laissant au Caire les commandants mamelouks. Il convoqua les beys à la Citadelle pour une cérémonie en l’honneur de Tousson Pacha. Les invités furent reçus, on leur servit du café et l’on plaisanta avec eux. Après la cérémonie, les participants se rangèrent pour la procession qui descendait vers la ville.
L’ordre de la colonne détermina l’issue. L’infanterie de Méhémet Ali réussit à franchir les portes inférieures. Les mamelouks entrèrent à cheval dans le passage taillé dans la roche entre les entrées supérieure et inférieure. Là, les cavaliers ne pouvaient pas faire demi-tour : les chevaux se barraient mutuellement le chemin. Lorsque les vantaux se refermèrent, les soldats ouvrirent le feu depuis l’arrière et depuis les murs. Les survivants mirent pied à terre et tentèrent de remonter. Chahine Bey, l’un des chefs mamelouks, jeta son lourd habit de cérémonie, tira son sabre et parvint jusqu’à la cour supérieure. Il y fut abattu, décapité, et sa tête fut portée à Méhémet Ali pour obtenir une récompense. Les prisonniers furent exécutés jusqu’à la nuit.
Dans les jours qui suivirent, les soldats pillèrent les maisons mameloukes au Caire et tuèrent ceux qui n’avaient pas participé à la procession. Les beys restants s’enfuirent vers le sud. Méhémet Ali confisqua leurs fermes fiscales ; il ne lui restait plus en Égypte de rivaux capables de lever leur propre armée.
Le nom de la porte appartient à une autre unité militaire. Les azabs étaient des fantassins ottomans ; le mot signifie « célibataires ». Leurs casernes occupaient la cour inférieure de la Citadelle. En mille sept cent cinquante-quatre, le commandant des azabs, les fantassins ottomans, Ridwan Katkhuda al-Jalfî, fit construire la porte actuelle à deux tours comme entrée principale de cette cour.
Il ne reste ici rien de la colonne fusillée. La configuration de pierre du piège a survécu : l’arche inférieure de Bab al-Azab, la montée étroite entre les murs et la sortie supérieure que Chahine Bey tentait d’atteindre.
Sur place
Les portes et leur aspect extérieur se découvrent pendant la visite de la Citadelle, mais le passage par Bab al-Azab peut être fermé ou détourné selon le régime en vigueur dans le complexe.
Vérifié : 27 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Ne cherchez pas l’endroit du saut légendaire comme un lieu établi avec certitude : les récits divergent. Observez les portes uniquement depuis le côté accessible et ne vous attardez pas sur la chaussée.
