Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Portail aux oiseaux et aux daims
- Deux niveaux de hujras
- Tours d’angle
- Cour rectangulaire
L’histoire du lieu
Nadir Divan-Beg est le nom d’un homme qui s’est confondu avec sa fonction. On appelait Nadir Divan-Beg divan-begi parce qu’auprès du khan de Boukhara, il était chargé des finances, du commerce et de la collecte des impôts. C’est ce gestionnaire de cour des revenus qui, de mille six cent vingt-deux à mille six cent vingt-trois, fit construire un caravansérail sur le côté est de Lyabi-Haouz.
Le lieu avait été choisi avec calcul. Près de l’eau et de la place commerçante, les marchands avaient besoin de chambres, d’entrepôts et d’une cour pour les animaux de bât. Derrière le bâtiment se trouvait une cour de service distincte ; selon une version, les redevances versées par les hôtes devaient financer la khanqah Nadir Divan-Beg, sur la rive opposée du haouz.
La transformation même de l’auberge en médersa est confirmée par le plan. La tradition de Boukhara a conservé la scène qui y conduisit. Lors de l’inauguration, Imam-Quli Khan, souverain de Boukhara et neveu de Nadir Divan-Beg, suivant le conseil de cheikhs soufis, félicita publiquement son ministre pour la construction d’un pieux établissement d’enseignement. Après de telles paroles, appeler le bâtiment un caravansérail aurait signifié corriger le khan devant le clergé et les invités. Nadir ne discuta pas.
Les bâtisseurs durent adapter le bâtiment déjà achevé. Ils ajoutèrent à la façade un haut portail, des loggias et des tours d’angle, et surélevèrent un second étage de hujras, de petites chambres pour les élèves. La cour comptait soixante et onze chambres de ce type. Cependant, on n’y aménagea jamais de mosquée distincte, de grande salle d’enseignement ni d’iwans de cour, pourtant habituels dans les médersas de Boukhara : le dessin initial imposait déjà une autre organisation.
Le changement ne resta pas une simple formalité de cour. Un document de waqf, un registre des biens et revenus affectés à l’entretien de l’école, daté du dix-sept juillet mille six cent quarante-deux, indique qu’un seul mudarris enseignait ici. Il enseignait le droit musulman et ses fondements, et recevait chaque année cinq cents tangas et cent mans de grain. Les caravaniers ne s’installèrent pas dans les chambres ; des élèves y habitèrent, et l’homme payé en argent et en pain y donnait bel et bien des cours.
Aujourd’hui, des ateliers d’artisans occupent les anciennes hujras, et des spectacles de musique et de folklore se tiennent dans la cour. Derrière le portail décoré d’oiseaux et de daims, il n’y a toujours ni grande salle d’enseignement ni mosquée propre. L’appellation vient de la décision du khan, le nom de Nadir Divan-Beg du ministre, et le plan du caravansérail que Nadir ne fut pas autorisé à ouvrir.
Sur place
La façade est visible en permanence ; l’accès à la cour et aux salles dépend de l’utilisation actuelle et des événements.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Commencez par observer le portail depuis la place. Si la cour est ouverte, entrez tranquillement et regardez les cellules d’habitation ; l’absence d’accès n’empêche pas de voir la principale étrangeté de la façade.
