Étape 1 sur 9

Lyabi-Haouz

Labi Hovuz

Le bassin donnera le thème principal de la promenade : à qui appartenaient la terre et l’eau, et à quel prix la ville les obtenait.

15 min
Lyabi-Haouz avec ses marches de pierre et la khanqah Nadir Divan-Beg sur la rive opposée.
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Le bassin de pierre du haouz
  • Les marches en calcaire
  • La khanqah sur la rive opposée

L’histoire du lieu

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Le bassin de pierre de Lyabi-Haouz, bordé de marches en calcaire, contenait autrefois la réserve d’eau de la ville. Dans la vieille Boukhara aux constructions serrées, une place aussi dégagée était rare ; sur la rive opposée se dresse la khanqah. Pendant la saison, les aryks reconstituaient cette réserve ; l’eau y décantait pour la boisson et les usages domestiques, et la rive attirait porteurs d’eau, marchands et clients des maisons de thé. Plus tard, le réseau d’eau courante remplaça l’ancien système, presque tous les haouz furent comblés, et ce bassin demeura l’un des trois de la ville.

Au début du dix-septième siècle, Nadir Divan-Beg, vizir auprès du khan de Boukhara, envisagea d’aménager ici un grand haouz urbain, un réservoir de pierre pour l’eau. La parcelle choisie était occupée par la maison d’une veuve juive. La tradition n’a pas conservé le nom de cette femme ; on sait seulement ce que voulaient les deux parties au conflit. Le vizir avait besoin du terrain, et la propriétaire refusait de vendre son logement.

Selon une légende locale, Nadir s’adressa à Imam-Quli Khan, le souverain de Boukhara, dans l’espoir qu’il contraindrait la veuve à vendre. Le khan réunit des muftis, spécialistes du droit musulman. Leur décision fut en faveur de la propriétaire : tant qu’elle payait la djizya, l’impôt par tête des non-musulmans, on ne pouvait lui enlever sa maison sans son consentement.

Nadir fit alors passer l’aryk qui alimentait le haouz tout contre la maison. L’eau se mit à éroder les fondations. Lorsque la veuve vint réclamer justice, le vizir lui proposa de nouveau de l’argent. Elle accepta de partir, mais posa sa condition : au lieu d’un paiement, la communauté devait recevoir un terrain et l’autorisation de construire une synagogue. Nadir accepta l’accord. On creusa le haouz à l’emplacement de la maison, et la parcelle donnée en échange devint une partie du quartier juif.

Il s’agit bien d’une tradition, et non d’une affaire judiciaire reconstituée par des documents. Dans la mémoire populaire, le bassin a conservé un second nom : Haouz-i-Bazour, « le haouz aménagé par la contrainte ». Le nom officiel est plus paisible : Lyabi-Haouz signifie en persan « près du bassin ». Dans les ruelles voisines se trouve encore une synagogue en activité de l’ancien quartier juif, et il ne reste rien de la maison de la veuve sur la place : le bassin du haouz occupe le terrain pour lequel elle négociait avec le vizir.

L’eau détermina aussi l’activité de cette place. Les aryks de Boukhara ne se remplissaient qu’une partie de l’année ; on stockait donc l’eau dans les haouz et on la laissait décanter pour la boisson et les usages domestiques. Autour du réservoir se forma un espace ouvert, rare dans une ville aux constructions serrées. La principale rue commerçante passait tout près ; les porteurs d’eau venaient à l’eau, et les marchands et les maisons de thé occupaient la rive libre.

Au début du vingtième siècle, on comprit ce qu’il fallait payer pour un tel système. Dans les haouz stagnants de Boukhara, l’eau croupissait ; les infections et la rishta, un ver parasite dont souffrait une part importante des habitants de la ville, se propageaient par son intermédiaire. Dans les années mille neuf cent vingt et mille neuf cent trente, les services sanitaires obtinrent la construction d’un réseau d’eau courante, et les autorités municipales asséchèrent et comblèrent presque tous les anciens réservoirs.

Lyabi-Haouz fut conservé en raison de son bassin de pierre et des édifices des seizième et dix-septième siècles construits autour de lui. On n’y puise plus d’eau potable. Sur les cent quatorze haouz de Boukhara qui existaient en mille neuf cent vingt-cinq, trois ont survécu ; l’un d’eux se trouve devant vous, entouré de marches en calcaire, de cafés et d’espaces de repos.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantMédersa Nadir Divan-Beg
Entréeaccès libre

La place et la rive du haouz sont accessibles en permanence ; les horaires des établissements alentour ne concernent pas l’itinéraire.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Choisissez un endroit au bord de la place, sans occuper la descente vers l’eau. Pour comprendre cette halte, il suffit d’observer le haouz et l’ensemble qui l’entoure depuis l’extérieur.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Passez du côté est du bassin, vers le portail décoré.

Étape 1 sur 9Ensuite : Médersa Nadir Divan-Beg

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« La vieille Boukhara : eau, commerce et pouvoir » — 9 étapes, 2,7 km, 3 h 40 min.

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