Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le fauteuil vide à gauche de l’armoire aux rouleaux de la Torah
- L’armoire aux rouleaux de la Torah
- La salle de prière
- La cour intérieure
L’histoire du lieu
En septembre mille neuf cent vingt-neuf, le cercueil de Jakob Koppel Reich, grand rabbin de la communauté orthodoxe de Budapest, fut porté hors de cette synagogue. Le cortège se dirigea vers l’ancien cimetière orthodoxe ; des milliers de personnes suivaient le cercueil. Lorsque les offices reprirent ici, le fauteuil de Reich, à gauche de l’armoire aux rouleaux de la Torah, resta vide.
Son gendre, Mordechai Ephraim Fischel Sussman, prit la direction de la communauté. Il reçut la fonction de son prédécesseur, mais refusa de s’asseoir à sa place. Sussman expliquait cela par respect et modestie : il ne considérait pas comme sien le fauteuil de l’homme qui avait dirigé la communauté pendant quarante ans. Le rabbin continua à officier depuis un autre siège. Les dirigeants religieux qui lui succédèrent adoptèrent également sa décision.
Reich participa aussi au conflit dont est issu le mot « orthodoxe » dans le nom de la synagogue. Durant l’hiver mille huit cent soixante-huit — mille huit cent soixante-neuf, à Pest, alors ville distincte avant son union avec Buda, se réunirent des représentants des communautés juives de Hongrie. Ils devaient créer une organisation commune et des règles uniques pour les écoles et l’administration communautaire. Reich représentait les traditionalistes, qui voulaient que ces règles soient directement subordonnées à la loi religieuse juive. La majorité adopta un autre statut. Les traditionalistes le rejetèrent et, deux ans plus tard, obtinrent la reconnaissance d’une organisation orthodoxe distincte.
En mille huit cent quatre-vingt-dix, les orthodoxes de Budapest choisirent Reich comme grand rabbin. Ce choix divisa la communauté elle-même : un groupe rival avait un autre candidat et, après la défaite de celui-ci, ses partisans se retirèrent quelque temps des affaires communes. Reich hérita d’une organisation pauvre, avec une petite école et sans véritable maison d’étude. De nombreux fidèles ne pouvaient pas payer leurs cotisations communautaires ; les prélèvements liés au contrôle de la viande casher couvraient une part considérable des dépenses. Reich ramena progressivement les membres du groupe rival au travail commun.
Sous sa direction, les anciens décidèrent de rassembler les institutions nécessaires dans une même cour entre la rue Kazinczy et la rue Dob. Ils commandèrent une école, une maison d’étude, l’appartement du rabbin, l’administration, une cuisine, une salle à manger et une grande salle de prière. En mille neuf cent treize, le complexe était déjà prêt, et Reich devint le premier rabbin de la nouvelle synagogue. On y priait, on enseignait aux enfants, on examinait des questions religieuses, on concluait des mariages et on nourrissait les personnes dans le besoin.
La synagogue est toujours en activité. À gauche de l’armoire aux rouleaux de la Torah se trouve le fauteuil de son premier rabbin ; depuis la décision de Mordechai Sussman, les dirigeants religieux de la communauté ne s’y assoient plus.
Sur place
Accessible en permanence de l’extérieur ; l’accès intérieur dépend du calendrier religieux, des visites et des règles de la communauté.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Vous êtes devant une synagogue orthodoxe en activité ; la communauté est donc toujours prioritaire. Pour entrer, une tenue appropriée et un comportement calme sont nécessaires ; le restaurant, le mikvé et la salle de prière ne doivent pas être considérés comme un seul espace librement accessible.
