Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La serre d’angle vitrée
- Les vitraux
- Le mobilier avec des ombellifères et des chardons
- La croix de Lorraine sur un vase
L’histoire du lieu
La serre d’angle vitrée donne sur la rue l’une des parties principales de cette maison de ville privée. Dans son bac de pierre, les plantes étaient chauffées ; plus loin, le long de l’escalier, se rejoignent peinture, mosaïque, métal et verre, et l’électricité comme le chauffage fonctionnaient déjà parmi ces finitions. Aucun passage n’était prévu pour les voitures, les invités n’étaient pas reçus dans un vestibule d’apparat et les domestiques n’avaient pas d’escalier séparé : les pièces étaient conçues pour la vie domestique et pour recevoir des connaissances. Un musée fonctionne maintenant dans ces pièces.
L’inscription française « Maison Hannon » signifie « la maison des Hannon ». Elle porte le nom des époux commanditaires : l’ingénieur Édouard Hannon et Marie Debard. Édouard gagnait sa vie chez Solvay, où il dirigeait la production et voyageait beaucoup entre les usines. Marie avait grandi en Lorraine et se passionnait pour la botanique. En mille neuf cent, à l’Exposition universelle de Paris de 1900, ils découvrirent le mobilier et le verre d’Émile Gallé, puis, deux ans plus tard, décidèrent de commander une maison bruxelloise où leurs occupations et leurs goûts seraient reconnaissables dans chaque pièce.
Les époux confièrent le projet à Jules Brunfaut, architecte et ancien camarade d’Édouard à l’école d’ingénieurs. Il n’avait encore jamais construit dans le style Art nouveau. Les Hannon lui montrèrent les maisons des innovateurs bruxellois et mirent en jeu leur logement familial, l’argent d’Édouard et l’espace où il faudrait recevoir des invités. Brunfaut réalisa la commande, mais ne créa plus aucun bâtiment dans ce style.
Dans la serre d’angle vitrée, il aménagea un bac de pierre chauffé pour les plantes, une partie de la maison destinée à la passion de Marie. Pour elle aussi, les époux commandèrent à Gallé du mobilier orné d’ombellifères et de chardons ; une croix de Lorraine apparut sur un vase. Édouard apporta au projet la poésie antique, la photographie et la technique. Sur les murs de l’escalier, Paul-Albert Baudouin peignit un couple pastoral et des figures avec des lyres, tandis que, parmi les mosaïques, le métal et le verre, Brunfaut installa l’électricité et le chauffage moderne. Il en résulta un portrait de famille composé sans ressemblance de portrait.
Après la mort d’Édouard, la maison passa, en mille neuf cent trente et un, à leur fille Denise Hannon. Elle conserva les pièces jusqu’à sa mort, en mille neuf cent soixante-cinq. Les héritiers vendirent ensuite le bâtiment. Les acheteurs changeaient, il n’y avait pas de propriétaire stable, la décoration intérieure était dispersée et les vitraux brisés. On projetait de construire à la place un immeuble d’appartements.
Au début des années mille neuf cent soixante-dix, Marie Van Mulders-Brunfaut, la fille de l’architecte, avertit la commission de protection des monuments que la seule œuvre Art nouveau de son père risquait d’être démolie. En mille neuf cent soixante-seize, les façades et le toit furent protégés, mais les pièces n’étaient pas encore couvertes par cette protection et les vols continuèrent. Trois ans plus tard, la commune de Saint-Gilles racheta la maison ; l’intérieur n’obtint un statut de protection distinct qu’en mille neuf cent quatre-vingt-trois.
À ce moment-là, une partie du mobilier de Gallé se trouvait déjà dans des musées français. L’ameublement actuel a donc été composé de fragments survivants, de photographies d’archives, de factures et de prêts de musées. Le tissu jaune des murs du petit salon a été retissé d’après une ancienne facture, et les objets authentiques de Gallé qui y sont exposés sont revenus temporairement du Musée des Arts décoratifs de Paris.
Pendant quelque temps, le bâtiment sauvé fut appelé « Hôtel Hannon » : en français, ce mot désigne une riche maison de ville. Le musée renonça plus tard à ce nom. Il n’y a ici ni passage pour les voitures, ni vestibule d’apparat, ni escalier séparé pour les domestiques. En mille neuf cent vingt-trois, le bâtiment ouvrit comme maison-musée sous le nom exact de « Maison Hannon ». Ses vitraux réunissent des verres de mille neuf cent quatre et des ajouts des premiers restaurateurs, tandis que le mobilier conçu pour Marie et Édouard se trouve de nouveau ici comme invité.
Sur place
Visites individuelles : jeu. 13:00-18:00, ven. 11:00-18:00, sam.-dim. 10:00-18:00 ; lun.-mer. fermé. Un créneau obligatoire est requis pour le MuseumPass.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Si vous voulez voir les fresques, les mosaïques et l’escalier intérieur, prévoyez une visite du musée séparément. De l’extérieur, il est plus pratique de commencer par vous éloigner vers le côté opposé de l’angle, puis d’observer la serre de plus près.
