Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux façades voisines
- Deux portes d’entrée
- Les grandes fenêtres de l’atelier
- La verrière au-dessus de l’escalier
L’histoire du lieu
Le musée actuel réunit deux bâtiments voisins conçus pour servir de maison et de bureau d’architecte. Dans la partie consacrée au travail, des sculpteurs préparaient des échantillons d’ornements ; plus haut se trouvaient le cabinet, la salle d’attente et les salles de dessin lumineuses. Dans la partie d’habitation, une verrière éclaire l’escalier, qui a remplacé le centre sombre d’une maison de ville étroite. Les bâtiments furent plus tard séparés, mais le musée a rétabli le passage intérieur qui les relie.
Deux façades voisines appartenaient à un seul homme, mais correspondaient à des aspects différents de sa vie. Victor Horta vivait avec sa famille dans la maison : cet architecte voulait libérer les hôtels particuliers bruxellois de l’imitation des styles anciens. Derrière l’autre porte se trouvait son atelier : les employés y préparaient les projets, les sculpteurs réalisaient les modèles des futurs éléments, et Horta y recevait ses clients. Le musée porte son nom parce qu’il occupe à la fois son logement et le lieu où il gagnait sa vie.
En mille huit cent quatre-vingt-dix-huit, les commandes privées avaient rapporté à Horta assez d’argent pour acheter deux parcelles voisines. Dans les maisons d’autrui, le dernier mot restait au propriétaire. Ici, il était lui-même le maître des lieux, l’architecte et celui qui payait : il aurait dû voir chaque jour une expérience ratée et la montrer à ses clients.
Horta sépara le logement et le bureau par deux entrées, mais les relia à l’intérieur. La famille, les domestiques, les visiteurs et les employés empruntaient des parcours différents dans le bâtiment, tandis que l’architecte lui-même pouvait passer de la maison à son travail. Au rez-de-chaussée de l’atelier, trois sculpteurs modelaient en plâtre et sculptaient dans le bois des échantillons d’ornements complexes avant de les remettre à des artisans. Plus haut se trouvaient la salle d’attente, le cabinet de Horta et les salles de dessin aux grandes fenêtres. Dans la partie d’habitation, l’escalier sous une verrière remplaçait le centre sombre d’une maison bruxelloise étroite ordinaire. Horta dessinait tout, jusqu’aux meubles, aux poignées de porte et aux charnières : le client pouvait voir sa manière de construire avant même de lui confier sa propre maison.
Les travaux furent achevés en mille neuf cent un. Mais, après la Première Guerre mondiale, Horta revint des États-Unis convaincu que l’époque des maisons coûteuses, fabriquées presque entièrement sur mesure, touchait à sa fin. Il voyait l’avenir dans la standardisation ; pendant ce temps, l’Art nouveau était passé de mode. En mille neuf cent dix-neuf, l’architecte vendit l’ensemble et déménagea avenue Louise. Quelques années plus tard, les nouveaux propriétaires séparèrent les deux parties et transformèrent l’atelier en logement ordinaire. Le lien entre le lieu où Horta vivait et celui où il créait ses projets disparut.
Jean Delhaye, ancien élève de Horta et défenseur de ses bâtiments, s’efforça de le rétablir. Au début des années soixante, on détruisait encore volontiers l’Art nouveau bruxellois pour de nouvelles constructions. Delhaye convainquit la commune de Saint-Gilles d’acheter la partie d’habitation. Il dirigea son aménagement, et le musée ouvrit en mille neuf cent soixante-neuf. Au début, l’atelier de l’architecte lui-même n’en faisait pas partie. Plus tard, la commune l’acheta également ; depuis mille neuf cent soixante-treize, les visiteurs traversent de nouveau les deux parties.
Dans la rue, il reste deux façades indépendantes et deux portes. Derrière l’une commençait la vie domestique de Horta, derrière l’autre le travail des personnes grâce auxquelles il gagnait sa vie. À l’intérieur, le musée a rétabli le passage entre elles.
Sur place
mar-ven 14:00-17:30, sam-dim 11:00-17:30, lun fermé ; réservation en ligne d’un créneau horaire obligatoire, dernière entrée 16:45.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.L’essentiel se trouve ici à l’intérieur ; vérifiez donc à l’avance la possibilité de visiter le musée séparément. Dans les passages étroits, ne vous pressez pas et n’entravez pas la circulation des autres visiteurs.
