Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le dôme
- La façade principale
- La place Poelaert
- Le pont supérieur des ascenseurs
L’histoire du lieu
Au Palais de Justice de Bruxelles, des juridictions de différents niveaux travaillaient sous un même toit. Derrière la façade principale, des salles d’audience, des bureaux de service et des dépôts de dossiers leur étaient attribués ; la Cour de cassation y siège encore aujourd’hui. Le dôme au-dessus de la place Poelaert s’élève au-dessus de ces salles et de ces archives, invisibles depuis la rue.
Le trois septembre mille neuf cent quarante-quatre, des soldats allemands se préparaient à quitter Bruxelles. Les troupes alliées approchaient déjà de la capitale. Les occupants occupaient le Palais de Justice de Bruxelles et avaient installé sous son dôme des postes radio et des postes d’observation : cette hauteur offrait une vue sur la ville.
À l’intérieur se trouvaient les salles, les bureaux et les archives de toute une hiérarchie de juridictions, du tribunal de police à la plus haute, la Cour de cassation. Les services d’occupation, y compris la Gestapo, y conservaient également les documents qu’ils avaient rassemblés. Après la libération, ces papiers et les dossiers judiciaires belges pouvaient être nécessaires lors des procès de collaborateurs et de criminels de guerre allemands.
Vers midi et demi, les soldats en retraite arrosèrent le dôme de combustible et y mirent le feu. Dans les sous-sols, ils laissèrent des bombes incendiaires et des explosifs. Le dôme s’effondra bientôt ; l’incendie se propagea à la bibliothèque, au greffe du tribunal de commerce, à la salle de la cour d’assises et aux locaux d’archives.
Les pompiers ne parvenaient pas à maîtriser un incendie d’une telle ampleur, et plusieurs personnes furent blessées. Des habitants des rues voisines, des juges et des employés du palais les rejoignirent alors. De l’escalier intérieur jusqu’à la place Poelaert, une chaîne humaine se forma. On y fit d’abord passer des seaux d’eau, puis on se mit à évacuer des livres et des liasses de documents. Une partie des dossiers fut sauvée, une partie des archives judiciaires disparut à jamais.
Les employés des tribunaux revinrent dans le bâtiment endommagé aussitôt après l’incendie. Dès le quinze septembre, douze jours après l’incendie criminel, la nouvelle année judiciaire y fut ouverte. La salle des cérémonies habituelle avait été détruite, les juges se réunirent donc dans une autre salle ; certains greffes furent provisoirement transférés hors du palais, mais l’examen des affaires reprit.
Albert Storrer, ingénieur-architecte et conservateur du Palais de Justice de Bruxelles, chargé de veiller à ce que l’immense bâtiment reste adapté au travail des tribunaux, prit en charge la reconstruction. Trois ans plus tard, les principaux dégâts furent réparés. Storrer remplaça le dôme détruit par une nouvelle structure d’acier et l’éleva de deux mètres et demi au-dessus de l’ancien.
La Cour de cassation siège encore aujourd’hui au palais. Et le dôme qui la surplombe est celui que Storrer a érigé à la place de celui qui s’était effondré le trois septembre.
Sur place
Il est plus sûr de prévoir une visite extérieure depuis la place Poelaert ; l’accès aux entrées, à la cour et aux parties intérieures change en raison de la restauration et de l’activité du tribunal.
Vérifié : 1 juillet 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Considérez avant tout cet arrêt comme une observation extérieure : la restauration peut modifier les accès et fermer certaines parties de la façade. Ne comptez pas visiter l’intérieur sans vérification distincte.
