Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Façade de la rue de la Régence
- « Le Couronnement de la Vierge »
- « L’Assomption de la Vierge »
- Buste en plâtre du premier conservateur
L’histoire du lieu
Le long de la rue de la Régence s’étend une façade derrière laquelle, à la fin du dix-neuvième siècle, des salles distinctes furent attribuées aux maîtres anciens. Le mot « royaux » indique ici le statut d’État de l’institution sous la monarchie belge, et non une collection privée du souverain. Plus tard, on y rattacha le musée d’Antoine Wiertz, ce qui explique le pluriel du nom. Parmi les tableaux de Rubens est également conservé le buste en plâtre du premier conservateur.
Guillaume Bosschaert obtint le poste de conservateur d’un musée que le public n’avait pas encore vu. En mille sept cent quatre-vingt-dix-huit, son lieu de travail devint les entrepôts encombrés de l’Ancienne Cour, nom donné à l’ancien palais de Charles de Lorraine, sur ce même site muséal.
Quatre ans auparavant, l’armée française avait occupé les Pays-Bas méridionaux. Des commissaires passèrent alors par les églises, les abbayes et les collections privées : les meilleurs tableaux étaient envoyés au musée du Louvre à Paris, les biens des monastères fermés étaient déclarés nationaux, et le reste était acheminé vers Bruxelles. Environ mille cinq cents œuvres, empilées les unes sur les autres, s’étaient accumulées dans le palais. La commission en conserva environ cent pour le futur musée.
Bosschaert dirigeait alors l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles et travaillait comme expert en tableaux. Le musée prolongeait sa profession : il voulait donner à ses élèves des originaux de maîtres anciens. Après les réquisitions, il ne restait plus dans la ville d’œuvres de Rubens ni d’Antoine van Dyck accessibles au public, et l’administration n’autorisait pas même une petite dépense pour entretenir les toiles rassemblées.
En mille huit cent un, le premier consul Napoléon Bonaparte créa quinze musées de province, dont celui de Bruxelles. Les tableaux de Paris n’arrivaient toutefois pas, et l’ouverture était reportée. Bosschaert se rendit quatre fois dans la capitale et écrivit aux fonctionnaires ainsi qu’à Bonaparte lui-même. Il demandait au moins une douzaine de bonnes toiles pour l’académie.
Les administrateurs parisiens décidèrent de répartir les tableaux entre quinze villes en lots égaux, en pratique par tirage au sort. Bosschaert protesta : Bruxelles était mise sur le même plan que des villes dont personne n’avait emporté les meilleures œuvres. Le lot qui lui fut attribué se révéla faible. Le conservateur déclara qu’il ne repartirait pas sans les Rubens promis et obtint le droit de procéder à un échange. Il remplaça plusieurs toiles secondaires par quatre œuvres de Rubens et deux œuvres d’Antoine van Dyck. Dans une lettre au maire de Bruxelles, Bosschaert annonça qu’après tous les obstacles, les tableaux étaient enfin en cours d’emballage.
À l’été mille huit cent trois, le musée ouvrit. Le catalogue comptait deux cent cinquante et une œuvres, bien que seule la moitié eût eu le temps d’être accrochée. Le public était admis les jeudis et samedis ; les autres jours, des artistes travaillaient dans les salles. La vocation de l’institution fut ainsi définie dès le début : on y montrait des tableaux tout en enseignant à partir d’eux.
Bosschaert continua à réclamer de nouveaux envois. En mille huit cent onze, il reçut encore trente et un tableaux du musée du Louvre. Après la chute de Napoléon, la France commença à restituer les œuvres emportées. Le vingt novembre mille huit cent quinze, six caisses destinées à Bruxelles furent déposées dans la cour du musée. Une autorisation était nécessaire pour les ouvrir, et la correspondance s’étira sur cinq semaines. Le quatorze décembre, Bosschaert mourut sans avoir vu le contenu des caisses. Son successeur les déballa en janvier ; plusieurs toiles avaient souffert de l’humidité.
La collection cessa peu à peu de tenir dans l’Ancienne Cour. L’État belge reprit le musée municipal en mille huit cent quarante-deux, et les maîtres anciens furent transférés derrière l’actuelle façade de la rue de la Régence en mille huit cent quatre-vingt-sept. Le mot « royaux » désigne le statut d’institution d’État sous la monarchie belge : ces salles n’étaient pas la collection privée du monarque. Le pluriel apparut après le rattachement, en mille huit cent soixante-huit, du musée de l’artiste Antoine Wiertz ; le nom actuel définitif fut fixé en mille neuf cent vingt-sept.
La collection conserve toujours Le Couronnement de la Vierge, de Rubens et de son atelier, provenant de l’envoi que Bosschaert avait négocié en mille huit cent deux. On y conserve aussi L’Assomption de la Vierge, restituée en mille huit cent quinze, ainsi qu’un buste en plâtre du premier conservateur, exécuté par Gilles-Lambert Godecharle l’année de sa mort.
Sur place
Maîtres anciens/Magritte : mar-ven 10:00-17:00, sam-dim 11:00-18:00 ; lun fermé.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les tableaux se trouvent à l’intérieur ; leur visite nécessitera donc une visite distincte du musée. Choisissez à l’avance les œuvres que vous souhaitez voir.
