Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les murs bas en pierre du palais
- Les salles de cave
- Le support de pierre du palais
L’histoire du lieu
Sous la Place Royale s’étendent des caves en pierre et les murs bas du palais du Coudenberg. Ils soutenaient les bâtiments sur le versant de la colline ; lorsqu’une nouvelle place avec des maisons apparut au-dessus, ce niveau inférieur se retrouva sous ses fondations. Le palais abritait la cour des gouvernants des Pays-Bas autrichiens : on y trouvait des appartements privés, des salles de réception et des cuisines. Sous la place ne subsistent aujourd’hui que les supports de pierre qui portaient autrefois le palais.
Dans la nuit du trois au quatre février mille sept cent trente et un, Marie-Élisabeth d'Autriche regagna les appartements privés du palais du Coudenberg. Elle était gouvernante des Pays-Bas autrichiens : elle vivait ici, recevait les ministres et administrait les terres au nom de son frère, l’empereur Charles VI.
Après une journée éprouvante, Marie-Élisabeth s’endormit sans donner l’ordre d’éteindre les bougies et les braseros. Le feu gagna les boiseries. Vers minuit, les pièces voisines s’embrasèrent.
Selon le protocole de la cour, personne n’avait le droit d’entrer sans autorisation dans les appartements privés de la gouvernante. Les serviteurs et les gardes du palais respectèrent cette interdiction même lorsqu’il fallait atteindre le foyer de l’incendie. La milice urbaine, vite venue prêter secours, fut repoussée loin du palais dans la confusion. L’eau gelait, et les pompes à bras ainsi que les seaux de cuir manquaient.
Un grenadier enfreignit pourtant le protocole : il enfonça les portes des appartements et emporta Marie-Élisabeth. Elle survécut ; d’autres personnes moururent. Au matin, le feu avait détruit le principal corps de logis et les cuisines, où était installée la cour de la gouvernante.
Une enquête commença ensuite. Les témoins évitaient d’accuser directement Capellini, la camériste préférée de Marie-Élisabeth, qui se trouvait avec elle dans les appartements. Dans la conclusion officielle, les coupables furent les domestiques des cuisines. On leur attribua une négligence lors de la cuisson de confiture pour un grand bal prévu deux jours plus tard. Les pièces conservées du dossier montrent que cette version protégeait à la fois la gouvernante et sa favorite. Capellini ne fut pas désignée comme coupable, et Marie-Élisabeth conserva sa fonction jusqu’à sa mort.
La cour s’installa dans l’hôtel de Nassau voisin. Marie-Élisabeth elle-même préféra le château de Mariemont, où elle mourut dix ans plus tard. Elle fut la dernière gouvernante des Pays-Bas autrichiens à vivre au palais du Coudenberg.
Pendant encore environ quarante ans, les bâtiments calcinés furent appelés la Cour brûlée. Dans les années mille sept cent soixante-dix, l’impératrice Marie-Thérèse d'Autriche autorisa la démolition des restes du palais et le nivellement de la colline pour la nouvelle Place Royale. Les étages supérieurs furent démontés. Les salles basses, qui soutenaient les bâtiments sur le versant, furent comblées ou aménagées par les bâtisseurs pour servir de fondations aux nouvelles maisons.
Ce sont précisément ces caves et ces murs bas qui forment l’actuel site archéologique du Coudenberg. Les appartements de Marie-Élisabeth et la porte enfoncée par le grenadier ont disparu. Sous la place subsiste le support de pierre du palais, qu’après l’incendie on avait décidé de ne pas extraire de la colline.
Sur place
Mar-Ven 9:30-17:00 ; week-ends et juillet-août 10:00-18:00 ; Lun fermé.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.La visite souterraine se fait de manière autonome ; vérifiez à l’avance l’accès et tenez compte de la fraîcheur, des marches et du sol irrégulier.
