Étape 3 sur 7

Place Royale

Place Royale / Koningsplein

La cérémonie qui s’est déroulée ici expliquera pourquoi le monarque belge fait d’abord une promesse aux représentants du pays.

10 min
Statue équestre sur la Place Royale, avec les bâtiments qui l’entourent
-wuppertaler · CC BY 4.0; cropped/resized for app
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À remarquer

  • Statue équestre de Godefroy de Bouillon
  • Façade de l’église Saint-Jacques-sur-Coudenberg
  • Inscription sur le piédestal

L’histoire du lieu

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Au centre de la Place Royale, Godefroy de Bouillon lève une bannière au-dessus de sa tête. Pourtant, le jour le plus important de cette place, le cavalier de bronze n’était pas encore là. Le vingt et un juillet mille huit cent trente et un, on érigea devant l’église Saint-Jacques-sur-Coudenberg une galerie provisoire à colonnes. Un trône fut placé sous un dais blanc et or, et l’on inscrivit sur le fauteuil : « L’Union fait la force. » Les députés du Congrès national attendaient un homme qui demeurait encore un prince étranger.

Après la révolution, la Belgique proclama son indépendance du Royaume-Uni des Pays-Bas et adopta une constitution. Le nouvel État n’avait pas encore de roi, et Guillaume Ier des Pays-Bas ne comptait pas reconnaître la perte des provinces méridionales. Le Congrès élut Léopold Ier, roi des Belges, un prince allemand de quarante ans vivant en Angleterre. Il était veuf de Charlotte de Galles, princesse héritière britannique ; sa maison anglaise, son personnel et ses obligations étaient financés par une rente viagère accordée par le Parlement après leur mariage.

Léopold hésitait. La Constitution belge laissait au roi moins d’autonomie qu’il ne l’aurait souhaité, les frontières du pays étaient contestées et l’armée se composait encore d’anciennes unités et de volontaires. Avant son départ, il annonça qu’après avoir accepté le trône belge, il n’utiliserait pas la rente britannique pour lui-même. Elle pouvait servir à rembourser des dettes, à entretenir Claremont House, à verser des pensions à ses employés et à poursuivre les dons de charité de Charlotte défunte ; le reste devait être rendu au Trésor britannique. Il se rendait à Bruxelles depuis une vie anglaise assurée pour accepter une fonction dont l’existence dépendait de quelques lignes prononcées à voix haute.

Léopold entra sur la place à cheval, en uniforme de général belge. Il mit pied à terre près de la galerie. Le régent Surlet de Chokier, qui exerçait temporairement les fonctions de chef de l’État, remit ses pouvoirs devant le Congrès. Léopold jura alors d’observer la Constitution et les lois du peuple belge, de préserver l’indépendance du pays et l’intégrité de son territoire. On ne le couronna pas ici. Il devint roi des Belges après ce serment prêté aux représentants du pays.

La place ne fut pas choisie parce qu’elle offrait un espace vide commode. Elle fut construite entre mille sept cent soixante-seize et mille sept cent quatre-vingt-deux, à l’emplacement des ruines démontées du palais du Coudenberg. Sur le terrain déblayé, les États de Brabant décidèrent d’élever un monument à leur gouverneur, Charles de Lorraine. De là vient son nom : Royale, selon le modèle français des places d’apparat destinées aux statues de souverains, aux entrées solennelles et aux serments. En mille huit cent quinze, Guillaume Ier des Pays-Bas y prêta déjà serment. Seize ans plus tard, les députés belges installèrent devant la même église une nouvelle galerie provisoire et firent promettre au nouveau monarque fidélité à la Constitution qu’ils avaient rédigée.

Douze jours après la cérémonie, l’armée néerlandaise envahit la Belgique. Les unités belges battaient en retraite, et Léopold demanda une aide militaire au roi de France. L’armée française franchit la frontière ; Guillaume Ier des Pays-Bas retira ses troupes pour éviter une grande guerre. La reconnaissance définitive fut retardée jusqu’en mille huit cent trente-neuf. Les Pays-Bas reconnurent alors la Belgique indépendante, et les Belges durent céder une partie du Limbourg et du Luxembourg. Léopold conserva le trône et resta roi jusqu’à sa mort.

Godefroy de Bouillon n’occupa le centre de la place qu’en mille huit cent quarante-huit. Il était duc de Basse-Lotharingie et l’un des chefs de la première croisade. Après la prise de Jérusalem en mille quatre-vingt-dix-neuf, accompagnée du massacre massif de ses habitants, les croisés l’élurent dirigeant de la ville. L’inscription sur le piédestal appelle Godefroy le premier roi de Jérusalem, bien qu’il n’ait pas accepté le titre royal ; le premier roi couronné fut son frère, Baudouin Ier de Jérusalem.

L’État belge paya le monument. Les hommes politiques catholiques voyaient en Godefroy un défenseur de la foi, les libéraux une figure de l’histoire chrétienne commune ; plusieurs gouvernements successifs soutinrent la commande. Le jeune pays avait besoin d’un héros issu du passé des terres qu’il unissait désormais. On choisit pour lui la place où Léopold avait déjà prêté serment et fondé une nouvelle dynastie.

La galerie provisoire fut démontée. Tous les rois belges suivants prêtèrent déjà serment au Parlement. De la cérémonie de Léopold, il reste sur la place la façade de l’église devant laquelle se tenait le trône, ainsi qu’une date : depuis mille huit cent quatre-vingt-dix, le vingt et un juillet est célébré comme la Fête nationale belge.

Sur place

Temps sur place10 min
Point suivantsite archéologique du Coudenberg
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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Quartier royal : palais, musées et Mont des Arts » — 7 étapes, 1,3 km, 2,5 heures.

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