Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La tour du Beffroi
- Les arcades des Halles aux draps
- La double grille en fer forgé de l’ancienne trésorerie
L’histoire du lieu
Le Beffroi est la tour municipale au-dessus des Halles aux draps, un marché couvert où l’on conservait et vendait du tissu. Dans la Bruges médiévale, ces deux parties du bâtiment servaient les mêmes personnes. En bas, les marchands gagnaient de l’argent grâce à la laine anglaise et au drap flamand ; en haut, les employés de la ville conservaient le trésor, le sceau, les comptes et la charte où étaient consignés les droits des habitants.
Le commerce du drap était contrôlé par de riches familles de marchands de la Hanse flamande de Londres, une alliance liée à l’importation de laine anglaise. Des membres de ces mêmes familles occupaient des fonctions dans le gouvernement de la ville. Leurs rivaux se nommaient les Many. Ce groupe comprenait des marchands récemment enrichis, des artisans et quelques représentants mécontents de l’ancienne noblesse. Ils voulaient accéder aux fonctions et à l’argent de la ville. Les Many ne réclamaient pas l’égalité pour tous : un groupe aisé tentait d’en évincer un autre.
En août mille deux cent quatre-vingts, un incendie se déclara au Beffroi. Les contemporains soupçonnaient un incendie volontaire lié à la lutte entre les groupes urbains, mais rien ne le prouve. Le feu détruisit les archives, y compris la charte des privilèges de la ville. Ce rouleau définissait quelles affaires Bruges décidait elle-même et ce que la ville devait au comte de Flandre en échange. Après l’incendie, les habitants n’avaient plus l’ancien document qui permettait de confirmer les conditions antérieures.
Gui de Dampierre, récemment devenu comte de Flandre et désireux d’exercer davantage de contrôle sur les riches villes de son comté, en profita. Le premier octobre, les Many renversèrent les fonctionnaires municipaux, accusés de gestion malhonnête des comptes et de détournement de fonds. Le coup de force s’accompagna de pillages et d’incendies de maisons. Le comte fit entrer des troupes, rétablit les anciens dirigeants et condamna Bruges à une amende de quatre cents livres parisis ainsi qu’à un versement annuel permanent.
Gui de Dampierre accorda ensuite à la ville une nouvelle charte en remplacement de celle qui avait brûlé. La plupart des affaires de violence devaient désormais être examinées devant la cour comtale, et le comte se réservait l’adoption de nouvelles règles urbaines. Ainsi, l’incendie des archives lui donna la possibilité de redéfinir les relations avec Bruges selon ses propres conditions.
La nouvelle charte indigna davantage d’habitants que n’en avait initialement soutenu le coup de force. À l’été mille deux cent quatre-vingt-un, une seconde révolte éclata, cette fois contre les restrictions imposées par le comte. Elle fut de nouveau réprimée, plusieurs dirigeants du premier soulèvement furent exécutés, et les parties conclurent une trêve armée qui dura environ dix ans. Parmi les changements apportés alors, il resta l’obligation de vérifier chaque année les comptes de la ville avec des représentants de la communauté brugeoise.
Les documents médiévaux conservés au Beffroi avant l’incendie ont disparu à jamais. L’actuelle collection des comptes municipaux commence en mille deux cent quatre-vingts et se poursuit ensuite presque sans lacune jusqu’à la fin du dix-huitième siècle. Dans l’ancienne trésorerie, à l’intérieur de la tour, subsiste une double grille en fer forgé, installée seulement après le soulèvement, en mille deux cent quatre-vingt-onze ou mille deux cent quatre-vingt-douze. Derrière elle était conservée la nouvelle archive : l’ancienne charte n’y était déjà plus.
Sur place
Montée payante selon le calendrier de Visit Bruges / Musea Brugge ; le 28.06.2026, une fermeture due à la chaleur était indiquée.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Le récit extérieur ne nécessite pas d’entrée ; prévoyez l’ascension de la tour séparément et vérifiez l’accès à l’avance.
