Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Grande pelouse dégagée
- Charles Street
- Public Garden
L’histoire du lieu
L’actuelle grande pelouse préserve l’espace de Boston Common que les habitants ont acquis en mille six cent trente-quatre en prélevant six shillings auprès de chaque maison. Le terrain fut conservé comme pâturage collectif : on y amenait le bétail et la milice urbaine s’y exerçait. Le bord occidental du champ atteignait autrefois les eaux de marée de la Charles River. Aujourd’hui, Charles Street le longe et, là où l’eau clapotait, le Public Garden a été aménagé.
Vers dix heures du soir, le dix-huit avril mille sept cent soixante-quinze, des grenadiers britanniques, des fusiliers marins et de l’infanterie légère commencèrent à converger vers Boston Common depuis différentes casernes. C’étaient des soldats professionnels à la solde du roi. On leur annonça qu’un exercice était prévu ; les commandants ne reçurent le véritable ordre que juste avant le départ.
Boston Common était alors encore un champ ouvert. En mille six cent trente-quatre, les habitants imposèrent une contribution de six shillings à chaque maison de la ville et achetèrent ici le terrain de William Blackstone. Ils le réservèrent comme pâturage collectif — d’où le nom de « Boston Common ». On y faisait paître le bétail et l’on y entraînait la milice urbaine. Le bord occidental du champ descendait jusqu’aux eaux de marée de la Charles River.
Le général Thomas Gage, gouverneur militaire du Massachusetts et commandant de la garnison britannique, choisit ce champ pour une opération secrète. Il voulait priver ses adversaires de leurs armes avant qu’ils ne décident de s’en servir. Le lieutenant-colonel Francis Smith devait faire traverser la Charles River à plus de huit cents soldats, marcher jusqu’à Concord et détruire les canons, la poudre, les tentes et les provisions qui y avaient été rassemblés. Gage ordonna de passer par l’eau afin que la colonne ne traverse pas les rues de Boston sous les yeux des habitants.
Il fut impossible de dissimuler le rassemblement sur Boston Common, à découvert. Des observateurs virent les soldats et prévinrent le docteur Joseph Warren, chef du réseau de résistance de Boston : il devait avertir les propriétaires des dépôts et la milice locale. Warren envoya deux coursiers qu’il connaissait : l’orfèvre Paul Revere et le tanneur William Dawes. Ils gagnaient leur vie de leur métier et, cette nuit-là, tentaient d’échapper aux patrouilles britanniques. Revere fut arrêté plus tard, on lui prit son cheval et on le menaça de l’abattre, mais, à ce moment-là, d’autres messagers répandaient déjà l’alerte dans les petites villes voisines.
Au bord même de l’eau, Smith découvrit un autre problème : les marins n’avaient envoyé des chaloupes que pour la moitié du détachement. Les autres soldats attendirent environ deux heures leur retour, ici même. Sur l’autre rive, les fantassins débarquèrent dans une vasière soumise aux marées et, par endroits, avancèrent dans l’eau presque jusqu’à la taille. Ce n’est qu’après une heure du matin que la colonne trempée put se mettre en route vers Lexington et Concord. L’opération secrète accusait déjà un retard sur l’alerte donnée par Warren.
Le matin, les soldats rencontrèrent la milice rassemblée. Les tirs commencèrent, puis les Britanniques durent revenir sous les attaques tout au long de la route. Smith reçut une balle dans la cuisse ; on le transportait dans une voiture tandis que les simples soldats blessés marchaient à pied. Le soir venu, des dizaines de participants à l’expédition avaient été tués, des centaines étaient blessés ou portés disparus. Les survivants revinrent jusqu’à Boston, autour de laquelle des détachements armés de Nouvelle-Angleterre se rassemblaient déjà. Le siège dura onze mois et s’acheva par le départ de la garnison britannique.
La rive d’où partirent les chaloupes de Smith cette nuit-là n’existe plus. Charles Street longe la limite occidentale de Boston Common, et le Public Garden s’étend au-delà. En mille sept cent soixante-quinze, il y avait là des eaux de marée.
Sur place
Parc 6:30-23:00 ; accès piéton 24/7.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Aucune entrée n’est nécessaire ; choisissez un endroit à l’écart des chemins et gardez à l’esprit que le gibet et le Grand Orme n’ont pas survécu.
