Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Deux voiliers amarrés
- Des caisses factices en bois
- Le pavillon du musée au-dessus de l’eau
L’histoire du lieu
Le pavillon du musée se trouve sur le Congress Street Bridge, au-dessus de l’étendue d’eau du Fort Point Channel. Le tracé actuel du rivage passe sur l’ancien Griffin's Wharf, dont l’emplacement probable est associé à une zone plus proche de l’InterContinental Boston. Les reconstitutions du Beaver et de l’Eleanor sont amarrées au quai du musée ; il n’y a pas ici de reconstitution du Dartmouth. Lors de la visite, chacun reçoit le nom d’un véritable participant et une caisse factice.
Le soir du seize décembre mille sept cent soixante-treize, George Robert Twelves Hewes, cordonnier de Boston âgé de trente et un ans, vint à Griffin's Wharf pour détruire une cargaison qui ne lui appartenait pas. Il se barbouilla le visage et les mains de poussière de charbon ; ses vêtements devaient imiter la tenue d’un Mohawk. Hewes vivait de la réparation de chaussures et ne pouvait se permettre de participer ouvertement à un crime que la Couronne britannique pouvait considérer comme une trahison.
Le différend ne venait pas d’une hausse du prix du thé. Le Parlement autorisa la Compagnie britannique des Indes orientales, qui essuyait des pertes, à l’importer directement dans les colonies. Le prix baissait, mais la taxe, établie sans le consentement des assemblées élues par les colons, demeurait ; seuls des intermédiaires désignés par la compagnie pouvaient vendre le thé. L’acheter aurait signifié que les Bostoniens acceptaient à la fois la taxe et le monopole.
Le Dartmouth fut le premier à arriver ici, avec cent quatorze caisses de thé. La loi accordait vingt jours pour décharger et acquitter la taxe ; passé ce délai, les douaniers pouvaient confisquer le navire et la cargaison. Les organisateurs de la résistance obtinrent que le Dartmouth, puis l’Eleanor et le Beaver, restent ensemble à Griffin's Wharf, sous la garde des habitants de la ville.
Le jeune marchand Francis Rotch était responsable du Dartmouth. Il tenta de sauver le navire familial, de renvoyer le thé en Angleterre et de ne pas se retrouver coupable ni devant les douanes ni devant une assemblée de plusieurs milliers de Bostoniens. Le dernier jour du délai, environ cinq mille personnes l’envoyèrent demander à Thomas Hutchinson, gouverneur royal du Massachusetts qui voulait faire appliquer la loi, l’autorisation de quitter le port. Hutchinson refusa. Lorsque Rotch revint avec cette réponse, il ne restait plus d’issue légale.
Environ cent cinquante hommes déguisés se dirigèrent vers Griffin's Wharf. Sur le quai, ils se divisèrent en trois détachements et montèrent simultanément à bord des navires. Hewes fut désigné maître d’équipage, celui qui transmet les ordres et organise le travail sur le pont. Dans sa vieillesse, il se souvenait avoir demandé au capitaine les clés des écoutilles et des bougies. Le capitaine les lui remit, en demandant qu’on n’abîme ni le navire ni le gréement.
Certains participants tiraient les caisses hors des cales, d’autres les brisaient à coups de hache, d’autres encore jetaient le thé par-dessus bord. En trois heures, ils détruisirent les trois cent quarante-deux caisses. Les navires, les affaires de l’équipage et les autres marchandises restèrent intacts. Lorsqu’un participant, O'Connor, tenta d’emporter du thé dans ses poches et dans la doublure de son manteau, Hewes le saisit par le pan et l’arracha. Même voler une partie d’une cargaison condamnée aurait signifié transformer une action collective en simple pillage. Les participants remplacèrent ensuite l’unique serrure cassée par accident.
Après le déchargement, Hewes rentra chez lui sans chercher à connaître les noms des hommes des détachements voisins. Chacun devait garder son propre secret et répondre lui-même des conséquences. Il y eut très peu d’aveux personnels, mais c’est tout Boston qui fut puni. En mille sept cent soixante-quatorze, le Parlement ferma le port jusqu’au remboursement de la valeur du thé, limita l’autonomie du Massachusetts et introduisit des troupes dans la ville. Les délégués de douze colonies se réunirent au Premier Congrès continental afin d’élaborer une réponse commune. Au printemps de l’année suivante, les affrontements de Lexington et de Concord déclenchèrent la guerre. Hewes parvint à quitter Boston et servit sur des navires corsaires et dans la milice ; après la guerre, il gagna de nouveau sa vie de son métier et vécut modestement.
Griffin's Wharf lui-même n’existe plus. Les remblais ultérieurs du rivage ont recouvert le quai, et son emplacement le plus probable se trouve plus près de l’actuel InterContinental Boston. Le musée se trouve sur le Congress Street Bridge, au-dessus de la même étendue d’eau du Fort Point Channel. Le Beaver et l’Eleanor amarrés ici sont des reconstitutions de deux navires ; le troisième, le Dartmouth, ne figure pas parmi eux. Lors de la visite du musée, les visiteurs reçoivent les noms de véritables participants et sont invités à jeter par-dessus bord une caisse factice : à refaire le travail pour lequel le cordonnier Hewes avait eu besoin de poussière de charbon, de clés de cale et de la bougie de quelqu’un d’autre.
Sur place
Visites avec billet tous les jours de 10:00 à 17:00 ; le salon de thé et la boutique sont accessibles sans billet de musée.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les navires et le quai peuvent être observés depuis l’extérieur ; le programme du musée se déroule séparément et exige son propre billet.
