Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’inscription « Libre à tous »
- La cour intérieure
- La fontaine
- La bacchante en bronze
L’histoire du lieu
Sur le site du Back Bay récemment remblayé, l’État attribua à la ville un terrain pour le nouveau bâtiment de la Boston Public Library. Plus de quatre mille pieux de bois furent enfoncés sous celui-ci : l’ancien bâtiment était devenu trop petit, tandis que le bâtiment actuel abrite des collections de recherche et des collections spéciales, ainsi que des salles de lecture. Le prêt des livres et les programmes publics se déroulent dans le bâtiment voisin. Au fond du bâtiment se trouve une cour intérieure avec une fontaine.
Au-dessus de l’entrée centrale de la Boston Public Library est gravée cette devise : « Libre à tous ». Ces mots furent proposés par Joshua Bates, originaire des environs de Boston, qui grandit sans bibliothèque publique, étudia seul, puis fit fortune comme banquier à Londres. En mille huit cent cinquante-deux, il donna à la ville cinquante mille dollars pour acheter des livres. Bates exigea que la salle de lecture fût chaude, bien éclairée, qu’elle pût accueillir au moins cent cinquante personnes et qu’elle demeurât gratuite. La longue salle au plafond voûté en berceau, au deuxième étage, porte son nom.
La bibliothèque avait été fondée dès mille huit cent quarante-huit, mais son ancien bâtiment devint vite trop exigu. Le Massachusetts céda à la ville un terrain dans le Back Bay récemment remblayé. Pour le futur palais des livres, il fallut enfoncer plus de quatre mille pieux de bois. L’architecte Charles Follen McKim inaugura ce bâtiment en mille huit cent quatre-vingt-quinze. Aujourd’hui, il abrite les collections de recherche et les collections spéciales, ainsi que des salles de lecture ; le bâtiment voisin assure le prêt des livres et accueille les programmes publics.
Le projet le plus personnel de McKim se trouve dans la cour intérieure. En mille huit cent quatre-vingt-sept, sa femme, Julia Emory Appleton McKim, mourut en couches ; l’enfant ne survécut pas non plus. L’architecte décida d’installer en son souvenir une fontaine au centre de la cour. Pour elle, il choisit un bronze de son ami Frederick MacMonnies, un jeune sculpteur qu’il avait auparavant aidé financièrement et en lui passant des commandes. En reconnaissance de ce soutien, MacMonnies offrit à McKim la première fonte de la statue.
Une femme nue se tient sur une jambe, porte un nourrisson et lève au-dessus de lui une grappe de raisin. C’est une bacchante, compagne de Bacchus, le dieu antique du vin, et l’enfant est représenté sous les traits d’un petit faune. Le sculpteur avait conçu une danse et un mouvement brusque du corps. Une partie des habitants de Boston y vit une mère ivre qui mettait son enfant en danger.
L’Union chrétienne des femmes pour la tempérance, l’Association chrétienne des jeunes gens, une société de surveillance de la moralité et plusieurs associations religieuses commencèrent à recueillir des signatures contre la statue. La commission artistique municipale la rejeta d’abord. Les administrateurs de la bibliothèque obtinrent l’installation provisoire du bronze dans la fontaine afin que des spécialistes invités puissent le juger sur place. Sept experts votèrent pour son acceptation, deux contre ; après cela, la commission approuva elle aussi le don, par quatre voix contre une.
Les pétitions et la controverse dans les journaux se poursuivirent tout l’hiver et tout le printemps. En avril mille huit cent quatre-vingt-dix-sept, McKim retira lui-même le don afin de mettre fin à la pression exercée sur la bibliothèque. Les administrateurs acceptèrent. L’architecte envoya la statue au Metropolitan Museum of Art de New York, qui l’accepta et l’exposa. Le scandale apporta à MacMonnies de nombreux acheteurs pour des fontes réduites, mais le monument à sa femme conçu par McKim disparut de la cour qu’il avait créée.
Le Museum of Fine Arts, Boston acquit plus tard une autre fonte de Bacchante and Infant Faun. Lors de la restauration de la bibliothèque dans les années quatre-vingt-dix du vingtième siècle, une autre copie en bronze en fut réalisée pour la fontaine. L’original de McKim se trouve toujours à New York ; dans la cour de la bibliothèque se tient une copie de la copie de Boston.
Sur place
Vérifiez les horaires de la Central Library avant d’entrer.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.C’est une bibliothèque en activité : respectez le silence et n’occupez pas les places de travail pour prendre des photos. L’accès à certaines salles, aux peintures murales et à la cour peut dépendre de l’activité actuelle du bâtiment.
