Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- La promenade centrale
- Les chaussées latérales
- Les rangées d’arbres
- Le passage ouvert vers le Boston Public Garden
L’histoire du lieu
Les autorités ont transformé les hauts-fonds derrière le Boston Public Garden en terre ferme pour un nouveau quartier résidentiel. Entre deux rangées d’habitations passe une large bande verte, et devant les façades, de chaque côté, il reste encore vingt pieds de terrain. Sur cette nouvelle terre, on payait même en parcelles ceux qui apportaient le gravier pour le remblai.
La bande verte entre les deux chaussées s’appelle le Commonwealth Avenue Mall. Ici, le mot « mall » conserve son ancien sens : une promenade. Selon les règles initiales, les attelages et les chevaux devaient rester sur les voies latérales, tandis que le centre était réservé aux piétons, aux arbres et aux pelouses.
Cette largeur est née d’un différend sur l’argent. Au milieu du dix-neuvième siècle, les autorités du Massachusetts remblayèrent les hauts-fonds derrière le Boston Public Garden et comptaient vendre les nouvelles terres pour y construire des maisons. Elles payaient même en parcelles les entrepreneurs qui apportaient le gravier. Chaque pied cédé à une rue ou à un parc ne pouvait être mis aux enchères.
Le cinq novembre mille huit cent cinquante-six, Arthur Delavan Gilman, architecte bostonien qui défendait un plan cohérent pour le nouveau quartier, présenta son projet à une commission parlementaire. Gilman vivait de commandes architecturales : il tenait son propre cabinet et concevait des églises et des maisons particulières. Trois ans plus tôt, il s’était rendu à Londres et à Paris, et il proposa alors de tracer depuis le Boston Public Garden un large boulevard rectiligne, comparable par son effet spatial aux Champs-Élysées et à Unter den Linden.
Dans le projet précédent, cent vingt pieds étaient prévus pour la rue centrale. Gilman en exigea deux cents, proposant de consacrer toute l’augmentation à la promenade centrale. Les membres de la commission acceptèrent. Ils obligèrent aussi les propriétaires à implanter leurs façades vingt pieds plus en retrait de chaque côté. Entre les futures maisons, on obtint deux cent quarante pieds, soit environ soixante-treize mètres.
Deux ans plus tard, ce lien faillit être rompu dès son commencement. Les membres du conseil municipal envisagèrent de découper des parcelles à bâtir du côté est d’Arlington Street, le long du Boston Public Garden. Il ne serait resté du jardin qu’une seule ouverture en face de la promenade centrale, tandis qu’un mur de briques formé par les maisons aurait occupé le reste de la limite.
Gilman adressa une protestation au maire. Il avertissait que le futur gouvernement municipal devrait payer des millions pour enlever ce mur et rétablir le lien perdu. Les conseillers reculèrent, mais exigèrent d’être indemnisés pour le revenu de la vente qui n’aurait pas lieu. Boston reçut en échange deux autres parcelles plus à l’ouest, et les législateurs interdirent d’ériger entre Arlington Street et Charles Street des bâtiments autres que ceux nécessaires au jardinage. Au printemps de mille huit cent cinquante-neuf, les électeurs de la ville approuvèrent cet accord.
Le projet apporta aussi des commandes à Gilman : peu après, il participa à la construction de l’église d’Arlington et de plusieurs des premières maisons donnant sur la nouvelle avenue. Au début de celle-ci, une rangée de maisons ne vit jamais le jour. De l’autre côté d’Arlington Street subsista le bord ouvert du Boston Public Garden, et à l’ouest du jardin s’étend une bande de promenade large de cent mètres : une terre qu’on décida de ne pas vendre.
Sur place
Parc 6:30-23:00 ; accès piéton 24/7.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Des rues de la ville traversent l’allée ; franchissez-les lorsque le feu le permet. Pour ce récit, il suffit de suivre le chemin central et de s’arrêter devant les deux mémoriaux.
