Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’arche centrale
- Les espaces vides de chaque côté
- La travée du pont de Pierre
L’histoire du lieu
Fin décembre mille huit cent sept, des ouvriers municipaux commencèrent à démolir les deux passages latéraux de la porte de Bourgogne. La grande arche ne se dressait pas alors seule : de plus petites portes pour les piétons se trouvaient de chaque côté, et derrière elles se prolongeaient les façades identiques de la place. C’est par cet ensemble que l’on entrait dans la ville, et c’est là que l’on contrôlait la circulation des personnes et des marchandises. Le conseil municipal détruisit des passages encore en service pour la solennelle entrée d’un homme qui ne savait pas encore qu’il viendrait à Bordeaux.
Au milieu du dix-huitième siècle, l’intendant royal Louis-Urbain Aubert de Tourny ordonna de combler les anciens fossés et de remplacer la porte des Salinières médiévale. Elle reliait le quartier commerçant au port fluvial, lié à la vente du sel. La nouvelle arche conserva l’emplacement de l’ancienne entrée, mais reçut un nom de cour. Elle fut dédiée à Louis-Joseph-Xavier de France, jeune petit-fils de Louis XV qui portait le titre de duc de Bourgogne. C’est de là que vient la Bourgogne dans son nom.
Six jours après la proclamation de Napoléon Ier comme empereur, en mai mille huit cent quatre, le conseil municipal de Bordeaux décida d’ériger en son honneur un arc de triomphe. Le préfet proposa d’économiser : ne pas construire un nouvel édifice, mais transformer la porte de Bourgogne. On pourrait en même temps démolir des maisons vétustes et ouvrir une liaison entre les quartiers voisins.
Le grand marché fut confié au sculpteur lyonnais Joseph Chinard. Il conçut de placer au-dessus de la porte un buste colossal de Napoléon, qu’un aigle emporterait dans les airs ; des lions devaient reposer au-dessus des passages latéraux et deux reliefs apparaître sur la façade. Le conseil approuva le projet. On ne trouva pas l’argent nécessaire à son exécution. Chinard utilisa à Lyon le modèle qu’il avait préparé, et du projet bordelais il ne subsista qu’un seul relief en terre cuite.
Lorsque la visite de l’empereur devint certaine, les organisateurs municipaux choisirent une solution moins chère. Les passages latéraux en pierre furent démontés et l’arche centrale recouverte d’un décor temporaire. Le bois fut peint couleur bronze, des trophées militaires furent représentés sur des toiles et les victoires de Napoléon furent énumérées sur des boucliers. À la fin de février mille huit cent huit, l’ancienne porte de la ville était devenue un Arc Napoléon solitaire.
L’empereur se rendait à Bayonne pour intervenir dans une querelle de la famille royale espagnole. Bordeaux préparait son accueil, mais le soir du quatre avril, Napoléon arriva sans suite et se rendit inaperçu à la préfecture. Après la chute de l’Empire, les aigles de bois, les toiles et le nom d’Arc Napoléon disparurent. La porte retrouva sa dédicace au duc de Bourgogne. Les passages latéraux ne furent pas reconstruits : les espaces vides de chaque côté de l’arche sont la seule partie du projet napoléonien exécutée dans la pierre.
Sur place
Le monument se visite de l’extérieur à toute heure ; les passages et le plan de circulation autour de la place peuvent changer pendant les travaux sur le pont.
Vérifié : 30 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il vaut mieux observer la porte depuis une courte distance, sans s’attarder sur la chaussée. Les sculptures prévues pour le sommet ne furent jamais installées : inutile d’en chercher des traces sur la pierre.
