Étape 7 sur 8

Grosse Cloche

Grosse Cloche

La cloche de la ville relie une révolte, la suppression de privilèges et la tentative des habitants de réapprendre à déterminer l’heure.

15 min
Tour de la Grosse Cloche avec une arche et la cloche municipale.
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0 sur 8 terminé

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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Deux tours rondes
  • Toits pointus
  • Passage de l’ancienne porte
  • Cloche au-dessus du passage

L’histoire du lieu

Taille du texte

De l’ancien hôtel de ville de Bordeaux, il ne reste que deux tours rondes et le passage voûté de la porte Saint-Éloi. La Jurade de Bordeaux, le conseil municipal des magistrats, siégeait dans l’hôtel de ville, et cette porte permettait d’entrer dans la ville. Au-dessus de l’arche est suspendue la cloche de bronze Armande-Louise, fondue en mille sept cent soixante-quinze et pesant environ sept mille sept cent cinquante kilogrammes. C’est son nom qui a fini par désigner tout ce qui reste de l’hôtel de ville : la Grosse Cloche.

Le deux juillet mille cinq cent quarante-neuf, le professeur de mathématiques Élie Vinet revint du Portugal à Bordeaux. Ici, au Collège de Guyenne, il gagnait sa vie en donnant des leçons et comptait reprendre sa chaire. La ville qu’il connaissait lui réservait une tâche inhabituelle : il n’y avait presque plus d’endroits où connaître l’heure. Les soldats du roi avaient enlevé l’horloge de la ville et détruit les cloches. Les Bordelais commencèrent à fabriquer des cadrans solaires, mais rares étaient ceux qui savaient les tracer correctement.

Le coup principal avait frappé les tours devant Vinet. Elles étaient alors attenantes à l’ancien hôtel de ville, où siégeaient les jurats, les magistrats municipaux. Ils disposaient de la cloche au-dessus de la porte Saint-Éloi. Ses coups rassemblaient les habitants, avertissaient des incendies et ouvraient les vendanges. Pour un vigneron, ce signal valait une récolte : quiconque commençait à vendanger avant le jour fixé risquait une amende et la confiscation des grappes récoltées. La cloche de la ville déterminait quand les habitants devaient aller aux champs et dans quel ordre acheminer le raisin aux pressoirs.

En mille cinq cent quarante-huit, le roi Henri II tenta d’étendre à la Guyenne la gabelle, l’impôt sur le sel. Le sel était nécessaire chaque jour pour conserver la viande et le poisson ; cette taxe touchait donc aussi bien les paysans que les marchands urbains. La révolte, commencée dans les environs, atteignit Bordeaux. Une foule tua Tristan de Moneins, le représentant du roi, qui était sorti négocier avec les insurgés.

Le roi envoya à Bordeaux Anne de Montmorency, le connétable, commandant en chef de l’armée royale. Montmorency devait punir la ville et la priver de ses anciens privilèges. Il dissout la Jurade de Bordeaux, le conseil municipal des magistrats, retira aux magistrats les clés des portes et ordonna de commencer la démolition de l’hôtel de ville. Ici, ses hommes enlevèrent les toits pointus des tours, jetèrent à bas l’horloge et descendirent la cloche. D’autres cloches de la ville furent également descendues, emportées au Château Trompette ou brisées.

C’est ainsi que Vinet vit les conséquences de la répression quelques mois plus tard. Le professeur de mathématiques y répondit par son métier : il rédigea un guide pratique des cadrans solaires. Il y expliquait comment tracer les lignes horaires et installer un cadran afin que les habitants puissent déterminer l’heure sans les mécanismes des tours. Le livre fut ensuite réédité encore plusieurs fois.

Les sanctions furent levées progressivement. En mille cinq cent cinquante-six, Henri II autorisa à recouvrir les tours de toits, et en mille cinq cent soixante et un, Charles IX permit le retour de la sonnerie des cloches. La cloche d’origine en bronze ne nous est pas parvenue. La cloche au-dessus du passage fut fondue en mille sept cent soixante-quinze et nommée Armande-Louise ; elle pèse environ sept mille sept cent cinquante kilogrammes. Son nom passa à l’ensemble de l’édifice : la Grosse Cloche. De l’hôtel de ville que Montmorency avait commencé à démolir, il reste deux tours rondes et le passage de l’ancienne porte Saint-Éloi.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantÉglise Saint-André / Tour Pey-Berland
Entréeextérieur + sur réservation

Extérieur — à tout moment. Visite officielle — à partir de 6 euros, environ 30 minutes, uniquement avec un guide ; l’intérieur compte beaucoup de marches et des passages étroits. Les enfants de moins de 6 ans ne sont pas admis sur le parcours intérieur.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne comptez pas entendre Armande-Louise lors d’une visite ordinaire : le sens de cette étape ne dépend pas de sa sonnerie. Les espaces de prison et la cloche elle-même font partie de la visite intérieure, qu’il faut prévoir séparément.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Laissez l’arche de la cloche et montez vers la place de la cathédrale et le clocher isolé.

Étape 7 sur 8Ensuite : Église Saint-André / Tour Pey-Berland

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Bordeaux de pierre entre la Garonne et la cathédrale » — 8 étapes, environ 3,2 km, 2,5–3 heures.

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