Étape 8 sur 8

Église Saint-André / Tour Pey-Berland

Cathédrale Saint-André / Tour Pey-Berland

La dernière étape expliquera la séparation entre l’église et le clocher, resté sans cloches pendant plusieurs siècles.

25 min
L’Église Saint-André et la Tour Pey-Berland indépendante sur une place à Bordeaux.
Zairon · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Église Saint-André
  • Clocher indépendant
  • Espace entre la tour et l’église
  • Ouverture ogivale dans le mur nord

L’histoire du lieu

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À l’intérieur de l’église se trouvait le siège de l’évêque, dont vient le qualificatif de cathédrale : c’est de là que l’on gouvernait tout le diocèse. Le haut clocher qui se dresse à côté est séparé de l’église pour une raison tout à fait terrestre. Sous l’église s’étendaient d’anciens terrains marécageux et cours d’eau, et le lourd balancement des cloches risquait d’endommager sa maçonnerie. On choisit pour la tour un emplacement dans l’ancien cimetière et, plus tard, on perça une grande arcade ogivale dans le mur nord afin d’y faire monter les cloches.

Le treize octobre mille quatre cent quarante, l’archevêque Pey Berland posa près de l’église un clocher indépendant. Pey est la forme gasconne du prénom Pierre. Fils d’un riche paysan du Médoc, il commença son service ecclésiastique comme secrétaire et assistant du trésorier auprès du chapitre cathédral, puis devint archevêque de Bordeaux en mille quatre cent trente. C’est précisément grâce au siège de Saint-André qu’il obtint ses revenus, son rang et le droit de gouverner le diocèse.

La cathèdre désigne le siège de l’évêque, d’où le mot « cathédral » : Saint-André servait d’église principale de tout le diocèse. L’église est dédiée à saint André, pêcheur galiléen, frère de l’apôtre Pierre et l’un des premiers disciples du Christ. Des sources tardives rapportent son exécution dans la ville grecque de Patras. On ignore avec certitude pourquoi l’église de Bordeaux reçut précisément cette dédicace. Les chanoines médiévaux racontaient que saint Martial avait vu en rêve le martyre d’André et fondé ici même une église ce jour-là. C’est une tradition, et non l’histoire établie de l’édifice.

Pey Berland avait besoin de grandes cloches, mais l’église se dressait sur un sol fragile, au milieu d’anciens marécages et cours d’eau. Le poids et le balancement des cloches risquaient d’endommager la maçonnerie. L’archevêque ordonna d’élever la tour à distance, dans le cimetière de l’église, au-dessus d’une chapelle contenant un ossuaire. C’est ainsi qu’apparut l’espace qui sépare encore aujourd’hui le clocher de la partie orientale de Saint-André.

La construction commença à une époque où Bordeaux et l’Aquitaine appartenaient aux Plantagenêts anglais. Pey Berland soutenait cet ordre et défendait les privilèges de la ville. En mille quatre cent cinquante et un, les troupes du roi de France Charles VII s’approchèrent de Bordeaux. La ville accepta de se rendre. Le trente juin, l’archevêque, accompagné des principaux habitants, prêta serment à Charles à l’intérieur de Saint-André. L’église fut choisie parce que le chef de l’Église locale pouvait y sceller publiquement l’accord, tandis que la partie française confirmait en échange les privilèges de Bordeaux.

Un an plus tard, les Bordelais laissèrent de nouveau entrer l’armée anglaise. Après sa défaite à Castillon-la-Bataille, les Français occupèrent la ville une seconde fois. Cette fois, le serment précédent ne sauvait plus l’archevêque : on le considérait comme un homme du Bordeaux anglais. En mille quatre cent cinquante-six, Pey Berland fut contraint de quitter son siège et remplacé par un proche du roi de France. Deux ans plus tard, il mourut.

La tour conserva son nom, mais ne put remplir sa fonction de son vivant. Le changement de couronne et la fin de la guerre de Cent Ans retardèrent l’installation des cloches de plusieurs siècles. Les étages vides furent divisés en logements. Vers mille sept cent quatre-vingt-dix, on envisagea de démolir la tour pour élargir les rues ; les habitants obtinrent sa conservation, après quoi l’édifice fut vendu et transformé en fabrique de plombs de chasse.

En mille huit cent cinquante et un, le cardinal Ferdinand Donnet racheta la tour et la rendit à l’église. Pour y faire monter les cloches, on perça une grande arcade ogivale dans le mur nord. Le premier énorme bourdon était fissuré et sonnait faux. Il fut refondu et, en mille huit cent soixante-neuf, l’actuel Ferdinand-André de huit tonnes apparut sur la tour.

Sur le contrefort nord subsiste une inscription relative à la première pierre de Pey Berland. À côté, on voit l’ouverture qu’il fallut ménager quatre cents ans plus tard, lorsque les cloches furent enfin introduites dans la tour vide. Entre elle et l’église demeure la distance calculée par l’archevêque : les cloches sonnent pour Saint-André sans faire osciller ses murs.

Sur place

Temps sur place25 min
Point suivantFin de l’itinéraire
Entréeentrée libre + avec billet

Église Saint-André publie ses horaires saisonniers ; à la date de vérification, le régime était valable jusqu’au 30 juin 2026 : lundi 14:00-19:00, mardi—samedi 10:00-12:00 et 14:00-19:00, dimanche 09:30-12:15 et 14:00-18:00. Tour Pey-Berland : billet 9 euros, entrée selon un créneau électronique ; vérifiez les horaires et les fermetures imprévues le jour de l’ascension.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Observez l’église et la Tour Pey-Berland comme deux édifices indépendants. L’entrée dans l’église dépend de sa vie religieuse, tandis que l’ascension de la tour exige une décision distincte ; pour achever l’itinéraire, il suffit de passer entre elles et de comparer leur échelle.

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Où aller ensuite ?

Terminez la promenade dans l’espace entre l’église et la tour, où tout l’itinéraire se rejoindra dans l’histoire de deux cloches bordelaises.

Étape 8 sur 8Fin de l’itinéraire

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Bordeaux de pierre entre la Garonne et la cathédrale » — 8 étapes, environ 3,2 km, 2,5–3 heures.

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