Étape 2 sur 8

Grand Théâtre

Grand Théâtre de Bordeaux

La salle d’opéra servira au parcours comme lieu où une dispute parlementaire mit fin à la carrière de député d’un écrivain.

15 min
Façade du Grand Théâtre de Bordeaux avec sa colonnade et ses sculptures.
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Douze colonnes corinthiennes
  • La façade derrière la colonnade
  • Les loges de la salle

L’histoire du lieu

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La colonnade de douze colonnes corinthiennes donne sur la place, et derrière elle se trouve la grande salle de l’Opéra national de Bordeaux. Elle fut construite après l’incendie de la scène précédente : le gouverneur de Guyenne commanda le projet à l’architecte parisien Victor Louis, bien que les magistrats de la ville fussent favorables à une autre option. En mille sept cent quatre-vingts, le rideau se leva dans le nouveau théâtre, et depuis lors ses loges et son parterre servent l’opéra et le ballet.

En février mille huit cent soixante et onze, les fauteuils du parterre du Grand Théâtre furent recouverts d’un plancher continu, au niveau de la scène. Sur la scène, on installa la table du président, les places des secrétaires et la tribune parlementaire. Les loges furent attribuées aux députés, et devant elles on disposa en rangées des bancs garnis de velours rouge. L’architecte Edmond de Joly transformait à la hâte la salle d’opéra en salle de l’Assemblée nationale.

On avait choisi le plus vaste bâtiment public de Bordeaux. Après la défaite de la France dans la guerre contre la Prusse, Paris restait encerclé et la délégation gouvernementale s’était repliée à Bordeaux. Les députés tout juste élus devaient décider s’ils acceptaient les conditions de paix et former un nouveau gouvernement.

Le théâtre servait alors la ville depuis presque quatre-vingt-dix ans. Après l’incendie de l’ancienne salle, le gouverneur de Guyenne, le duc de Richelieu, confia la commande à l’architecte parisien Victor Louis, bien que les magistrats de la ville soutinssent un autre projet. En mille sept cent quatre-vingts, une nouvelle scène y ouvrit avec une salle immense pour l’époque. Aujourd’hui encore, derrière les douze colonnes corinthiennes, se jouent les opéras et les ballets de l’Opéra national de Bordeaux. Ce sont précisément les dimensions et la disposition de cette salle qui permirent d’y installer des centaines de députés en mille huit cent soixante et onze.

Parmi les élus se trouvait Giuseppe Garibaldi, républicain italien et commandant d’une armée de volontaires, venu combattre pour la France. Il n’avait même pas présenté sa candidature, mais les électeurs de quatre départements lui avaient accordé des mandats. Garibaldi voulait soutenir la république de son vote, puis renoncer à son mandat : il restait citoyen d’Italie et ne comptait pas faire carrière au Parlement français.

Lors de la première séance, le président lut sa déclaration de démission. Garibaldi demanda la parole pour expliquer sa décision et remercier les électeurs, mais le président la lui refusa. Le général quitta le théâtre, et les habitants de la ville ainsi que les gardes nationaux rassemblés au pied des marches l’acclamèrent.

Trois semaines plus tard, les députés revinrent sur ses élections. Le candidat battu par Garibaldi en Algérie demanda que l’Italien fût déclaré inéligible et que le siège devenu vacant fût attribué à ce candidat sans nouveau vote. Le motif était simple : Garibaldi n’était pas citoyen français.

Victor Hugo monta alors à la tribune construite sur la scène : écrivain, député du département de la Seine et républicain convaincu. Pour avoir résisté au régime de Napoléon III, il avait passé dix-neuf ans en exil et n’était revenu en France qu’après la chute de l’Empire. Ce nouveau mandat était sa première fonction obtenue par élection depuis son retour.

Hugo rappela que les États européens n’étaient pas venus au secours de la France, tandis que l’Italien Garibaldi était venu et avait combattu. Des députés des bancs de droite se mirent à crier que le général n’avait fait que feindre de participer à la guerre. L’un d’eux déclara que les paroles de Hugo insultaient le pays ; un autre lança que l’Assemblée ne voulait pas écouter un tel français.

Hugo tenta à plusieurs reprises d’achever son discours. Enfin, il dit que les députés avaient d’abord refusé d’entendre Garibaldi et qu’ils refusaient maintenant de l’écouter lui-même, puis il annonça sa démission. Descendu de la tribune, il prit une plume au sténographe et, debout au bord de sa table, écrivit sa déclaration. Le président lui proposa de réfléchir à son geste, mais Hugo répondit qu’il ne reviendrait plus dans cette salle.

Garibaldi n’obtint jamais de siège à l’Assemblée française. Le mandat de député de Hugo s’acheva ici, à la tribune provisoire dressée sur la scène du théâtre. Le plancher au-dessus du parterre, les bancs rouges et les tables des sténographes furent ensuite démontés. Dans les loges, les spectateurs sont de nouveau assis, et à l’emplacement de la tribune parlementaire, on installe des décors.

Sur place

Temps sur place15 min
Point suivantPlace de la Bourse
Entréeextérieur + sur réservation

Extérieur — à tout moment. Visite officielle par l’Office de Tourisme — à partir de 10 euros, environ 50 minutes, sur réservation ; le premier dimanche du mois, le bâtiment est habituellement ouvert gratuitement de 14:00 à 18:00.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

La colonnade et les figures révèlent bien le projet sans qu’il soit nécessaire d’entrer. L’intérieur bleu, blanc et or ne se voit qu’avec un accès séparé ; prévoyez donc une visite guidée ou une représentation indépendamment de la promenade.

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Où aller ensuite ?

Descendez du théâtre vers le fleuve et continuez vers le sud le long des quais.

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Bordeaux de pierre entre la Garonne et la cathédrale » — 8 étapes, environ 3,2 km, 2,5–3 heures.

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