Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Entrées des boutiques au ras de la chaussée
- Vitrine de poisson
- Plaque portant le mot « Vecchie »
L’histoire du lieu
Le mot « Vecchie », « Anciennes », dans le nom de la rue s’est imposé après le transfert des vendeurs de poisson dans un nouveau local entre Via Orefici et Mercato di Mezzo. Ici est resté l’ancien tronçon du marché aux poissons, où, le matin, on apportait des paniers de marchandise et où les transactions de gros cédaient la place à la vente au détail aux habitants. Les vendeurs venus d’ailleurs et la corporation urbaine se partageaient le droit aux heures de vente les plus rentables, et les marchands de la corporation s’efforçaient de retarder l’enregistrement de la marchandise des autres. La vitrine de poisson maintient encore cette rue dans son ancienne activité.
Sur Via Pescherie Vecchie, des locaux commerciaux médiévaux donnent toujours directement sur la chaussée. On les appelait « buse » — des fosses : derrière la pièce où l’on vendait la marchandise se trouvait une cave destinée à conserver les aliments au frais. Beaucoup de ces locaux sont désormais occupés par des fruits et des légumes, mais l’une des boutiques vend toujours du poisson.
Au début du quinzième siècle, une confrérie religieuse, qui avait fondé l’hôpital voisin de Santa Maria della Vita, aménagea ces boutiques dans ses propres maisons. Les locaux étaient loués à des marchands de poisson. L’hôpital recevait de l’argent et une partie du loyer sous forme de denrées : chaque année, il avait droit à cinq paires de chapons et à cent quatre livres de poisson — un peu moins de trente-huit kilogrammes.
Pour les membres de la corporation bolonaise des poissonniers, ces locataires étaient des concurrents. On les appelait poissonniers par ancienne tradition ; la plupart ne pêchait pas le poisson, mais l’achetait à des fournisseurs de Ferrare, de Comacchio et d’autres lieux, puis le revendait frais, salé, fumé ou frit. Leurs revenus dépendaient du droit exclusif au commerce de détail. Les propriétaires des boutiques de sous-sol empêchaient de transformer ce droit en monopole.
La corporation exigea qu’il soit interdit aux concurrents de vendre du poisson. En mille quatre cent quarante-six, les magistrats urbains répondirent en dissolvant la corporation elle-même et en autorisant le libre commerce. Ses anciens membres perdirent leur accès exclusif aux acheteurs, tandis que les locataires de l’hôpital conservèrent leurs boutiques. Les poissonniers tentèrent plusieurs fois de rétablir leur organisation. Quarante-deux ans plus tard, ils y parvinrent : en mille quatre cent quatre-vingt-huit, les magistrats approuvèrent de nouveaux statuts et accordèrent de nouveau à la corporation un droit préférentiel de vendre du poisson. Les documents mentionnèrent alors pour la première fois Ruga delle Pescherie, la rue des boutiques de poisson, comme le seul endroit où il était permis de vendre chaque jour du poisson frais.
Le matin, les fournisseurs arrivaient ici avec des paniers, vendaient leur marchandise en gros aux marchands de la corporation, puis proposaient le reste aux habitants. Les membres de la corporation s’efforçaient de retarder aussi longtemps que possible le pesage et l’enregistrement du poisson des autres. Tant que les formalités traînaient, les premières heures de vente, les plus rentables, restaient à eux.
En mille sept cent trente-sept, les sénateurs bolonais rouvrirent le marché à tous les vendeurs. La corporation cessa alors d’exister, et les marchands venus d’ailleurs obtinrent le libre accès aux acheteurs. Les boutiques de poisson restèrent ici encore quatre-vingts ans. Lorsque les vendeurs furent transférés en mille huit cent dix-sept dans un nouveau local entre Via Orefici et Mercato di Mezzo, les Pescherie Nuove d’autrefois — les Nouvelles boutiques de poisson — commencèrent à être appelées Pescherie Vecchie, les Anciennes. Les caves, le poisson dans l’une des vitrines et le mot « Vecchie » sur la plaque de rue sont restés en place.
Sur place
Rue publique en accès libre ; les horaires des boutiques et étals individuels changent.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Mieux vaut s’arrêter au bord de la rue : les déchargements, les clients et les visiteurs se partagent sans cesse le même passage.
