Étape 4 sur 8

placette du Rosaire et cloître du Rosaire

Plazoleta del Rosario / Claustro Universidad del Rosario

Vous comprendrez ici pourquoi il a fallu défendre l’ancien collège contre l’ordre même après la mort de son fondateur.

18 min
placette du Rosaire et cloître du Rosaire
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • L’ancienne façade universitaire
  • Le fronton de la chapelle La Bordadita
  • Notre-Dame et l’Enfant
  • La figure agenouillée du fondateur

L’histoire du lieu

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Derrière l’ancienne façade universitaire, quelques boursiers vivaient autrefois avec un entretien complet. Le collège formait des théologiens, des juristes et des médecins issus de la noblesse laïque locale, et les revenus des domaines qui lui avaient été transmis finançaient son fonctionnement. Au-dessus de l’entrée de la chapelle La Bordadita, Notre-Dame et l’Enfant occupent le centre du fronton ; plus bas, la figure du fondateur se tient agenouillée devant eux.

La placette du Rosaire et la façade qui la borde appartiennent à des époques différentes. La place n’a été créée qu’en mille neuf cent soixante-quatorze, après la démolition d’un îlot urbain qui se trouvait ici. Aujourd’hui, des étudiants, des enseignants, des commerçants et des employés des institutions voisines la traversent. Le nom de la place reprend celui de sa voisine, plus ancienne de trois siècles : le cloître du Rosaire, l’ancien bâtiment de l’actuelle université du Rosaire.

Le mot « Rosaire » désigne ici la prière du Rosaire. Le moine dominicain Cristóbal de Torres, archevêque de Santa Fe de Bogota, vouait une dévotion particulière à la Vierge Marie sous ce nom et lui dédia le collège qu’il projetait. Dans la chapelle La Bordadita, Notre-Dame du Rosaire et l’Enfant occupent le centre du fronton, tandis que Torres lui-même est représenté plus bas, agenouillé.

L’archevêque voulait y former de futurs théologiens, juristes et médecins issus de l’élite laïque locale. À Santa Fe de Bogota, les dominicains et les jésuites se disputaient déjà le droit de délivrer des grades universitaires ; Torres entendait soustraire le nouveau collège à la rivalité des deux ordres. Il obtint l’autorisation de la Couronne espagnole, investit ses propres biens dans l’institution et lui transmit des domaines dont les revenus devaient entretenir les étudiants.

En mille six cent cinquante-trois, les premiers boursiers furent installés dans le cloître. On les appelait les colegiales : ils recevaient un entretien complet et pouvaient vivre ici jusqu’à la fin de leurs études, soit environ sept ans. Le nombre de places dépendait des revenus du collège et ne dépassait habituellement pas quinze. C’était un cercle étroit de jeunes hommes dont l’origine répondait aux exigences coloniales de la noblesse laïque.

Torres confia les premiers postes de recteur et de vice-recteur à deux frères dominicains. Les dirigeants de l’ordre estimèrent qu’avec ces nominations, l’archevêque leur avait aussi transmis le collège tout entier, et ils tentèrent de le rattacher à leurs établissements d’enseignement. Torres révoqua cette nomination. Il chargea de diriger le collège Cristóbal de Araque, son administrateur spirituel de confiance, qui devait préserver l’institution pour les boursiers.

L’archevêque rédigea ensuite les constitutions du collège. Il y fixa l’organisation de l’enseignement, la gestion des biens et l’élection des dirigeants. Les colegiales eux-mêmes obtinrent le droit de participer à la nomination du recteur. Pour un collège colonial, c’était une organisation rare : les étudiants qui vivaient de ses ressources décidaient en même temps qui administrerait ces ressources.

Le sept juillet mille six cent cinquante-quatre, Torres, gravement malade, signa son testament. Il légua au collège le reste de ses revenus d’archevêque, nomma de nouveau Araque recteur et exigea que le procès contre les dominicains se poursuive. Il demanda séparément à être enterré dans la chapelle d’ici. Le lendemain, le fondateur mourut sans connaître l’issue du conflit.

Araque s’efforça encore dix ans de faire respecter sa volonté. En mille six cent soixante-deux, il se rendit à Madrid et présenta l’affaire à la cour royale. Deux ans plus tard, la Couronne approuva les constitutions, reconnut Araque comme recteur et rejeta les prétentions de l’ordre dominicain sur le collège. Araque accomplit sa mission, mais ne revint pas à Santa Fe de Bogota : il mourut à Madrid.

Derrière l’ancienne façade, l’université fonctionne toujours. Les quinze colegiales et le conseil universitaire élisent encore aujourd’hui le recteur au scrutin secret pour quatre ans. Une autre volonté de Torres fut exécutée plus tard : en mille sept cent quatre-vingt-treize, ses restes furent transférés de la cathédrale primatiale de Colombie à la chapelle La Bordadita. Ils reposent sous le même fronton où le fondateur est représenté agenouillé devant Notre-Dame du Rosaire.

Sur place

Temps sur place18 min
Point suivantplace Bolívar
Entréede l’extérieur

La petite place ouverte est librement accessible ; les espaces intérieurs de l’université du Rosaire dépendent des horaires du campus.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Le cloître appartient à une université en activité : observez-le uniquement depuis les zones auxquelles l’accès est autorisé ; la placette se découvre aussi depuis l’extérieur.

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