Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Les lettres « Barcino » en bronze et en aluminium
- Les tours romaines et un tronçon du mur
- Le passage latéral conservé des portes
- L’arche de pierre de l’aqueduc
L’histoire du lieu
En face de la Plaça Nova, deux tours de pierre des portes nord-ouest de l’ancienne Barcino ont été conservées. Les chariots entraient entre elles par le milieu, tandis que deux passages étroits sur les côtés étaient réservés aux piétons ; l’un d’eux existe encore aujourd’hui. D’ici, une rue romaine menait au forum, qui occupait l’emplacement de l’actuelle Plaça de Sant Jaume, et le Carrer del Bisbe en conserve la direction. Deux aqueducs arrivaient également ici, depuis le fleuve Besòs et les pentes de Collserola ; l’arche près de la tour de gauche en montre le tracé, bien que seuls ses pierres soient anciennes.
Les sept lettres de la place avaient été conçues comme une barrière pour les automobiles. En mille neuf cent quatre-vingt-onze, Barcelone se préparait aux Jeux olympiques, et l’architecte Rafael de Cáceres, qui dirigeait le département municipal des projets urbains, cherchait une alternative aux bornes de pierre ordinaires. Sa mission était tout à fait fonctionnelle : séparer la chaussée de l’espace piétonnier. Il proposa au poète Joan Brossa de la résoudre ; celui-ci travaillait avec les lettres comme avec des objets.
Brossa choisit le nom de la ville. Comme on parlait particulièrement beaucoup de Barcelone avant les Jeux olympiques, il écrivit son ancien nom : Barcino. Ce nom faisait partie du long titre officiel de la colonie romaine fondée sous l’empereur Auguste entre l’an quinze et l’an dix avant notre ère. Brossa imagina des corps différents pour les sept lettres : il transforma le « A » en pyramide et plaça au-dessus un signe d’accent, fit du « C » un croissant de lune, du « O » un soleil, et donna au « N » en aluminium la forme d’une voile méditerranéenne. Les autres lettres furent coulées en bronze.
Le nom a été choisi précisément pour cet endroit en raison des tours de pierre d’en face. Entre elles se trouvait l’entrée nord-ouest de Barcino. Les chariots passaient par sa large ouverture centrale, et les piétons par deux passages latéraux. L’un de ces passages latéraux est conservé. Derrière les portes commençait une rue romaine dont le Carrer del Bisbe reprend la direction actuelle. Elle menait au forum de la ville, à l’emplacement de la Plaça de Sant Jaume.
Deux aqueducs arrivaient également ici : l’un depuis le fleuve Besòs, l’autre depuis les pentes de Collserola. L’arche de pierre près de la tour de gauche en indique la direction, mais elle n’est ancienne que par son matériau : l’archéologue Josep Serra-Ràfols proposa d’assembler cette reconstitution en mille neuf cent cinquante-huit. Des Romains subsistent des parties des portes, du mur et des tours.
Pendant que Brossa préparait les lettres, la municipalité renonça à les utiliser pour la circulation automobile et installa des bornes ordinaires. Le projet de Rafael de Cáceres comme dispositif routier n’aboutit pas. On proposa d’abord à Brossa d’aligner l’œuvre le long du mur des archives municipales et de l’entourer de gazon ; mais dans la version définitive, les lettres furent placées en travers de l’espace ouvert afin qu’on puisse les contourner de tous les côtés.
En mille neuf cent quatre-vingt-quatorze, le mot métallique fut installé à la limite de la Plaça Nova et de l’Avinguda de la Catedral. Les automobiles sont arrêtées par des bornes distinctes, tandis que les sept anciennes barrières se dressent devant les portes de la ville dont elles composent le nom.
Sur place
Ouverte en permanence ; les murs et l’aqueduc sont accessibles de l’extérieur.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les principaux détails sont visibles depuis la place. Distinguez l’arche reconstruite des fragments authentiques du mur.
