Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le terrain dégagé
- Le Grand Palais royal au bord de la place
L’histoire du lieu
Pendant la majeure partie du temps, le centre de Sanam Luang reste dégagé. Au début de la saison des pluies, on y célèbre la cérémonie du premier sillon : des bœufs tirent une charrue, le maître de cérémonie répand du riz, puis, après le rite, les gens ramassent les grains. Pour les funérailles royales, on érige sur le terrain tout un complexe de pavillons. Les constructeurs le démontent ensuite, et le sol redevient libre.
Jusqu’en mille huit cent cinquante-cinq, le terrain s’appelait Sanam Luang — le Champ du crématoire royal. Le roi Mongkut (Rama IV) considéra qu’un tel nom d’usage quotidien était de mauvais augure : les crémations avaient rarement lieu, mais on en prononçait le mot sans cesse. Il ordonna que le lieu soit appelé Sanam Luang — le Champ royal. Avec le temps, le premier mot disparut, mais les cérémonies funéraires continuèrent.
L’une d’elles changea le destin des planches qui avaient servi à construire le crématoire temporaire. En mille huit cent quatre-vingt-sept, le prince Siriraj, fils du roi Chulalongkorn, mourut de dysenterie à l’âge de dix-huit mois. Le projet d’un hôpital d’État existait déjà, mais les travaux avançaient lentement. Plus tard, le roi écrivit que son enfant, entouré des meilleurs soins, avait pourtant beaucoup souffert ; la maladie devait donc être plus terrible encore pour les enfants pauvres. Après la mort de son fils, il décida de mener l’affaire à son terme.
En février mille huit cent quatre-vingt-huit, on construisit au milieu de Sanam Luang un pavillon funéraire à neuf niveaux et des bâtiments en bois pour les participants à la cérémonie. Une telle construction représentait le mont Meru — demeure des dieux dans les cosmologies bouddhiste et hindoue ; le véritable four crématoire occupait bien moins de place à l’intérieur. C’est ici que Chulalongkorn fit ses adieux à son fils.
Après la crémation, le roi ordonna de démonter les pavillons. Les poutres, les colonnes et les planches furent envoyées sur l’autre rive du Chao Phraya, à l’hôpital en construction dans le quartier de Wang Lang. Chulalongkorn ajouta de l’argent personnel, et la mère du garçon, la reine Saovabha, donna les biens de son fils défunt pour soigner les malades. Au printemps de la même année, l’hôpital accueillit ses premiers patients. Il reçut le nom de Siriraj.
À Sanam Luang, il ne reste rien du crématoire du prince. Les structures en bois ont disparu d’ici sur l’ordre de son père, et l’hôpital Siriraj, sur l’autre rive, porte toujours le nom de l’enfant qui vécut dix-huit mois.
Sur place
Greener Bangkok : tous les jours 05:00–22:00, entrée libre ; l’accès aux zones peut changer en raison de cérémonies et d’événements d’État.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Il y a peu d’ombre : il est plus confortable d’écouter près du bord du terrain, sans entrer dans les zones fermées ou préparées pour des cérémonies.
