Étape 2 sur 9

Les caravansérails de Moultani et de Boukhara

Multanı və Buxara karvansaraları

Deux cours expliqueront comment de lointaines colonies commerciales obtenaient à Bakou des logements, des entrepôts et leur propre voisinage.

16 min
Cour à arcades d’un caravansérail de Bakou avec un bassin central.
Diego Delso · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Portails d’entrée face à face
  • Cour carrée du caravansérail de Moultani
  • Partie basse voûtée du caravansérail de Moultani
  • Cour octogonale du caravansérail de Boukhara

L’histoire du lieu

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En janvier mille six cent quatre-vingt-trois, le médecin allemand Engelbert Kaempfer, qui se rendait en Iran comme secrétaire de l’ambassade de Suède, rencontra dans ce caravansérail des marchands indiens. Ils y vivaient en permanence et disposaient d’importants capitaux. C’est ainsi que, dans ses récits de voyage, apparaît pour la première fois non pas une auberge anonyme, mais la colonie moultani de Bakou.

Moultani est le nom des marchands liés aux maisons de commerce familiales de Multan, une ville située sur le territoire de l’actuel Pakistan. Kaempfer les appela une tribu, mais leurs origines étaient diverses : parmi les Moultani se trouvaient des hindous, des musulmans, des jaïns et, plus tard, des sikhs. Leur activité les unissait. Les propriétaires des maisons de commerce restaient à Multan, tandis que des hommes de confiance tenaient les comptes pendant des années, à des milliers de kilomètres de leur famille.

À Bakou, ils apportaient des épices, des étoffes de coton et de soie, ainsi que de coûteux châles du Cachemire. Ils achetaient avant tout de la soie grège du Chirvan. Au dix-huitième siècle, du pétrole blanc apparut aussi parmi les cargaisons de retour : on l’envoyait en Inde comme marchandise rare, bien avant le boom pétrolier industriel.

La route caravanière pouvait être fermée à cause d’une guerre civile ; sur la route, des brigands s’emparaient des marchandises, et à chaque frontière on exigeait du marchand un nouveau droit de douane. Des ballots perdus signifiaient du capital perdu pour la maison familiale. Il fallait donc ici à la fois un logement et un entrepôt sûr. Les chambres individuelles des Moultani furent disposées autour d’une cour fermée, et les marchandises étaient entreposées en dessous. La partie basse voûtée est d’environ deux siècles plus ancienne que la partie supérieure et occupe une superficie deux fois plus grande. On réserva plus de place aux marchandises qu’à leurs propriétaires.

Le commerce donna à la colonie indienne les moyens d’entretenir ses compatriotes, qui vivaient près des feux naturels de Surakhani, hors de la forteresse. De riches marchands leur fournissaient de l’argent et des vivres, finançaient la construction de cellules et d’un temple. Ainsi, les revenus de la soie, des étoffes et du pétrole assurèrent aux pèlerins un sanctuaire permanent : l’actuel Ateshgah.

En face se trouve un caravansérail nommé d’après une autre communauté d’origine de marchands. Boukhara est une ville située sur le territoire de l’actuel Ouzbékistan. À la fin du quinzième siècle, on aménagea ici, sur la route commerciale allant de la porte de Chémakha au port, une cour pour les arrivants d’Asie centrale. Dix-huit chambres entouraient une cour octogonale avec un bassin. Après les transactions de la journée, les marchands retournaient chacun dans leur communauté d’origine : les Moultani, dans la cour carrée avec un entrepôt au-dessous ; les Boukhariotes, de l’autre côté de la rue, dans les chambres autour de l’octogone.

En mars deux mille vingt-six, le caravansérail de Boukhara a rouvert après sa restauration. Ses dix-huit chambres ont été confiées à des artisans qui y fabriquent et vendent leurs œuvres. Les marchands de Multan et de Boukhara ne vivent plus depuis longtemps l’un en face de l’autre, mais les noms de leurs villes natales se dressent toujours au-dessus des deux entrées.

Sur place

Temps sur place16 min
Point suivantmosquée Juma
Entréeextérieur ; intérieur selon les lieux

Les façades sont accessibles en permanence ; aucun horaire régulier de musée pour les cours intérieures n’est publié.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Ne comptez pas pouvoir examiner les deux bâtiments en détail de l’intérieur : leur usage actuel peut limiter l’accès. Le lien principal entre eux est visible directement depuis la rue.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Allez des cours marchandes au minaret de la mosquée du vendredi de la ville.

Étape 2 sur 9Ensuite : mosquée Juma

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Icheri Sheher avant le boom pétrolier » — 9 étapes, environ 1,6 km, 3 h 45 min.

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