Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le relief du guerrier couché
- Les noms des batailles
- Le mur de soutènement en pierre
- Les Évzones
L’histoire du lieu
Les Évzones montent la garde devant une tombe vide. Aucun reste d’un soldat précis ne se trouve sous la dalle : c’est un cénotaphe, un mémorial commun aux morts dont les corps n’ont pas été retrouvés ou n’ont pas pu être identifiés. Sur le mur sont gravés les mots de Thucydide, historien de l’Athènes antique : lors des funérailles des morts au combat, un lit funèbre vide distinct était porté pour les disparus. C’est pourquoi le guerrier couché n’a ni visage qui soit un portrait, ni nom. Les noms ici sont ceux de lieux de batailles.
Le mémorial s’est retrouvé devant le Parlement hellénique à la suite d’un différend sur l’attribution de l’ancien palais royal d’Athènes. En mille neuf cent vingt-six, le général Theódoros Pángalos, qui avait instauré une dictature dans le pays, projetait d’installer le ministère de la Guerre dans l’ancien palais royal d’Athènes. Il lui fallait une façade d’apparat pour cette nouvelle institution, et il lança précisément ici, sur la place Syntagma, un concours pour la tombe du Soldat inconnu.
Ce choix suscita une opposition. Architectes et publicistes proposaient l’Acropole, la Céramique, le stade panathénaïque : des lieux où l’on pouvait assurer au mémorial le calme. Devant l’ancien palais royal d’Athènes, la composition était différente : un ministère de la Guerre, une vaste esplanade pour les cérémonies et un mur de pierre avec un guerrier tombé. S’opposer à Pángalos revenait à s’élever contre le chef de la dictature, mais il n’eut pas le temps de mener son projet à bien. En août de la même année, le général fut renversé et emprisonné en Crète. Le ministère ne s’installa pas dans le palais, et les travaux s’arrêtèrent.
Trois ans plus tard, le Premier ministre Elefthérios Venizélos prit la décision. Il devait trouver des locaux permanents pour le Parlement hellénique et le Sénat. Il pouvait déplacer le mémorial inachevé, mais le laissa à l’endroit choisi par Pángalos et assuma personnellement la responsabilité de sa construction. À l’automne mille neuf cent vingt-neuf, le gouvernement de Venizélos remit l’ancien palais royal d’Athènes au Parlement hellénique.
Le lauréat du concours, l’architecte Emmanouíl Lazarídis, fit abaisser d’environ sept mètres le versant devant le bâtiment. Il aménagea une esplanade cérémonielle plane et érigea un mur de soutènement en U, presque jusqu’au niveau des étages de l’ancien palais royal d’Athènes. Au centre du mur apparut le relief d’un guerrier mort portant un casque grec antique, un bouclier sous le bras. De part et d’autre furent gravés les noms de batailles des guerres récentes. Les soldats restaient individuellement anonymes, mais la pierre conservait la géographie de leur mort.
Le mémorial fut inauguré le vingt-cinq mars mille neuf cent trente-deux. Le Parlement hellénique ne se réunit pour la première fois dans le bâtiment que le premier juillet mille neuf cent trente-cinq. Ainsi, la place devant le ministère de la Guerre imaginée par Pángalos connut une autre issue : au-dessus du mur de pierre prit place une salle de séances, et devant lui, un lieu de cérémonies commémoratives d’État.
Une compagnie d’Évzones prit ce poste dès mille neuf cent vingt-neuf, alors que le mémorial n’était encore qu’en construction. Désormais, la paire de sentinelles est relevée toutes les heures ; le dimanche à onze heures, une grande unité de la Garde présidentielle vient ici avec un orchestre. Lors des cérémonies commémoratives officielles, des couronnes sont déposées sur la dalle. Les Évzones se tiennent ici pour les morts, bien que le Parlement hellénique soit derrière eux : la garde auprès du Soldat inconnu apparut six ans avant que les députés ne commencent à siéger dans l’ancien palais royal d’Athènes.
Sur place
Visite extérieure tous les jours ; relève toutes les heures, grande cérémonie dim 11:00 ; intérieurs uniquement sur programme/sur réservation.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.N’entrez pas sur l’esplanade cérémonielle et n’entravez pas le parcours de la garde ; l’intérieur du Parlement hellénique n’est pas nécessaire pour cette étape.
