Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Portique sud
- Six cariatides
- Portique nord
- Différents niveaux du soubassement
L’histoire du lieu
L’Érechthéion fut construit autour de plusieurs anciens sanctuaires athéniens, et n’a donc pas de plan régulier et symétrique. Les portiques nord et sud se trouvent à des niveaux différents : les architectes durent composer avec l’irrégularité du rocher et avec les lieux associés à l’olivier, à la source salée et aux traces du trident. Dans la partie orientale était conservée l’image de bois d’Athéna Polias, tandis que l’autre était dédiée aux cultes de Poséidon-Érechthée, d’Héphaïstos et de Boutès. Même les décrochements du soubassement sont nés de ce qui était sacré pour les Athéniens.
À la fin de mille huit cent un, Giovanni Battista Lusieri, artiste italien et intendant des travaux de l’ambassadeur britannique sur l’Acropole d’Athènes, informa son employeur que les cinq jeunes femmes de marbre du portique sud se ressemblaient beaucoup. Il les comparait pour en choisir une à envoyer en Grande-Bretagne.
Son employeur, Thomas Bruce, 7e comte d’Elgin, était ambassadeur à la cour de l’Empire ottoman, qui gouvernait alors Athènes. À ses frais, il employait des artistes, des mouleurs et des ouvriers : ils relevèrent d’abord les mesures des antiquités et en prirent des moulages, puis commencèrent à emporter les originaux. Dans l’équipe, on proposa de démonter tout le portique avec ses six jeunes femmes, si l’on trouvait un navire approprié. On ne trouva pas de navire.
Les hommes de Lusieri démontèrent un mur tardif qui cachait presque les figures, afin de déterminer laquelle était la mieux conservée et d’en faciliter le retrait. Ils détachèrent une cariatide de la couverture, la descendirent et l’envoyèrent en Angleterre. À l’emplacement libéré, ils élevèrent un grossier support de pierre et de mortier : les cinq autres figures continuaient de soutenir la toiture à côté.
Chaque cariatide était ici à la fois une statue et un véritable support. Les six jeunes femmes portaient le portique sud du temple, où les Athéniens avaient rassemblé plusieurs sanctuaires anciens. Dans la partie orientale était conservée l’effigie de bois d’Athéna Polias, protectrice de la ville. La partie occidentale était dédiée aux cultes de Poséidon-Érechthée, d’Héphaïstos et de Boutès. Les architectes durent composer avec le dénivelé du rocher et avec les lieux que les Athéniens considéraient comme les traces de la querelle d’Athéna avec Poséidon : l’olivier, la source salée et les marques du trident. De là viennent les différents niveaux du sol, les portiques saillants et le plan inhabituel.
Le nom qui désigne maintenant l’ensemble de l’édifice vient d’Érechthée. Selon la tradition, c’était un roi athénien qui défendit la ville contre l’armée d’Eumolpos, fils de Poséidon. Érechthée tua Eumolpos, et Poséidon vengea son fils en faisant périr le roi. Après la mort d’Érechthée, les Athéniens l’honoraient ici avec Poséidon sous le double nom de Poséidon-Érechthée.
Elgin dépensa pour l’ensemble de la collection emportée environ soixante-quatorze mille livres. En mille huit cent seize, le Parlement britannique lui versa trente-cinq mille livres, soit moins de la moitié des dépenses déclarées, et remit les marbres au musée. La cariatide se retrouva au British Museum.
Les cinq originaux restants demeurèrent sur le portique jusqu’en mille neuf cent soixante-dix-neuf. Les restaurateurs grecs les retirèrent alors en raison de la dégradation du marbre à l’air libre et les transférèrent au musée de l’Acropole. Les six figures au-dessus du mur sud de l’Érechthéion sont aujourd’hui en pierre artificielle. À la place de la jeune femme choisie par les hommes de Lusieri se trouve aussi une copie.
Sur place
Suit le régime saisonnier de l’Acropole d’Athènes et de ses pentes ; vérifiez la circulation sur le plateau et la dernière entrée sur hhticket/ODAP.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Les figures du portique sont des copies ; cinq originaux se trouvent au musée de l’Acropole, et le sixième au British Museum.
