Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- Le chenal du canal
- Le pont Varvatsi
- Les quais des deux rives
L’histoire du lieu
Sous le pont passe un chenal artificiel qui a relié le Koutoum à la Volga et ouvert le passage aux petits bateaux. À l’emplacement des marais salants détrempés, apparut d’abord un fossé inachevé avec des barrages qui protégeaient la ville lors des hautes eaux. Lorsque le chenal fut achevé, les rives furent renforcées avec du bois, des quais et des passages furent aménagés, et au-delà de l’eau, les constructions commencèrent à s’étendre sur l’ancienne terre marécageuse.
L’ancien nom de ce passage était une adresse courante. Le pont s’inscrivait dans l’axe de la rue de la Police — l’actuelle rue Kirov — et c’est pourquoi on l’appelait le pont de la Police. Il reliait le centre d’Astrakhan aux faubourgs tatares et arméniens situés au-delà du canal, à Zakanalie. Au dix-neuvième siècle, les voitures pouvaient circuler sur son large tablier de bois à deux files. Le pont porte maintenant officiellement le nom de pont Varvatsi, tout comme le canal qui passe dessous.
Le canal fut creusé là où des marais salants détrempés atteignaient la lisière sud de la vieille ville. En mille sept cent vingt-deux, Piotr Ier ordonna de relier le Koutoum à la Volga : l’eau courante devait assécher les terres marécageuses, et le nouveau chenal devait laisser passer les bateaux. Les ouvriers ne commencèrent les travaux qu’en mille sept cent quarante-quatre. Le chantier s’étira sur des décennies. En mille sept cent soixante-dix, les deux extrémités inachevées furent barrées de gravier, de pieux et d’écluses, afin que la montée des eaux n’inonde pas la ville. Les habitants apportaient des déchets et déversaient des eaux usées dans la partie creusée. C’est ainsi que le canal d’Astrakhan reçut son nom officieux : le Fossé.
En mille huit cent neuf, l’empereur Aleksandr Ier approuva un nouveau devis de cent vingt-quatre mille roubles. Mais cette somme n’avait pas encore été inscrite aux dépenses de l’État. Ivan Andreïevitch Varvatsi (Ioánnis Varvákis), un Grec entrepreneur de la pêche à Astrakhan qui cherchait à faire achever le canal à ses propres frais, se chargea alors de l’affaire.
Varvatsi avait gagné cet argent grâce au commerce pour lequel la ville avait justement besoin de voies d’eau. Son navire de mer, le « Saint-Stanislas », allait pêcher dans les eaux de Salyan louées, près de la côte persane de la mer Caspienne. Le négociant exposa alors ce capital commercial au risque : il s’engagea à payer l’ensemble de l’entreprise, bien que son coût définitif ne fût pas connu d’avance. Le devis initial ne suffit pas, mais Varvatsi continua à payer.
En sept ans, les ouvriers achevèrent le chenal, renforcèrent les deux rives avec du bois, aménagèrent des quais et six points de passage. Les bateaux purent passer, l’eau put s’écouler, et les habitants commencèrent à bâtir sur les terres asséchées au sud du canal. Varvatsi s’était installé à Taganrog dès mille huit cent treize, alors que les travaux se poursuivaient. Le trente et un décembre mille huit cent dix-sept, Aleksandr Ier ordonna que le canal d’Astrakhan achevé soit nommé canal Varvatsi.
En mille neuf cent vingt, il fut rebaptisé canal du 1er-Mai. Aujourd’hui, le nom de Varvatsi est de nouveau porté par le canal et le pont, le nom du 1er-Mai est resté celui du quai, et la rue de la Police est devenue la rue Kirov. Sur une rive se trouve toujours le vieux centre, sur l’autre l’ancien Zakanalie.
Sur place
Les quais du canal sont accessibles à tout moment ; le confort dépend de la météo et de l’état des trottoirs.
Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.Écoutez le récit depuis une partie sûre du quai ou du pont, et ne vous approchez pas du bord non protégé. Lorsqu’il fait chaud, il y a peu de protection contre le soleil ici, et après la pluie, le revêtement près de l’eau peut être glissant.
