Étape 7 sur 8

Mundo Alpaca

Mundo Alpaca Arequipa

Le complexe décompose un produit familier en une chaîne de travail manuel, de machines, de vitrines de musée et de commerce.

32 min
Une artisane travaille sur un métier à tisser à ceinture dans un espace d’Arequipa consacré au traitement de la fibre d’alpaga
Pierre André Leclercq · CC BY-SA 4.0; cropped/resized for app; ShareAlike applies
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Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Alpagas et lamas
  • Tables de tri manuel
  • Métier à tisser à ceinture
  • Anciennes machines textiles

L’histoire du lieu

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Dans la cour, parmi des alpagas et des lamas vivants, se trouvent des tables de tri manuel, un métier à tisser à ceinture et de lourdes machines textiles du début du vingtième siècle. Le lieu est issu du commerce urbain de la fibre des hautes terres : les toisons étaient acheminées à Arequipa depuis les montagnes du sud, évaluées et préparées pour l’expédition par le port de Mollendo. Des tisserandes de communautés andines y travaillent encore, tandis que les anciennes machines ne sont plus que les témoins d’une technologie passée et que les lignes de fabrication en activité se trouvent ailleurs. À l’intérieur sont également réunis des textiles anciens de cultures préhispaniques locales.

Les animaux, le tri manuel des fibres, le métier à tisser, les anciennes machines et la boutique de la marque sont disposés ici selon l’ordre de la chaîne de production. Cette séquence a été composée par les propriétaires de Michell & Cía. Mundo Alpaca appartient à cette entreprise textile privée, et l’exposition gratuite se termine là où l’on peut acheter ses produits.

Cette chaîne commençait par un sac de laine non lavée. En mille neuf cent trente et un, l’Anglais Frank Michell fonda à Arequipa une entreprise d’achat, de tri et d’exportation de fibres. Il gagnait sa vie grâce à sa capacité à distinguer, dans une même toison, des fibres de finesse, de longueur et de couleur différentes. L’erreur d’une trieuse faisait baisser le prix de tout le lot, tandis qu’une séparation correcte transformait des touffes apparemment identiques en plusieurs qualités de matière première.

Arequipa convenait à ce commerce par ses liens avec les deux extrémités de la route. Les toisons étaient acheminées ici depuis les hautes terres du sud, des femmes les triaient à la main, puis les balles partaient en train vers le port de Mollendo. De là, la fibre était expédiée vers les fabriques de Bradford, en Grande-Bretagne, et de Boston, aux États-Unis. On élevait moins d’alpagas en ville que dans les montagnes, mais c’est ici que la matière première était évaluée et préparée pour la suite du trajet.

Les premières années furent difficiles : on proposait aux fabricants étrangers un matériau qu’il fallait encore apprendre à traiter à l’échelle industrielle. Michell décida de ne plus se limiter à la vente de toisons non traitées. En mille neuf cent quarante-sept, son entreprise ouvrit au Pérou la première usine où la fibre d’alpaga était peignée et filée. Les acheteurs reçurent désormais des fibres et du fil déjà préparés, et les enfants puis les petits-enfants du fondateur héritèrent d’une grande entreprise textile.

À l’occasion de son soixante-quinzième anniversaire, en deux mille six, la troisième génération de la famille ouvrit ici Mundo Alpaca. Le petit-fils du fondateur, Derek Michell, voyait là une tâche encore non résolue : au Pérou, tout le monde connaissait la fibre d’alpaga, mais à l’étranger, il fallait encore expliquer le nom même de l’alpaga. Les visiteurs découvrirent donc tout le parcours de ce produit, habituellement caché entre le pâturage de montagne et le magasin de vêtements.

Les alpagas et les lamas dans la cour marquent le début du parcours, mais la tonte est ici remplacée par des photographies. En revanche, le tri se fait réellement. Des femmes répartissent les fibres selon leurs teintes et leur qualité ; dans la laine de vigogne, elles retirent à la main les poils raides, en conservant le sous-poil particulièrement fin. Des tisserandes issues de communautés andines travaillent sur un métier à tisser à ceinture : une extrémité de la chaîne est fixée devant elles, l’autre est maintenue par une ceinture autour du corps. À côté se trouvent des machines du début du vingtième siècle, qui transformaient la matière première manuelle en fil industriel homogène. Elles ne participent plus à la production : les véritables lignes de fabrication se trouvent ailleurs.

Un autre nom apparut ici en deux mille dix-neuf. Mario Amano, directeur du musée de textiles précolombiens créé par sa famille, voulait montrer à Arequipa une partie de la collection réunie par son père, le collectionneur japonais Yoshitaro Amano. Derek Michell souhaitait relier l’industrie actuelle de l’alpaga à des textiles créés avant ses usines et ses contrats d’exportation. Après quatre années de préparation, les descendants des deux familles ouvrirent au sein du complexe le musée Amano-Michell.

Le double nom de famille inscrit sur sa plaque ne désigne pas deux fondateurs d’une même entreprise. Les Amano ont réuni et préservé des textiles anciens de Paracas, de Nazca, de Huari, de Chancay et de la culture locale de Siguas ; les Michell leur ont offert une place au sein de leur histoire industrielle. Derrière les vitrines du musée reposent des textiles âgés de jusqu’à deux mille cinq cents ans, dans la salle voisine les tisserandes continuent d’utiliser le métier à tisser à ceinture, et la dernière partie de cette même chaîne est exposée sur les cintres de la boutique de la marque.

Sur place

Temps sur place32 min
Point suivantSan Lázaro et la place Campo Redondo
Entréeaccès libre

Tous les jours 09:00–17:30 ; entrée libre. Les démonstrations en direct dépendent de la présence des artisanes.

Vérifié : date non indiquée. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

La disponibilité des démonstrations de travail peut varier ; ne comptez donc pas sur une démonstration comme sur une partie garantie de la visite. La boutique n’est que la fin de la chaîne de production, et non toute l’étape.

Étape suivante

Où aller ensuite ?

Traversez l’avenue et suivez la ruelle Bayoneta jusqu’à la place avec l’obélisque.

Étape 7 sur 8Ensuite : San Lázaro et la place Campo Redondo

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Centre historique d’Arequipa : place, monastère et San Lázaro » — 8 étapes, 1,8 km, 4 h 15 min.

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