Étape 6 sur 7

Hollandsche Schouwburg — mémorial

Hollandsche Schouwburg

Cinq semaines d’une adolescente à l’intérieur du centre de rassemblement montreront comment les listes et les files d’attente pouvaient être retournées contre le système.

20 min
Façade du mémorial Hollandsche Schouwburg à Amsterdam
Fred Romero · CC BY 2.0; cropped/resized for app
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Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • L’inscription « Hollandsche Schouwburg »
  • La cour mémorielle à ciel ouvert
  • La flamme éternelle
  • Les fragments des murs de la tour de scène

L’histoire du lieu

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Derrière la façade portant l’inscription « Hollandsche Schouwburg », il n’y a plus de salle de spectacle. À sa place se trouve une cour mémorielle à ciel ouvert. Le nom a été conservé de ce théâtre populaire d’Amsterdam, ouvert à la fin du dix-neuvième siècle.

Pendant l’occupation, les Juifs furent interdits d’accès aux autres théâtres, tandis que celui-ci fut rebaptisé Théâtre juif : seuls des artistes juifs pouvaient s’y produire, et seulement devant un public juif. À l’été mille neuf cent quarante-deux, cette dernière fonction théâtrale disparut elle aussi. Après avoir renoncé à installer un centre de rassemblement dans la Synagogue portugaise d’Amsterdam, les Allemands choisirent le bâtiment de la Plantage : sa grande salle fermée se trouvait près du Quartier juif d’Amsterdam. On y amenait les personnes arrêtées et celles convoquées par ordre, on les enregistrait, on les retenait plusieurs jours, puis on les envoyait vers les camps de transit de Westerbork et de Vught. Des dizaines de milliers de personnes passèrent par l’ancien théâtre.

Emilie Meijer, âgée de quatorze ans, fut amenée ici seule. La fille d’un médecin juif se cachait avec sa mère, mais leur refuge fut découvert. Les deux femmes furent séparées, et Emilie se retrouva dans la file d’attente pour l’enregistrement. Elle espérait attendre sa mère et ne comprenait pas encore que le nom inscrit sur sa fiche la rattacherait à l’un des prochains transports.

Walter Süskind, responsable du personnel juif du théâtre, dirigeait la file. Les Allemands lui avaient confié le maintien de l’ordre, l’accueil des personnes et la préparation des départs. Süskind était lui-même juif et avait perdu deux fois son emploi à cause de ses origines : d’abord en Allemagne, puis aux Pays-Bas occupés. À Amsterdam vivaient sa femme et sa jeune fille. Sa maîtrise de l’allemand et sa fonction lui permettaient de parler avec les gardes et de circuler dans le bâtiment, mais elles ne retiraient pas sa famille du nombre des persécutés.

Süskind utilisa l’accès aux listes contre ceux qui lui avaient ordonné de les établir. Ses collaborateurs retiraient des fiches d’enregistrement, modifiaient les informations et aidaient certains prisonniers à disparaître. Voyant Emilie sans ses parents, il la tira de la file et lui ordonna de ne plus se laisser voir par les agents d’enregistrement.

L’assistant médical Maurice Hirschel entreprit de cacher la jeune fille à l’intérieur même du centre de rassemblement. Pendant cinq semaines, Emilie passa d’une partie de la salle à une autre. Lorsqu’un départ vers Vught était préparé, elle restait parmi les personnes encore inscrites pour Westerbork ; lorsqu’un groupe était appelé pour Westerbork, elle changeait de côté. La plupart des détenus restaient ici trois ou quatre nuits. Emilie traversa plusieurs de ces changements : certaines personnes partaient par transport, et les sièges se remplissaient de nouveau de personnes amenées après les rafles.

La cachette cessa de fonctionner lorsque les Allemands ordonnèrent de vider entièrement le théâtre pour un grand nettoyage. Hirschel cacha Emilie sous le toit et lui ordonna de ne pas sortir avant que le bâtiment ne soit vide. Au cœur de la nuit, il revint la chercher. Le poste de garde à l’entrée était vide, et la jeune fille sortit par la sortie principale sur la Plantage. Jusqu’à la libération, elle changea plusieurs fois d’adresse clandestine, puis retrouva son père après la guerre. La mère d’Emilie fut tuée à Sobibor. Hirschel entra lui-même dans la clandestinité et survécut à l’occupation. Süskind fut déporté avec sa famille : sa femme, sa fille et sa mère furent tuées à Auschwitz, et lui mourut lors d’une marche de la mort au début de mille neuf cent quarante-cinq.

Après la guerre, les propriétaires recommencèrent à louer le théâtre — désormais sous le nom de « Piccadilly » — pour des mariages, des fêtes et des réunions. Un comité public décida de racheter le bâtiment et de mettre fin aux divertissements à cette adresse. Sur les trois cent mille florins nécessaires, deux cent mille furent réunis par des dons. Le dernier tiers fut versé anonymement par l’entrepreneur et philanthrope Bernard van Leer. En mille neuf cent quarante-sept, la fondation créée par le comité céda le théâtre à la ville à deux conditions : il n’y aurait plus de divertissements ici et une salle de deuil avec une flamme éternelle y serait aménagée.

Après de longues années de débats, les dirigeants municipaux aménagèrent le mémorial, ouvert en mille neuf cent soixante-deux. La salle de spectacle délabrée fut démontée, en conservant la façade et des fragments des murs de la tour de scène. Entre eux se trouve la cour actuelle : c’est précisément cet espace qu’occupaient les sièges parmi lesquels Emilie Meijer passa cinq semaines d’un groupe voué au départ à un autre.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantLe zoo ARTIS
Entréeaccès libre

Habituellement ouvert tous les jours de 10:00 à 17:00, entrée libre ; il existe des exceptions lors des fêtes juives et à certaines dates. Les groupes à partir de 8 personnes doivent s’inscrire à l’avance.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

C’est un lieu de silence, et non un arrêt touristique ordinaire. Ne bloquez pas l’entrée, mettez votre téléphone en sourdine et accordez-vous quelques minutes sans audio ; visitez les parties accessibles du mémorial en respectant les règles affichées sur place.

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Où aller ensuite ?

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Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Quartier juif d’Amsterdam et Plantage : perte et sauvetage » — 7 étapes, 1,2 km, 2–4 h.

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