Regardez d’abord autour de vous
À remarquer
- L’inscription « Natura Artis Magistra »
- L’île entourée d’eau
- Le rocher de béton
L’histoire du lieu
Derrière les portes d’ARTIS commence un zoo urbain avec des enclos, des locaux de service et des îles pour les animaux. Parmi elles se dresse un rocher de béton sur une île entourée d’eau de tous côtés. Il a remplacé l’ancien rocher des singes, et les petits pandas ainsi que les loutres asiatiques à griffes courtes y vivent désormais.
Au-dessus de l’entrée figurent trois mots : « Natura Artis Magistra » — « La nature enseigne les arts et les sciences ». En mille huit cent trente-huit, trois habitants d’Amsterdam choisirent cette devise pour une société zoologique où l’on projetait de montrer des animaux vivants et d’étudier l’histoire naturelle. Le long nom fut vite réduit à son mot du milieu : ARTIS. C’est ainsi qu’apparut le plus ancien zoo encore en activité des Pays-Bas.
En septembre mille neuf cent quarante et un, une autre inscription fut installée sur la clôture d’ARTIS : « Entrée interdite aux Juifs ». Les soldats allemands, eux, visitaient librement le zoo. Ils se promenaient entre les cages même pendant les rafles dans le Quartier juif d’Amsterdam voisin.
Le directeur Armand Sunier voulait préserver les animaux et protéger les employés. Il savait que les soigneurs cachaient des personnes dans les locaux de service, mais il n’exigeait pas de noms et ne dressait pas de listes. Des refuges furent aménagés dans le fenil au-dessus des prédateurs, derrière les enclos, dans le local de nuit des ours polaires et à l’intérieur du rocher des singes. Le jour, les personnes cachées se mêlaient aux visiteurs ou aidaient à s’occuper des animaux. Lorsque des soldats allemands entraient dans ARTIS, les employés à la porte prévenaient les soigneurs.
Lors d’une des rafles, plusieurs jeunes Juifs coururent le long de Plantage Doklaan, derrière le zoo. Le soigneur des singes Van Schalkwijk les fit entrer par une porte de service de la maison des singes. Au début de l’occupation, il travaillait là depuis plus de trente ans et connaissait chaque porte et chaque cloison de son secteur.
Le rocher des singes était entouré d’eau. Van Schalkwijk y posa une planche, fit passer les jeunes gens sur l’île et les cacha à l’intérieur du rocher creux, près des singes. Puis il retira la planche. Les soldats allemands entrèrent dans le zoo, mais ne cherchèrent pas de personnes sur l’île entourée d’eau. Les jeunes gens ne furent pas découverts pendant cette rafle.
Selon l’estimation des chercheurs, de deux cents à trois cents personnes se cachèrent à ARTIS durant les années d’occupation : des Juifs, des membres de la résistance et de jeunes employés que l’on s’apprêtait à envoyer au travail forcé en Allemagne. Certaines restaient la nuit, d’autres pendant des mois ou des années. Pas une seule personne ne fut arrêtée à l’intérieur du zoo.
L’ancien rocher des singes n’a pas été conservé. En mille neuf cent soixante-six, un autre rocher, en béton, fut construit à sa place. En deux mille vingt-cinq, les employés l’ont transformé en une île verte pour les petits pandas et les loutres asiatiques à griffes courtes. L’eau entoure toujours l’île, mais la cavité où Van Schalkwijk avait caché les fugitifs n’existe plus.
Sur place
Habituellement ouvert tous les jours 09:00–18:00 ; les jours fériés, les horaires sont plus courts. L’Aquarium est de nouveau ouvert après restauration ; vérifiez séparément les pavillons concernés.
Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.ARTIS constitue une grande visite indépendante, avec une entrée séparée, et non une simple vitrine à la sortie. Si vous avez peu d’énergie, choisissez à l’avance quelques zones et ne cherchez pas à parcourir tout le zoo ; gardez vos distances, ne nourrissez pas les animaux et n’utilisez pas de flash là où il est interdit.
