Étape 2 sur 7

Synagogue portugaise d’Amsterdam

Portugees-Israëlietische Synagoge

L’inspection militaire montrera comment les caractéristiques ordinaires du bâtiment ont modifié la décision des occupants.

20 min
Façade de la Synagogue portugaise d’Amsterdam
A. Bakker · CC BY 3.0; cropped/resized for app
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0 sur 7 terminé

Audioguide · voix enregistréeÉcouter l’histoire du lieu

Regardez d’abord autour de vous

À remarquer

  • Les fenêtres de la salle de prière
  • Les lustres en laiton
  • Les bougies
  • L’arche avec les rouleaux de la Torah

L’histoire du lieu

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Dans cette haute salle, la lumière provient encore de bougies placées dans de lourds lustres : il n’y a pas d’éclairage électrique. Elle fut construite en mille six cent soixante-quinze par une communauté séfarade dont les anciennes salles de prière étaient déjà devenues trop petites. À Amsterdam, des familles dont les ancêtres avaient subi les expulsions et les conversions forcées en Espagne et au Portugal purent de nouveau pratiquer ouvertement le judaïsme. Des galeries longent les murs, et soixante-douze fenêtres remplissent la salle de lumière du jour.

En mille neuf cent quarante-deux, Leo Palache, âgé de seize ans, rencontra ici Ferdinand aus der Fünten, chef de l’Office central pour l’émigration juive. Ce nom anodin dissimulait une institution qui organisait les déportations. Aus der Fünten cherchait une salle où l’on pourrait amener et enfermer des centaines de Juifs d’Amsterdam avant leur départ pour les camps. L’immense Synagogue portugaise d’Amsterdam se dressait au milieu du Quartier juif d’Amsterdam, avec des tramways qui passaient tout près : le bâtiment semblait convenir.

On l’a appelée portugaise d’après la communauté qui fit construire ce complexe en mille six cent soixante-quinze. C’étaient des Séfarades, descendants des Juifs d’Espagne et du Portugal. Après les expulsions et les baptêmes forcés, nombre de leurs ancêtres avaient vécu comme chrétiens ; à Amsterdam, les familles purent revenir ouvertement au judaïsme. On appelait aussi Portugais ceux dont les proches avaient jadis fui l’Espagne pour le Portugal. Lorsque les anciennes salles de prière devinrent trop exiguës, les dirigeants de la communauté obtinrent l’autorisation de quatre bourgmestres et construisirent une grande salle de prière dotée de soixante-douze fenêtres.

Leo était le fils de Juda Lion Palache, professeur de langues sémitiques et chef de cette communauté. Dès le début de l’occupation, il faisait partie d’une garde volontaire de pompiers : au moins quarante hommes juifs assuraient des permanences dans le complexe, par crainte des bombardements et des incendies criminels. Selon un récit conservé dans la famille, pendant l’inspection, Leo expliqua à aus der Fünten qu’il n’y avait pas d’électricité dans la synagogue et qu’il était impossible de fermer rapidement les immenses fenêtres pour le black-out obligatoire. Il s’avéra difficile de faire de cette salle un point de rassemblement surveillé. Les Allemands renoncèrent à la synagogue et choisirent le Théâtre hollandais, presque dépourvu de fenêtres.

Les permanences continuèrent. Lorsque la communauté fut privée d’accès au bâtiment, les pompiers cachèrent les objets cérémoniels et une copie de la liste des fidèles dans le vide entre la voûte de la salle de prière et le grenier. Le deux février mille neuf cent quarante-quatre, les derniers gardiens juifs furent arrêtés. Leo passa par les camps de Westerbork et de Buchenwald et vécut jusqu’à la libération ; ses proches furent envoyés à Auschwitz et tués.

Après les arrestations, des pompiers municipaux non juifs prirent la relève. Ils restèrent ici aussi pendant l’Hiver de la faim, lorsque l’on arrachait des maisons vides et d’autres synagogues des escaliers, des portes et des bancs en bois pour en faire du combustible. Dans cette salle, les galeries, le mobilier, les lustres en laiton et les rouleaux de la Torah dans l’arche furent préservés.

Le neuf mai mille neuf cent quarante-cinq, des centaines de Juifs ayant survécu à l’occupation vinrent ici. Lors du premier grand office public après la libération, les rouleaux sauvés furent sortis de l’arche et portés jusqu’à l’estrade où l’on lit la Torah. Leo Palache revint plus tard dans la communauté, participa à sa direction et collecta des fonds pour la réparation de la synagogue.

Des offices y ont encore lieu aujourd’hui. Il n’y a toujours pas d’éclairage électrique : on allume environ mille bougies dans les lustres. Les soixante-douze fenêtres par lesquelles le pompier de seize ans avait expliqué que la salle ne convenait pas comme point de déportation sont restées à leur place.

Sur place

Temps sur place20 min
Point suivantMusée juif d’Amsterdam
Entréesur billet

Habituellement ouverte du dimanche au vendredi à partir de 11:00 ; fermée le samedi. L’heure de fermeture varie selon la saison, et les fêtes ainsi que les offices peuvent restreindre l’accès.

Vérifié : 28 juin 2026. Vérifiez la source officielle avant votre visite.

Les principaux éléments se trouvent à l’intérieur ; une visite distincte est donc nécessaire pour profiter pleinement de cette étape. Les bougies ne sont pas allumées en permanence, et l’absence de chauffage se ressent réellement par temps froid ; choisissez vos vêtements en conséquence et respectez les règles de cet espace religieux en activité.

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Où aller ensuite ?

Traversez la place en direction des anciennes synagogues ashkénazes.

Étape 2 sur 7Ensuite : Musée juif d’Amsterdam

Itinéraire terminé

Promenade terminée

« Quartier juif d’Amsterdam et Plantage : perte et sauvetage » — 7 étapes, 1,2 km, 2–4 h.

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